Dimanche, Serge Baguet (36 ans) défend à Anvers son titre de champion de Belgique. Le détenteur du maillot tricolore peut avoir l'impression d'agiter un drapeau rouge sous le nez de taureaux. " Je m'échappe moins facilement avec ce maillot sur le dos. En ce sens, il peut être difficile à porter pour un jeune. Je suis content pour Kevin Van Impe (25 ans), mon dauphin, de l'avoir battu : je lui ai épargné un poids pénible à son âge. Tous les regards auraient été tournés vers lui et s'il n'avait pas répondu aux attentes, il n'aurait pas été épargné par les critiques ".
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Dimanche, Serge Baguet (36 ans) défend à Anvers son titre de champion de Belgique. Le détenteur du maillot tricolore peut avoir l'impression d'agiter un drapeau rouge sous le nez de taureaux. " Je m'échappe moins facilement avec ce maillot sur le dos. En ce sens, il peut être difficile à porter pour un jeune. Je suis content pour Kevin Van Impe (25 ans), mon dauphin, de l'avoir battu : je lui ai épargné un poids pénible à son âge. Tous les regards auraient été tournés vers lui et s'il n'avait pas répondu aux attentes, il n'aurait pas été épargné par les critiques ". La maturité a aidé Baguet à gérer cette situation. S'il n'avait triomphé à St.- Hubert, en battant son ami Kevin au sprint, il n'aurait peut-être pas été transféré chez Quick-Step-Innergetic. Les deux hommes font désormais équipe. Onze ans les séparent mais leur complicité est totale. Baguet a un regret majeur : il n'a remporté aucune victoire depuis son titre. " Avec ce maillot, on me reconnaît de loin et de grands coureurs m'ont adressé la parole, ce qui est rare. L'essentiel est de prouver qu'on le mérite ". Baguet est devenu un des valets de Tom Boonen sans s'effacer complètement. Il s'est montré au Tour des Flandres, dans sa région. Généralement, il doit s'intégrer au schéma tactique de l'équipe. " Ce n'est pas facile. Je dois être à 200 % pour bien servir Tom. Pour faire partie de l'équipe, il faut être un demi leader. Il est plus difficile d'être repris pour une classique que chez Davitamon-Lotto mais chacun est respecté en fonction de ses possibilités et, surtout, de son engagement. C'est l'essentiel à mes yeux ". Après de nombreuses saisons chez Lotto, le Flandrien était à la recherche d'un nouveau défi, d'autres horizons. Il voulait sortir de la routine dans laquelle il s'était englué. S'il n'y était parvenu, il eût sans doute raccroché son vélo d'ici quelques mois alors qu'il vient de rempiler pour une saison supplémentaire : " Lotto est devenu Davitamon. Ce n'est plus du tout la même équipe. La mentalité a changé. Marc Coucke investit beaucoup. Il exige un retour non pas de 100 % mais de 200 %. Attention, je le respecte. Je lui tire mon chapeau en voyant comment il gère son entreprise mais j'étais trop vieux pour prester dans sa vision du cyclisme ". Baguet a retrouvé un enthousiasme juvénile. Jamais encore il n'avait pesé son alimentation, pris quotidiennement sa tension, mesuré son pouls. Bref, jamais encore il n'avait bénéficié d'un suivi aussi scientifique que pendant le dernier Giro. Il l'avoue sans fausse honte. A 36 ans, Baguet frappe par sa soif d'apprendre, de progresser encore, de donner le meilleur de lui-même sans jamais rien exiger. Il est sorti du lot à St.- Hubert, il a porté pendant un an son beau maillot tricolore avec bonheur mais n'aura aucun mal à l'ôter dimanche, pas plus qu'il n'en éprouve à pédaler pour des coureurs plus doués. A Anvers, il va rouler pour Boonen. Le parcours, plat, permet néanmoins à la plupart des coureurs de briguer la victoire. Un rien peut modifier le déroulement de la course. Le titre se jouera peut-être sur un coup de dés : " Je trouve qu'un champion doit être capable de se mettre en évidence sur tous les types de parcours, pas seulement sur le plat. Je préfère donc un tracé vallonné, dur, qui implique que le vainqueur mérite vraiment son trophée. Ici, 70 % des coureurs peuvent nourrir des espoirs. Tom est notre leader. Je sais qu'il rêve de ce titre, qu'il n'a encore jamais obtenu chez les professionnels ". KRISTOF DE RYCK