" Affronter Liverpool aurait été plus facile. Séville n'a aucune chance de gagner son championnat et mise tout sur l'Europe. L'Europa League, c'est son tournoi. Ce n'est pas un hasard si ce club l'a remporté ces deux dernières années. "
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" Affronter Liverpool aurait été plus facile. Séville n'a aucune chance de gagner son championnat et mise tout sur l'Europe. L'Europa League, c'est son tournoi. Ce n'est pas un hasard si ce club l'a remporté ces deux dernières années. " C'est Mircea Lucescu, l'entraîneur du Shakhtar Donetsk, qui s'exprime en ces termes. Les Ukrainiens ont éliminé aisément Schalke 04, Anderlecht et Braga. Ils n'ont encaissé que deux buts en six matches, autant que la semaine dernière à domicile contre les Andalous (2-2). Ceux-ci sont donc en bonne voie pour se qualifier pour une troisième finale consécutive, dans laquelle ils pourraient croiser le fer avec Villareal. Si, hier soir, l'Atletico a tenu bon à l'Allianz Arena et que ce soir, le Real bat Manchester City, les deux finales seront complètement ibériques, ce qui constituerait un fait unique dans l'histoire du football européen. La domination des phalanges espagnoles sur la scène européenne est frappante. En quinze ans, la Coupe de l'UEFA puis l'Europa League sont revenues à sept reprises à des Espagnols (Valence, Séville ou l'Atletico), soit 46,6 % de succès. En Ligue des champions, l'Espagne a triomphé à six reprises depuis 2000 : Barcelone à quatre reprises, le Real deux fois. Ça fait 40 %. Et qui a gagné les deux derniers championnats d'Europe ? Oui, la Roja. Ce succès contraste avec la crise économique dont souffrent beaucoup de clubs espagnols, que la répartition des droits TV n'aide pas précisément. Le Barça et le Real touchent le jackpot mais les clubs moins bien classés doivent se contenter de beaucoup moins. Les deux superpuissances ont empoché chacune 138 millions cette saison alors que l'Atletico n'a reçu que 42 millions. Quand on sait que, dès la saison prochaine, chaque club de Premier League va percevoir au moins 125 millions rien qu'en droits TV, on peut se demander pourquoi les Anglais sont si mauvais sur la scène européenne. Depuis la fondation de l'Europa League durant la saison 2009-2010, deux clubs anglais seulement ont atteint la finale : Fulham a été défait par l'Atletico en 2010 et Chelsea a pris la mesure de Benfica en 2013. Pour les clubs anglais, qui retirent 65 % de leurs rentrées de la Premier League, il est commercialement plus intéressant de se distinguer dans leur championnat domestique qu'en Coupe d'Europe. Une joute de Coupe FA attire d'ailleurs plus de monde qu'un match d'Europa League. Pourtant, demain, Liverpool va devoir mettre les gaz contre Villarreal : comme la cinquième place en championnat est hors de sa portée, gagner l'Europa League constitue sa seule chance de se qualifier pour une campagne continentale la saison prochaine. PAR STEVE VAN HERPE