"Ils ont cinq tours en Coupe de Belgique ? Nous on n'en a que quatre, en Coupe du Brabant ", déclame le frère caché de DemisRoussos et de feu GeorgesMoustaki, survet' du RWDM et accent des Marolles. Ambiance à la bruxelloise. Pour un premier tour de Coupe de Belgique, alias la Cofidis Cup.
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"Ils ont cinq tours en Coupe de Belgique ? Nous on n'en a que quatre, en Coupe du Brabant ", déclame le frère caché de DemisRoussos et de feu GeorgesMoustaki, survet' du RWDM et accent des Marolles. Ambiance à la bruxelloise. Pour un premier tour de Coupe de Belgique, alias la Cofidis Cup. Moins de trois mois après la victoire de Genk dans l'édition 2013, le FC Suryoyés Bruxellois (P2), club phare de la communauté araméenne de Bruxelles, et le Tempo Overijse (Promotion) s'affrontent dans les prémices d'une compétition devenue aussi glamour qu'un coup de pelle dans de la tourbe. Pourtant, le DJ local, planqué sous son parasol Ola, lance un décompte à fond les ballons quand les 22 acteurs montent sur une pelouse jaunie par l'insistance du soleil. Five, four, three, two, one... Première décision litigieuse de l'arbitre, après une poignée de minutes, et premier but pour les visiteurs. On regarde le referee. Et on s'inquiète pour lui. En mai dernier, le club local s'était signalé de la plus triste des manières : des joueurs et des supporters de Suryoyés s'en étaient pris à l'homme en noir et à ses assistants. Résultat : la peur d'une vie pour le trio arbitral, 3 ans de suspension pour l'un des joueurs et une proposition de radiation pure et simple pour le club proposée par le Comité provincial. Menace tout récemment levée par le Comité d'Appel. A la buvette ou autour du terrain, l'affaire reste bien évidemment dans les mémoires. " Hé les gars, ça va être comme ça toute l'année, l'arbitre ne va pas siffler pour nous ", lance un supporter pendant qu'un groupe de jeunes femmes, absolument pas concernées par le match, parle mariage. Après 20 minutes, la première occasion de Suryoyés réveille les supporters. Avant que le Tempo n'enfonce le clou dans la foulée. " Encore un goal ? Ils la rentrent facilement aujourd'hui ", remarque l'une des jeunes femmes, détournée de sa matrimoniale conversation. Ça joue plutôt bien au foot, le rythme en moins et les touches de balles excédentaires en plus. De l'autre côté du terrain, un groupe de jeunes vanne les joueurs. Frappe trop enlevée ? " C'est FC Survolé ! " Notre photographe s'approche. " Ça va, La Capitale ? Tout se passe bien ? Y'a pas de coups aujourd'hui, hein. " " Pas encore ", sourit le photographe, un peu frondeur. C'est la mi-temps. Le DJ remet le countdown. Pas sûr qu'il soit booké à Tomorrowland l'an prochain. Au Tempo, on recroise la vieille connaissance RaphaëlGaleri, neveu des frères Ferrera, connu jadis au RSCA. " Tu mets une photo de moi dans ton article ? " " Dis-moi un truc croustillant alors. " " La Coupe de Belgique est une fête ! " Terrible ! Cela dit, le Raf a encore du foot dans les pieds. Autant que le n°10 de Suryoyés, qui d'une superbe frappe enroulée réduit l'écart. Et vient saluer ses potes. " Oh non, il va nous casser les c... ce soir ! ", charrie le petit groupe. " Nabil, t'es sûr que t'as fait ramadan ? T'as trop de puissance aujourd'hui ! " Le match est correct, à tous les niveaux. Mais Overijse finit par l'emporter. Et on se dit qu'au final, quand les grands du championnat semblent s'en désintéresser complètement, la Coupe de Belgique est encore un vrai challenge pour les petits clubs. Parce que pour eux, défier Saint-Trond un mercredi de février, ça peut encore être vraiment chouette. ?PAR GUY VERSTRAETEN - PHOTOS: IMAGEGLOBE" Encore un goal ? Ils la rentrent facilement aujourd'hui ! "