S'il y avait crise à Anderlecht, comme certains l'ont affirmé après le mid-week match au Real Madrid, celle-ci devait être rudement bien dissimulée. Car à l'Eendracht Alost, le Sporting a non seulement obtenu un éclatant succès mais, en outre, il y a ajouté la manière avec Ivica Mornar et Walter Baseggio dans le double rôle de pourvoyeurs et de finisseurs. Compte tenu de la victoire du Racing Genk au Club Brugeois, les Bruxellois réalisent la toute bonne opération du week-end, en revenant à quatre longeurs des Flandriens. C'est de bon augure avant le sommet qui les opposera aux leaders, La Gantoise, à l'occasion de la prochaine journée, le mercredi 10 octobre.
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S'il y avait crise à Anderlecht, comme certains l'ont affirmé après le mid-week match au Real Madrid, celle-ci devait être rudement bien dissimulée. Car à l'Eendracht Alost, le Sporting a non seulement obtenu un éclatant succès mais, en outre, il y a ajouté la manière avec Ivica Mornar et Walter Baseggio dans le double rôle de pourvoyeurs et de finisseurs. Compte tenu de la victoire du Racing Genk au Club Brugeois, les Bruxellois réalisent la toute bonne opération du week-end, en revenant à quatre longeurs des Flandriens. C'est de bon augure avant le sommet qui les opposera aux leaders, La Gantoise, à l'occasion de la prochaine journée, le mercredi 10 octobre.Un assist, un but et une présence de tous les instants sur le terrain: Walter Baseggio, vous n'avez manifestement pas loupé votre grand retour en championnat face aux Noir et Blanc?Walter Baseggio: Je suis évidemment satisfait de cette entrée en matière dans le cadre de notre compétition après mes deux apparitions en Ligue des Champions face à l'AS Roma et au Real Madrid. Contrairement à ce qui s'était passé durant ces deux joutes, je n'ai plus éprouvé la moindre difficulté, cette fois-ci, à tenir la distance. Au plan du jeu proprement dit, je ne suis pas du tout mécontent non plus du niveau atteint. Cette remarque vaut aussi pour mes partenaires, toutefois. J'estime que tous ensemble, nous avons confirmé face aux Flandriens les bonnes dispositions que nous avions fait entrevoir quelques jours plus tôt à Chamartin. "Le Real est une machine inarrêtable"Une rencontre qui avait néanmoins suscité les commentaires les plus divers?En première mi-temps, je suis d'avis que nous avons ni plus ni moins frôlé la perfection en matière d'occupation du terrain et d'animation de notre système de jeu. D'un côté, nous avons coupé intelligemment les angles, récupérant de la sorte un nombre de ballons très élevé. En reconversion offensive, nous sommes parvenus à plusieurs reprises, également, à semer le trouble dans la défense du Real, par l'entremise d'Aruna Dindane notamment. Dès lors, je pensais qu'un exploit de notre part était possible à Chamartin. Après le thé, toutefois, il nous aura fallu déchanter. Chacun se rendait évidemment compte, chez nous, que les Madrilènes allaient d'emblée effectuer le forcing afin de résorber au plus tôt leur retard au score. Malgré cet avertissement, nous nous sommes quand même fait bêtement surprendre, en prenant deux buts tout à fait évitables. A ce moment-là, Hierro et ses partenaires se sont soudain retrouvés en position de force et le match a tourné à la démonstration pour eux. De fait, tant que le Real a évolué au même rythme que nous, nous avons fait bonne composition. Mais dès l'instant où les troupes de Vicente Del Bosque ont passé la surmultipliée, nos belles résolutions s'en sont allées à vau-l'eau. Je sais que quelques-uns, chez nous, n'ont pas mâché leurs mots après notre déroute en deuxième période. Et je suis assez grand pour mesurer, aussi, que certains propos m'étaient destinés vu que la ligne médiane espagnole s'enfonçait trop facilement dans nos rangs. Je n'en veux toutefois pas à Filip De Wilde: il faut être joueur de champ pour mesurer la difficulté de la tâche de l'adversaire sur l'aire de jeu madrilène. La veille du match, j'avais pris place dans l'un des buts pour me faire une idée de la dimension du terrain. Sans rire, il me fallait pour ainsi dire des jumelles pour repérer le but d'en face. A pied-d'oeuvre, j'ai pu vérifier aussi combien la pelouse était large. Quatre-vingt-huit mètres, c'est vingt de plus qu'au Parc Astrid. Dans ces conditions, on comprendra qu'il n'est pas facile de contrecarrer l'opposant en toutes circonstances. D'autant plus qu'au Real, certains n'ont pas leur pareil pour basculer complètement le jeu. Comme Roberto Carlos, par exemple, qui n'hésite jamais à y aller d'une longue transversale pour Luis Figo. Il est impossible d'être toujours au four et au moulin dans ces cas-là. C'est pourquoi, même si les Madrilènes n'avaient pas eu le bonheur de marquer tôt, ils nous auraient de toute façon eus à l'usure. Quand leur machine est lancée, elle est tout simplement inarrêtable."Nous ne sommes pas battus d'avance face à la Roma"Que vous inspire la suite des événements dans le groupe A?La saison passée, Anderlecht avait eu la chance de s'imposer face au Real à l'occasion de son dernier match de poule, au deuxième tour. Cette rencontre ne comptait toutefois que pour du beurre, en ce sens que les Madrilènes étaient déjà assurés de passer en quarts de finale. Cette fois, en revanche, ils ont encore besoin de points pour être tout à fait à l'abri. C'est pourquoi, à la faveur du retour contre eux, le 16 octobre, nous réussirions déjà une bien belle performance, selon moi, si nous parvenions à prendre une unité contre eux. Dans le même temps, j'espère que l'AS Roma enlèvera, elle aussi, un point lors de son déplacement au Lokomotiv Moscou. De la sorte, les Italiens comptabiliseraient cinq points avant de se rendre au Real, où je les vois courber l'échine. Si dans le même temps, nous parvenons à battre les Moscovites chez nous, nous réaliserions une toute bonne opération. D'une part, en effet, nous serions sûrs de la troisième place dans le groupe mais, en outre, notre dernier match, à l'AS Rome nous offrirait toujours des perspectives de qualification pour le deuxième tour de la Ligue des Champions. Maintenir le suspense jusqu'au bout, ce ne serait quand même pas mal pour un team montré du doigt comme le nôtre depuis le début de la saison. Honnêtement, je ne comprends pas cet acharnement. Certes, je suis le premier à admettre que tout ne tourne pas encore rond comme lors de la défunte campagne. Mais n'est-ce pas normal, après tout, pour une équipe amputée de quatre de ses valeurs sûres? Le Sporting n'est manifestement pas le seul à éprouver des difficultés à digérer ses toutes bonnes performances en 2000-2001. Récemment, un quotidien a publié le pourcentage des points engrangés par les participants à la Ligue des Champions dans leur compétition respective. C'était ni plus ni moins édifiant: le FC Nantes comptabilisait 8% des points à peine pour 33% au Real et 39 au PSV. Avec 53%, Anderlecht était même logé à meilleure enseigne que l'AS Roma, qui en était à 42%. Comme quoi nous ne partons peut-être pas battus d'avance face à cet adversaire (il rit). "L'AC Milan est prioritaire en cas de transfert"A quelques mois d'intervalle, vous aurez eu l'occasion, avec le RSCA de rencontrer les deux représentants de la capitale italienne. Lequel vous a laissé la meilleure impression?L'AS Roma, sans conteste. La Lazio m'avait déçu l'année dernière. Même chez elle, elle ne m'avait guère enthousiasmé. Les Giallorossi, par contre, nous avaient poussés dans nos derniers retranchements à plusieurs reprises. Si Gabriel Batistuta avait fait honneur à sa réputation, ce soir-là, nous nous serions retrouvés les mains vides. Personnellement, j'ai été sidéré par la prestation sans bavure de Francesco Totti. Quel formidable joueur! A côté de lui, je me sens franchement tout petit. Pourtant, l'AC Milan, par le biais de Cesare Maldini, s'était déplacé pour vous, au stade Constant Vanden Stock, cette fois-là?Ce n'est pas anormal dans la mesure où le club lombard est prioritaire en cas de transfert. Ses scouts suivent donc mes évolutions à intervalles réguliers. A l'occasion du match contre la Roma, les Rossoneri ont pu faire coup double, en me visionnant et en voyant à l'oeuvre un de leurs rivaux dans le calcio. Ce n'est toutefois pas en raison du fait que les Milanais bénéficient d'une préséance que j'aboutirai automatiquement chez eux. Beaucoup dépendra de leurs propres besoins et, aussi, du montant qu'Anderlecht voudra en échange de ma liberté. Il y a quelques mois, la Fiorentina s'était manifestée. Mais la direction avait refusé l'offre de 450 millions des Florentins. J'ai cru comprendre que le Sporting désirait un peu moins du double pour se séparer de moi. Huit cent millions, c'est énorme, bien sûr. A ce tarif-là, je ne pense pas que les clubs intéressés se presseront en masse au portillon. Cela dit, la tête de Jan Koller était mise à prix, au départ, pour un pactole autrement plus élevé aussi que le demi-milliard finalement obtenu par le RSCA. Aussi me dis-je qu'un terrain d'entente peut toujours être trouvé. Quid s'il n'en était pas ainsi?Je jurerais fidélité aux Mauve et Blanc pendant une année supplémentaire, voilà tout. En 2003, je serai arrivé en fin de contrat. Je présume que, d'ici ce moment-là, les dirigeants auront à coeur de trouver une solution pour moi afin de ne pas vivre la même situation qu'avec Alin Stoica actuellement. Même si je reste persuadé qu'avec lui aussi, le bon sens finira par l'emporter et qu'un accord sera trouvé qui satisfera toutes les parties concernées. Le Roumain, c'est l'un de mes grands copains. On se charrie toujours pour savoir lequel d'entre nous quittera le premier le Sporting. Naguère, son nom a été mis en rapport avec la Lazio Rome. Bien qu'il s'en défende, je l'ai fait mousser à ce propos. Ce serait extraordinaire, en tout cas, qu'on se retrouve tous deux dans le calcio, fût-ce dans deux équipes différentes, après avoir défendu les couleurs du même club ici."Je mettrai tout en oeuvre pour aller au Mondial"Vous posez un même paradoxe: aussi bien Alin Stoica que vous-même faites l'unanimité concernant vos qualités de footballeur, comme en témoignent les titres de Footballeur Pro de l'Année et de Jeune Pro qui vous ont été décernés en mai passé. Pourtant, aussi bien au Sporting qu'en sélection nationale, vous n'avez toujours pas fait votre trou de manière indiscutable?Je pense que j'étais sur la bonne voie, l'année passée, avant qu'une fissure au péroné ne me joue un tour pendable cette saison. Je suis revenu actuellement à 90% de mes moyens. Si j'ai la chance d'être épargné par les blessures, je crois fermement pouvoir franchir un palier supplémentaire dans les mois à venir. J'ai progressé grâce à la Ligue des Champions. Cette fois, à défaut de pouvoir m'illustrer d'une même manière dans cette épreuve, je pense avoir l'occasion de me mettre en valeur dans le cadre du championnat. Compte tenu de l'écart qui nous sépare des leaders dans la course au titre, il nous faudra quasiment réaliser un sans-faute pour revenir pleinement dans le parcours. Je désire plus que tout autre y contribuer. Pour moi, cette campagne 2001-2002 sera très importante, puisqu'elle débouchera sur une sélection éventuelle à la Coupe du Monde. Et je veux mettre tous les atouts de mon côté pour participer à cet événement.Vous venez d'être rappelé chez les Diables pour les besoins du match décisif en Croatie. Comment expliquer qu'entre l'équipe nationale et vous, ce ne fut pas souvent le grand amour?J'ai souvent joué de malchance en étant blessé au mauvais moment. C'est ce qui explique grandement pourquoi en l'espace de tous les matches sous l'ère-Waseige, je n'ai été aligné d'entrée de jeu que deux fois: face à la Bulgarie et St-Marin. Je me rends fort bien compte que j'ai eu droit, à présent, à un petit coup de pouce du destin sous la forme de la suspension de Johan Walem et de la blessure de Marc Wilmots. Je ne sais trop quelles seront les intentions de Robert Waseige avec moi. Mais une chose est sûre: avec Yves Vanderhaeghe à mes côtés, je ne serai pas trop dépaysé, le cas échéant."Un médian défensif, c'est suffisant au Sporting"En équipe nationale, une fonction centrale vous est de toute façon réservée. A Anderlecht, il n'en a pas toujours été ainsi cette saison. Face à Tiraspol, au Parc Astrid, vous étiez même carrément médian gauche. Une option qui n'aura guère recueilli vos faveurs?C'est vrai que ce rôle-là n'est pas taillé sur mesure pour moi. Et je l'ai fait comprendre en manifestant de manière peut-être un peu trop véhémente mon mécontentement cette fois-là (il rit). Mais je me mets à la place de l'entraîneur: il fallait bien qu'il trouve un moyen de nous faire cohabiter à trois, Besnik Hasi, Yves Vanderhaeghe et moi. Et il y est évidemment arrivé en me faisant coulisser sur la gauche et en invitant notre Kosovar à faire la même chose à droite. Mais ce n'était pas l'idéal, tant s'en faut. Car ni lui ni moi ne sommes taillés pour cette fonction. Pour Besnik Hasi et Yves Vanderhaeghe, qui ont pu s'exprimer avant vous dans nos colonnes, la ligne médiane du RSCA peut aisément faire l'affaire avec vous à leurs côtés.D'accord, mais c'est faire peu de cas d'Alin Stoica qui a prouvé, à Madrid, qu'il était absolument nécessaire au bon fonctionnement de l'équipe. Si nous nous sommes bien débrouillés là-bas, dans cette configuration, et même avec l'appui d'un cinquième élément en la personne de Mark Hendrikx, c'était dû, cependant, au contexte particulier de cette joute. Je reste néanmoins d'avis qu'en temps normal, un médian défensif est amplement suffisant au Sporting. Nous sommes devenus champions et avons tenu la dragée haute aux clubs les plus huppés d'Europe dans cette disposition. Aussi, pourquoi ne pas continuer sur cette lancée dans de telles conditions?Bruno Govers