Il était parti de Belgique en 2010 comme un voleur, attiré par les roubles russes (il avait signé un contrat de sept millions par an) et par " la certitude d'avoir plus de chances de se qualifier pour l'EURO et d'y briller ". Pour la qualification, Dick Advocaat (65 ans) avait raison. Pas pour le reste.

En perdant contre la Grèce, le Néerlandais, qui se vantait d'avoir l'amitié du président Vladimir Poutine, est rentré bredouille et a conduit la Russie vers une de ses plus grandes désillusions. " Il y a trop d'attentes au pays après la victoire en amical face à l'Italie et suite à notre premier match ", nous confiait l'attaché de presse russe, Ilya Kozakov quelques heures avant l'élimination. " J'ai peur que cela nous retombe dessus " : bien vu !

Les joueurs russes sont tombés dans le piège des statistiques. Avec 14 matches sans défaite, tout le monde espérait une Russie conquérante. Surtout après la démonstration face à la Tchéquie. C'était un peu vite oublier que les Russes avaient bénéficié d'un groupe de qualifications très facile, avec l'Irlande ne terminant qu'à deux points, l'Arménie et la Slovaquie comme principaux rivaux.

Si de l'arrogance transpirait dans le chef de cette équipe, personne en Russie n'a jamais vraiment cru que la sélection puisse viser la victoire finale. Poutine et le président de la Fédération russe avaient bien expliqué que la Russie devait gagner cet EURO mais au pays, beaucoup de scepticisme régnait. La nomination d'Advocaat avait laissé perplexe. Pour certains, il était trop étiqueté Zenit et pour d'autres, il n'avait pas la carrure de Guus Hiddink. Au final, il s'est avéré être une pâle copie de son compatriote. Il a essayé de poursuivre sur la lancée de l'ancien entraîneur de Chelsea. Parfois, ça fonctionnait, parfois pas. Le système était bien en place et il pouvait se reposer sur les automatismes des joueurs du Zenit mais quand il y avait un grain de sable dans la mécanique, Advocaat était incapable de changer son fusil d'épaule et d'improviser.

Aujourd'hui, certains disent que cela ne pouvait pas marcher puisqu'à chaque fois qu'Advocaat passe dans un club quelques années ou mois après Hiddink, ça foire. C'est en effet la troisième fois de sa carrière qu'Advocaat passe après Hiddink. Avant la Russie, il y a eu l'épisode sud-coréen (Hiddink avait entraîné les Diables Rouges entre 2000 et 2002, Advocaat entre 2005 et 2006) et celui de la sélection des Pays-Bas, qu'Advocaat a entraîné à deux reprises (1992-1994 et 2002-2004) sans jamais faire aussi bien que l'épopée d'Hiddink avec les Oranje en 1998. " Il était parfois de très mauvaise humeur lorsqu'on lui parlait de la demi-finale de l'EURO 2008. Je pense qu'il a toujours développé un complexe d'infériorité par rapport à l'entraîneur de l'Anzhi ", explique Alexandre Bobrov, journaliste à Sport Express.

Pas assez de sang neuf dans l'équipe

En signant au PSV avant la fin du tournoi, Advocaat s'est également fragilisé. Malin comme un singe, il savait son équipe vieillissante. Or, comme il n'est pas réputé pour mener un travail de reconstruction, tout indiquait qu'il ne prolongerait pas. " On peut juste regretter le timing. En l'annonçant quelques jours avant le début de l'EURO, certains joueurs se sont sentis abandonnés. Aujourd'hui, la Russie est éliminée et on ne peut pas s'empêcher de penser que lui, il s'en fout puisque son esprit est déjà au PSV ", ajoute Bobrov.

Pourtant, en arrivant en Russie, Advocaat a apporté certaines idées. Les Russes étaient conscients de disposer d'une bonne génération mais trouvaient que la relève se faisait attendre. Advocaat a apporté du sang neuf avec l'arrivée de l'attaquant du Dinamo Moscou, Aleksandr Kokorin (21 ans), le médian du Spartak Dmitri Kombarov (25 ans) ou l'attaquant du Spartak, Artem Dziuba (23 ans). Mais c'est davantage sur la vieille garde qu'il se reposait. Personne n'a compris que durant ses trois ans d'exil fantomatique à Londres, Andreï Arshavin soit systématiquement titulaire. Pour certains, Advocaat aurait dû envoyer des signaux très forts à ses joueurs. En les laissant dans l'ouate, il espérait que ceux-ci lui renverraient l'ascenseur. Arshavin l'a fait en étincelant dans le premier match et en atteignant un niveau rarement aperçu ces trois dernières saisons à Arsenal. Mais il n'a pas tenu sur la longueur. Encore très bon en première mi-temps contre la Pologne, il s'est éteint en deuxième et n'a pas pu sonner la charge face aux Grecs.

Advocaat aurait dû apporter davantage de concurrence dans l'équipe et de jeunesse dans son onze de base. Systématiquement, la Russie baissait de rythme en deuxième période. Cela passait quand le trou était déjà fait (comme contre la Tchéquie) mais pas quand il fallait encore lutter. " En première période, on avait souvent l'impression que tous nos joueurs russes retrouvaient leurs jambes de 20 ans mais en deuxième période, ils faisaient leur âge ", ajoute Bobrov. Contre la Pologne, il y avait en effet huit trentenaires dans l'équipe ; contre la Grèce, sept. Advocaat a toujours vanté ce gage d'expérience, oubliant que ces joueurs plus âgés avaient du mal à récupérer. Et dans ce contexte-là, il n'est pas étonnant qu' Alan Dzagoev, 22 ans, soit chaque fois le plus remuant après la pause.

Jalousie face aux joueurs du Zenit

En sélectionnant sept joueurs du Zenit, Advocaat a accentué la crainte que les médias avaient lors de sa nomination. Très proche de la direction du club de Saint-Pétersbourg, Advocaat était considéré juge et partie et certains sous-entendaient qu'il renvoyait l'ascenseur à son ancien club en sélectionnant des joueurs et en les mettant de ce fait en vitrine. Contre la Pologne, les sept du Zenit étaient alignés. S'il n'y en avait plus que six contre la Grèce, c'est simplement parce que Konstantin Zyryanov était malade. Dans le vestiaire, cela grondait.

Certains joueurs du CSKA ou du Lokomotiv Moscou se sentaient rejetés. Advocaat avait beau expliquer qu'il n'y avait pas de favoritisme, les joueurs ne le croyaient pas. Ainsi, Roman Pavlyuchenko vivait très mal son séjour sur le banc, au profit de l'attaquant du Zenit, Aleksandr Kerzhakov. " On ne peut quand même pas me reprocher de préférer d'aligner le meilleur buteur du championnat russe ", s'était défendu Advocaat en expliquant que Kerzhakov disposait de plus d'abattage que Pavlyuchenko. Pourtant, il y a quatre ans, celui-ci s'était révélé au monde entier en courant sur toute la largeur du terrain, sans discontinuer !

Autre exemple : le poste de gardien. Advocaat a profité de la longue blessure d' Igor Akinfeev, titulaire indiscutable et indiscuté, pour installer son alter ego du Zenit, Viatcheslav Malafeev dans les buts. Akinfeev a tout fait pour être présent pour le début de l'EURO et il semblait avoir réussi son pari en disputant les quatre dernières rencontres du championnat avec le CSKA Moscou. Pourtant, Advocaat a maintenu Malafeev, disant de lui " qu'il avait réalisé la meilleure saison de sa carrière ". Pour le Néerlandais, Akinfeev manquait de rythme et de sensation. Ce qu'a toujours nié le portier lui-même.

Beaucoup moins relax qu'Hiddink

Quand on évoque Advocaat, la presse russe grimace. Sous l'ère Hiddink, tout était ouvert. Les médias avaient facilement accès aux joueurs qui aimaient ces contacts fréquents et informels. " J'ai toujours aimé parler avec les journalistes ", rappelait le gardien Akinfeev. " Je n'oublie pas qu'ils ont fait une partie de ma carrière. "

Pourtant, dès son arrivée, Advocaat a plus ou moins interdit les contacts entre joueurs et médias. Ce qui allait à l'encontre d'une popularité grandissante envers l'équipe nationale. Durant les éliminatoires, toutes les rencontres à domicile ont fait le plein et les supporters ont pris le silence des joueurs dans les médias pour de la suffisance. Cela a failli causé un incident diplomatique, Advocaat refusant de revenir sur sa décision.

En conférence de presse, on a souvent vu le mauvais visage d'Advocaat. Arrogant et méprisant. Pas étonnant que les journalistes ne l'épargnent pas. " Vous avez déclaré être la meilleure équipe du tournoi, qu'est-il arrivé à la meilleure équipe du tournoi ? ". Telle fut la première question après l'élimination russe. Et même face au fait accompli, Advocaat est resté de mauvaise foi. " Je ne crois pas que cette question ait un rapport avec le match ". Quelques instants plus tard, il poussait même l'arrogance à dire que son équipe devait l'emporter. " Comment pouvez-vous dire qu'on a mal joué ? Il n'y a qu'une équipe qui s'est créée des occasions et qui a joué au foot, c'est la Russie. Je m'en fous de ce que les supporters russes pensent de moi mais on n'a pas été battu pendant 16 rencontres et contre la Grèce, on devait gagner !"

Pas une explication sur la pauvre deuxième mi-temps ou sur le manque de créativité de son équipe. Ou sur sa tactique. " J'ai remplacé Kerzhakov car il n'avait pas réussi à marquer. Or, comme on disposait de deux attaquants sur le banc, j'ai préféré le retirer. Tous les entraîneurs du monde agissent de la sorte. " Quant à ceux qui ont osé mettre en doute sa tactique après le partage face à la Pologne ou la défaite contre Grèce, il n'a pas hésité à les humilier. " De quoi parlez-vous ? Si on avait marqué, vous ne me poseriez pas la question ", a-t-il répondu. Une façon comme une autre de mettre fin aux questions dérangeantes.

La confiance en soi du premier match avait fait place, au fur et à mesure du tournoi, à de la nervosité et de l'arrogance déplacée. Quand les journalistes de la NOS, la télévision néerlandaise, lui demandèrent la veille du match contre la Grèce ce qu'il pensait du comportement des supporters russes, il n'a pas hésité à les renvoyer à leurs chères études. " Vous représentez un programme sportif, non ? Vous me posez cette question alors qu'on va disputer un match important ? Et cela vient de la Hollande, en plus. C'est le summum !"

En voilà donc un qu'on ne regrettera pas spécialement en Russie !

PAR STÉPHANE VANDE VELDE - PHOTOS: IMAGEGLOBE

" Aujourd'hui, la Russie est éliminée et lui, il s'en fout, il a l'esprit au PSV. " (Un journaliste russe)

Il était parti de Belgique en 2010 comme un voleur, attiré par les roubles russes (il avait signé un contrat de sept millions par an) et par " la certitude d'avoir plus de chances de se qualifier pour l'EURO et d'y briller ". Pour la qualification, Dick Advocaat (65 ans) avait raison. Pas pour le reste. En perdant contre la Grèce, le Néerlandais, qui se vantait d'avoir l'amitié du président Vladimir Poutine, est rentré bredouille et a conduit la Russie vers une de ses plus grandes désillusions. " Il y a trop d'attentes au pays après la victoire en amical face à l'Italie et suite à notre premier match ", nous confiait l'attaché de presse russe, Ilya Kozakov quelques heures avant l'élimination. " J'ai peur que cela nous retombe dessus " : bien vu ! Les joueurs russes sont tombés dans le piège des statistiques. Avec 14 matches sans défaite, tout le monde espérait une Russie conquérante. Surtout après la démonstration face à la Tchéquie. C'était un peu vite oublier que les Russes avaient bénéficié d'un groupe de qualifications très facile, avec l'Irlande ne terminant qu'à deux points, l'Arménie et la Slovaquie comme principaux rivaux. Si de l'arrogance transpirait dans le chef de cette équipe, personne en Russie n'a jamais vraiment cru que la sélection puisse viser la victoire finale. Poutine et le président de la Fédération russe avaient bien expliqué que la Russie devait gagner cet EURO mais au pays, beaucoup de scepticisme régnait. La nomination d'Advocaat avait laissé perplexe. Pour certains, il était trop étiqueté Zenit et pour d'autres, il n'avait pas la carrure de Guus Hiddink. Au final, il s'est avéré être une pâle copie de son compatriote. Il a essayé de poursuivre sur la lancée de l'ancien entraîneur de Chelsea. Parfois, ça fonctionnait, parfois pas. Le système était bien en place et il pouvait se reposer sur les automatismes des joueurs du Zenit mais quand il y avait un grain de sable dans la mécanique, Advocaat était incapable de changer son fusil d'épaule et d'improviser. Aujourd'hui, certains disent que cela ne pouvait pas marcher puisqu'à chaque fois qu'Advocaat passe dans un club quelques années ou mois après Hiddink, ça foire. C'est en effet la troisième fois de sa carrière qu'Advocaat passe après Hiddink. Avant la Russie, il y a eu l'épisode sud-coréen (Hiddink avait entraîné les Diables Rouges entre 2000 et 2002, Advocaat entre 2005 et 2006) et celui de la sélection des Pays-Bas, qu'Advocaat a entraîné à deux reprises (1992-1994 et 2002-2004) sans jamais faire aussi bien que l'épopée d'Hiddink avec les Oranje en 1998. " Il était parfois de très mauvaise humeur lorsqu'on lui parlait de la demi-finale de l'EURO 2008. Je pense qu'il a toujours développé un complexe d'infériorité par rapport à l'entraîneur de l'Anzhi ", explique Alexandre Bobrov, journaliste à Sport Express. En signant au PSV avant la fin du tournoi, Advocaat s'est également fragilisé. Malin comme un singe, il savait son équipe vieillissante. Or, comme il n'est pas réputé pour mener un travail de reconstruction, tout indiquait qu'il ne prolongerait pas. " On peut juste regretter le timing. En l'annonçant quelques jours avant le début de l'EURO, certains joueurs se sont sentis abandonnés. Aujourd'hui, la Russie est éliminée et on ne peut pas s'empêcher de penser que lui, il s'en fout puisque son esprit est déjà au PSV ", ajoute Bobrov. Pourtant, en arrivant en Russie, Advocaat a apporté certaines idées. Les Russes étaient conscients de disposer d'une bonne génération mais trouvaient que la relève se faisait attendre. Advocaat a apporté du sang neuf avec l'arrivée de l'attaquant du Dinamo Moscou, Aleksandr Kokorin (21 ans), le médian du Spartak Dmitri Kombarov (25 ans) ou l'attaquant du Spartak, Artem Dziuba (23 ans). Mais c'est davantage sur la vieille garde qu'il se reposait. Personne n'a compris que durant ses trois ans d'exil fantomatique à Londres, Andreï Arshavin soit systématiquement titulaire. Pour certains, Advocaat aurait dû envoyer des signaux très forts à ses joueurs. En les laissant dans l'ouate, il espérait que ceux-ci lui renverraient l'ascenseur. Arshavin l'a fait en étincelant dans le premier match et en atteignant un niveau rarement aperçu ces trois dernières saisons à Arsenal. Mais il n'a pas tenu sur la longueur. Encore très bon en première mi-temps contre la Pologne, il s'est éteint en deuxième et n'a pas pu sonner la charge face aux Grecs. Advocaat aurait dû apporter davantage de concurrence dans l'équipe et de jeunesse dans son onze de base. Systématiquement, la Russie baissait de rythme en deuxième période. Cela passait quand le trou était déjà fait (comme contre la Tchéquie) mais pas quand il fallait encore lutter. " En première période, on avait souvent l'impression que tous nos joueurs russes retrouvaient leurs jambes de 20 ans mais en deuxième période, ils faisaient leur âge ", ajoute Bobrov. Contre la Pologne, il y avait en effet huit trentenaires dans l'équipe ; contre la Grèce, sept. Advocaat a toujours vanté ce gage d'expérience, oubliant que ces joueurs plus âgés avaient du mal à récupérer. Et dans ce contexte-là, il n'est pas étonnant qu' Alan Dzagoev, 22 ans, soit chaque fois le plus remuant après la pause. En sélectionnant sept joueurs du Zenit, Advocaat a accentué la crainte que les médias avaient lors de sa nomination. Très proche de la direction du club de Saint-Pétersbourg, Advocaat était considéré juge et partie et certains sous-entendaient qu'il renvoyait l'ascenseur à son ancien club en sélectionnant des joueurs et en les mettant de ce fait en vitrine. Contre la Pologne, les sept du Zenit étaient alignés. S'il n'y en avait plus que six contre la Grèce, c'est simplement parce que Konstantin Zyryanov était malade. Dans le vestiaire, cela grondait. Certains joueurs du CSKA ou du Lokomotiv Moscou se sentaient rejetés. Advocaat avait beau expliquer qu'il n'y avait pas de favoritisme, les joueurs ne le croyaient pas. Ainsi, Roman Pavlyuchenko vivait très mal son séjour sur le banc, au profit de l'attaquant du Zenit, Aleksandr Kerzhakov. " On ne peut quand même pas me reprocher de préférer d'aligner le meilleur buteur du championnat russe ", s'était défendu Advocaat en expliquant que Kerzhakov disposait de plus d'abattage que Pavlyuchenko. Pourtant, il y a quatre ans, celui-ci s'était révélé au monde entier en courant sur toute la largeur du terrain, sans discontinuer ! Autre exemple : le poste de gardien. Advocaat a profité de la longue blessure d' Igor Akinfeev, titulaire indiscutable et indiscuté, pour installer son alter ego du Zenit, Viatcheslav Malafeev dans les buts. Akinfeev a tout fait pour être présent pour le début de l'EURO et il semblait avoir réussi son pari en disputant les quatre dernières rencontres du championnat avec le CSKA Moscou. Pourtant, Advocaat a maintenu Malafeev, disant de lui " qu'il avait réalisé la meilleure saison de sa carrière ". Pour le Néerlandais, Akinfeev manquait de rythme et de sensation. Ce qu'a toujours nié le portier lui-même. Quand on évoque Advocaat, la presse russe grimace. Sous l'ère Hiddink, tout était ouvert. Les médias avaient facilement accès aux joueurs qui aimaient ces contacts fréquents et informels. " J'ai toujours aimé parler avec les journalistes ", rappelait le gardien Akinfeev. " Je n'oublie pas qu'ils ont fait une partie de ma carrière. "Pourtant, dès son arrivée, Advocaat a plus ou moins interdit les contacts entre joueurs et médias. Ce qui allait à l'encontre d'une popularité grandissante envers l'équipe nationale. Durant les éliminatoires, toutes les rencontres à domicile ont fait le plein et les supporters ont pris le silence des joueurs dans les médias pour de la suffisance. Cela a failli causé un incident diplomatique, Advocaat refusant de revenir sur sa décision. En conférence de presse, on a souvent vu le mauvais visage d'Advocaat. Arrogant et méprisant. Pas étonnant que les journalistes ne l'épargnent pas. " Vous avez déclaré être la meilleure équipe du tournoi, qu'est-il arrivé à la meilleure équipe du tournoi ? ". Telle fut la première question après l'élimination russe. Et même face au fait accompli, Advocaat est resté de mauvaise foi. " Je ne crois pas que cette question ait un rapport avec le match ". Quelques instants plus tard, il poussait même l'arrogance à dire que son équipe devait l'emporter. " Comment pouvez-vous dire qu'on a mal joué ? Il n'y a qu'une équipe qui s'est créée des occasions et qui a joué au foot, c'est la Russie. Je m'en fous de ce que les supporters russes pensent de moi mais on n'a pas été battu pendant 16 rencontres et contre la Grèce, on devait gagner !"Pas une explication sur la pauvre deuxième mi-temps ou sur le manque de créativité de son équipe. Ou sur sa tactique. " J'ai remplacé Kerzhakov car il n'avait pas réussi à marquer. Or, comme on disposait de deux attaquants sur le banc, j'ai préféré le retirer. Tous les entraîneurs du monde agissent de la sorte. " Quant à ceux qui ont osé mettre en doute sa tactique après le partage face à la Pologne ou la défaite contre Grèce, il n'a pas hésité à les humilier. " De quoi parlez-vous ? Si on avait marqué, vous ne me poseriez pas la question ", a-t-il répondu. Une façon comme une autre de mettre fin aux questions dérangeantes. La confiance en soi du premier match avait fait place, au fur et à mesure du tournoi, à de la nervosité et de l'arrogance déplacée. Quand les journalistes de la NOS, la télévision néerlandaise, lui demandèrent la veille du match contre la Grèce ce qu'il pensait du comportement des supporters russes, il n'a pas hésité à les renvoyer à leurs chères études. " Vous représentez un programme sportif, non ? Vous me posez cette question alors qu'on va disputer un match important ? Et cela vient de la Hollande, en plus. C'est le summum !" En voilà donc un qu'on ne regrettera pas spécialement en Russie ! PAR STÉPHANE VANDE VELDE - PHOTOS: IMAGEGLOBE" Aujourd'hui, la Russie est éliminée et lui, il s'en fout, il a l'esprit au PSV. " (Un journaliste russe)