Il y a longtemps de ça, par un beau lundi, La Gantoise avait enrôlé un Norvégien. C'était aux environs du Nouvel An 1997, alors que le club était entraîné par Lei Clijsters. A l'époque, nul ne connaissait Petter Norman Rudi. Quand on a commencé à saisir l'étendue de son talent, c'était trop tard: après sept matches, il était déjà parti, à destination de l'Italie.
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Il y a longtemps de ça, par un beau lundi, La Gantoise avait enrôlé un Norvégien. C'était aux environs du Nouvel An 1997, alors que le club était entraîné par Lei Clijsters. A l'époque, nul ne connaissait Petter Norman Rudi. Quand on a commencé à saisir l'étendue de son talent, c'était trop tard: après sept matches, il était déjà parti, à destination de l'Italie.En février, il jouait pour Pérouse, en Série A. La Gantoise a conservé quelque chose de sa découverte: elle a fait connaissance avec l'entraîneur d'une équipe scandinave, quelque part dans un aéroport norvégien. Un peu plus tard, Ivan De Witte, le président, et son manager, Michel Louwagie, allaient se rappeler de son nom : Trond Sollied... Après la relégation du club de la capitale d'Ombrie, Petter Rudi a rejoint l'Angleterre et Sheffield Wednesday. Ce club est descendu aussi et Rudi s'est ressourcé en Norvège, où Lokeren l'a enrôlé, alors que ses contacts avec d'autres clubs n'aboutissaient pas. Après un départ difficile, Rudi a entraîné les Waaslandiens à un haut niveau. Médian central, il peut compter sur l'abattage d'Arnar Gretarsson, dans un rôle plus défensif derrière lui. Rudi est de ces joueurs qui préfèrent s'exprimer avec leurs pieds que se perdre en de longs monologues. Il n'aime pas non plus s'étendre sur le passé: "C'est fini; maintenant, je suis à Lokeren". S'il a connu des débuts aussi pénibles, c'est aussi parce qu'il est arrivé assez tard, sans la moindre préparation. Quelques semaines avant le coup d'envoi, Rudi, âgé de 28 ans, était signalé dans d'autres clubs belges, dont le Lierse et le Club Brugeois. Il n'a débarqué à Lokeren que trois jours avant le premier match.L'idéal LokerenPetter Rudi: Si je suis revenu en Belgique, c'est surtout parce que le championnat norvégien s'achevait. Je me plaisais beaucoup dans mon ancien club, Molde. Vous devez savoir qu'une blessure au tendon d'Achille m'a mis sur la touche pendant presqu' un an: sept mois avant l'opération et trois mois ensuite. Mais je ne la regrette pas: depuis cette intervention, je ne souffre plus du tout de ce tendon. Je voulais retrouver le plaisir de jouer, après cette longue indisponibilité. Sheffield m'avait loué à mon ancien club d'octobre 2000 à juin 2001 pour me permettre de retrouver mon rythme. Mon contrat prenait fin et j'étais donc libre : j'ai disputé mon dernier match pour Molde. J'ai sérieusement envisagé d'y rester, tant je m'y plaisais, mais je n'avais aucune envie de rester sans rien faire de novembre à avril, en attendant le début du championnat suivant. Je serais sans doute resté si mon championnat national se déroulait comme ceux des autres pays européens. Même quand j'évoluais à Molde, j'étais sélectionné en équipe nationale, de toute façon. Mais je ne voulais pas m'interrompre alors que je retrouvais mes sensations et que tout allait si bien. Je voulais jouer, c'est tout. A une condition: que l'environnement me soit familier. N'ayant pas d'obligations contractuelles, je pouvais choisir moi-même. La Belgique constituait une alternative agréable car j'y avais déjà séjourné. Que saviez-vous de Lokeren?Pas grand-chose, si ce n'est qu'il a terminé quatrième la saison passée. Je connaissais quelques Islandais qui avaient évolué en Norvège avant. Ce qui comptait, c'est qu'il était prêt à me donner un contrat d'un an. Ça offre aux deux parties une année pour évaluer les avantages de leur collaboration. Peut-être prolongerons-nous celle-ci, peut-être m'en irai-je. Je serai bientôt libre, à nouveau. J'ai effectivement également eu des entretiens avec d'autres clubs belges mais je préfère ne rien en dévoiler. Il n'en est de toute façon rien ressorti. Peut-être voulaient-ils me lier d'emblée pour un plus long laps de temps, je n'en sais rien. Après mon dernier match à Molde, je suis parti six semaines en vacances. C'est très long. Mais c'est parce que ces entretiens se sont éternisés. Lokeren et moi ne sommes tombés d'accord que quelques jours avant la reprise du championnat. En fait, j'étais le dernier sur sa liste.Pas de chance en Série ANe faites-vous pas un pas en arrière? Quand vous avez quitté la Belgique, c'était pour la Série A, qui est synonyme de grande carrière pour beaucoup de joueurs.C'eut été une belle expérience, si j'avais été enrôlé par un grand club italien. Je suis arrivé au mauvais endroit au mauvais moment. Je ne suis resté que quatre mois à Pérouse. Trouver ses marques dans un championnat qui a déjà commencé n'est pas évident du tout, surtout quand l'équipe ne marche pas. Pérouse était avant-dernière qaund j'y suis arrivé, en février. On y attendait beaucoup de moi, bien plus qu'à La Gantoise. La pression était terrible. Nous avons terminé à l'antépénultième place. L'équipe n'était pas mauvaise, elle n'a jamais été balayée. Sous la férule de Nevio Scala, qui avait eu tant de succès avec Parme, j'évoluais au milieu gauche mais je n'avais pas un bon rendement. A cause de la pression et de nos piètres prestations, nous allions presque chaque semaine au vert ou en camp d'entraînement. Personne n'aimait ça.N'auriez-vous pas souhaité trouver de l'embauche dans une autre équipe italienne, meilleure?Non, je voulais jouer en Angleterre. Mes deux premières saisons à Sheffield Wednesday ont été bonnes puis le club a eu des problèmes financiers. C'est à cause de cela qu'il a été relégué. Il ne pouvait plus se permettre d'entretenir des joueurs onéreux. C'est dommage car c'est une chouette équipe, qui a de bons supporters et qui a sa place dans le ventre mou de la Premier League. Gilles De Bilde y jouait aussi. Quand il était en forme, il était repris. Au début, j'ai évolué à ma place favorite, dans l'axe de l'entrejeu. Suite à un changement d'entraîneur, je me suis retrouvé à gauche. J'ai disputé un match en D2, une fois rétabli de ma blessure puis j'ai été loué à Molde. Pas de nostalgie, SVPNe regrettez-vous pas de n'être pas resté en Italie ou en Angleterre, dans un club convenable?Je ne m'attarde pas sur le passé. Je ne suis pas nostalgique. Jamais je n'ai établi de plan de carrière. Je ne suis pas maître de mon avenir. J'ignore ce que je veux ou vais faire l'année prochaine. Je ne m'en occupe pas. Je suis ainsi fait mais notre métier nous l'apprend aussi. Je veux m'amuser et jouer. Ensuite, on verra bien. Je ne suis pas un aventurier qui aime changer d'air régulièrement. Si je trouve un coin où la vie et agréable et le football d'un bon niveau, je m'y implanterai volontiers pour cinq ans. Mes passages en Italie et en Angleterre se sont mal terminés, sans que j'en conserve toutefois de mauvais souvenirs. Qui dit que je ne retournerai pas en Angleterre?En quatre ans, le championnat belge a-t-il beaucoup changé?Non. Partout, on raconte qu'il est moins bon qu'avant mais je n'en ai pas l'impression. Il est plus disputé qu'avant. Il n'y a pas de match facile. Lokeren produit un bon football. Il aurait mérité davantage de points. C'est la seule chose qui m'ennuie. C'est dû à notre mauvaise finition. Nous marquons trop peu. Sinon, nous avons dominé la plupart de nos matches jusqu'à présent. Encore faut-il en retirer quelque chose. Si nous y parvenons, je viserais le top cinq, avec cette équipe-là. Geert Foutré