La liesse s'est emparée de Bogota après la victoire de l'équipe nationale colombienne en Copa America. Lorsqu'on gagne, on oublie les circonstances dans lesquelles le succès a été acquis. Peu importe que le Brésil n'avait envoyé qu'une équipe B et que l'Argentine avait déclaré forfait en raison de l'insécurité qui règne dans le pays. L'épreuve était dévaluée, mais au bout du compte, cela n'a en rien...

La liesse s'est emparée de Bogota après la victoire de l'équipe nationale colombienne en Copa America. Lorsqu'on gagne, on oublie les circonstances dans lesquelles le succès a été acquis. Peu importe que le Brésil n'avait envoyé qu'une équipe B et que l'Argentine avait déclaré forfait en raison de l'insécurité qui règne dans le pays. L'épreuve était dévaluée, mais au bout du compte, cela n'a en rien altéré l'ivresse du succès. En l'absence des favoris traditionnels, il devenait clair que la formation locale était l'équipe à battre. Ce que personne n'a réussi à faire. Personne ne pourra jamais dire ce qu'il serait advenu si le tournoi s'était déroulé dans des conditions normales. Malgré tout, la Colombie disposait d'une excellente équipe. Elle s'est appuyée sur une défense intransigeante, avec dans l'axe Mario Yepes (qui joue à River Plate en Argentine) et Ivan Cordoba (un des piliers de l'Inter Milan), protégeant le gardien Oscar Cordoba (aucun lien de parenté avec le précité), qui est en train de se bâtir un beau palmarès avec Boca Juniors, champion d'Argentine et vainqueur de la Copa Libertadores. Depuis le 8 mai, la Colombie a retrouvé son sélectionneur fétiche Francisco Maturana -celui qui avait introduit le toque, ce jeu tout en finesse et en passes courtes symbolisé par l'illustre meneur de jeu d'autrefois, Carlos Valderrama- et l'effet a été quasiment immédiat. Sous sa houlette, l'équipe a développé un football d'un excellent niveau technique. A la baguette, on retrouve désormais Giovanny Hernandez. Comme Valderrama jadis, il évolue au Deportivo Cali. On lui a souvent reproché son irrégularité, mais il a su se montrer à la hauteur lors de la Copa America, dans un style différent de celui de son précédesseur: plus vif, plus surprenant. Sa tâche a été facilitée par le travail de trois demis récupérateurs: Grisales, Ramirez et Vargas. Et, devant, la Colombie a pu compter sur l'expérience de l'attaquant Victor Aristizabal, qui évolue lui aussi au Deportivo Cali désormais, après deux passages au Brésil.