Coup de fil lundi midi depuis la rédaction à l'ambassade de Belgique en Angola, à Luanda, où on suit de très près, évidemment, l'évolution des événements dans le cadre de la CAN : " Dans l'enclave de Cabinda, la situation est régularisée et sous contrôle depuis l'attaque des terroristes la semaine dernière. L'aspect sécuritaire y est encore renforcé. A Luanda, la situation est calme et la vie normale. Il n'existe aucun problème de sécurité particulier dans la capitale, en tout cas, où les mesures sont très strictes de toutes manières. Il n'y a pas de mot d'ordre décourageant les gens de venir y suivre la CAN. Le Front de Libération de l'Enclave de Cabinda n'a jamais mené d'action dans la capitale, qui est à 500 kilomètres de l'endroit où s'est déroulé l'attentat mais c'est certain que le gouvernement ang...

Coup de fil lundi midi depuis la rédaction à l'ambassade de Belgique en Angola, à Luanda, où on suit de très près, évidemment, l'évolution des événements dans le cadre de la CAN : " Dans l'enclave de Cabinda, la situation est régularisée et sous contrôle depuis l'attaque des terroristes la semaine dernière. L'aspect sécuritaire y est encore renforcé. A Luanda, la situation est calme et la vie normale. Il n'existe aucun problème de sécurité particulier dans la capitale, en tout cas, où les mesures sont très strictes de toutes manières. Il n'y a pas de mot d'ordre décourageant les gens de venir y suivre la CAN. Le Front de Libération de l'Enclave de Cabinda n'a jamais mené d'action dans la capitale, qui est à 500 kilomètres de l'endroit où s'est déroulé l'attentat mais c'est certain que le gouvernement angolais a encore pris plus de mesures de protection. On ne sait jamais, mais ici tout le monde est rassuré vu la présence policière... "Quand le terrorisme s'en prend au sport de manière aussi tragique, le fan est triste. Un des bus de l'équipe du Togo a été attaqué vendredi dernier à Cabinda, une des provinces angolaises enclavée entre la République Démocratique du Congo (ex-Zaïre) et la République du Congo (Brazzaville), séparée du territoire principal angolais par une bande côtière de 60 km. Le Togo avait snobé les consignes de sécurité des organisateurs de la CAN qui avaient conseillé de venir en avion. Mais pour des raisons financières, apparemment, l'équipe avait décidé de venir en car depuis son camp d'entraînement congolais. Choix fatal : à la frontière angolaise de Cabinda, une escorte militaire lui fut assignée mais elle ne put éviter le drame perpétré par le mouvement indépendantiste de Cabinda. La conclusion est claire : quand on participe à une grand manifestation sportive, on doit suivre tous les conseils de sécurité au doigt et à l'£il. Cela peut éviter les problèmes, tout en ne garantissant pas la sécurité absolue. Car personne, nulle part, n'est à l'abri du terrorisme, c'est une donnée contemporaine. On regrette simplement qu'une délégation n'ait pas eu la discipline requise. Que cela serve d'exemple à ceux qui ne suivront pas les conseils lors du prochain Mondial en Afrique du Sud. Car après coup, quand on a commis une erreur, c'est très facile de diaboliser une organisation... L'attentat de Cabinda fait resurgir le vieux débat : faut-il arrêter l'événement en cas de mort d'homme ? Depuis les Jeux olympiques d'été de Munich 1972, endeuillés par un attentat du groupe palestinien Septembre Noir contre l'équipe d'Israël dans l'enceinte même du village olympique, la réponse est claire : on continue... tout en comprenant le retrait des équipes endeuillées, évidemment. Après plusieurs tergiversations, les joueurs togolais ont eu envie de rester à la CAN mais leur gouvernement leur a intimé l'ordre de rentrer et ils l'ont fait dimanche. Mais lundi, ils parlaient déjà de débuter leur CAN au deuxième match. On verra... Le sport belge a toujours été très ferme dans ce domaine : on ne cède pas à la politique. En 1980, alors que le monde occidental (Etats-Unis en tête) boycottait les JO de Moscou suite à l'envahissement de l'Afghanistan par l'URSS, le comité olympique belge passa outre l'interdiction de participer édictée par le gouvernement belge. C'est l'exemple à suivre. La CAN doit avoir lieu jusqu'au bout, sans que le sport ne cède aux pressions et menaces terroristes. Tel est le message des sportifs qui espèrent évidemment passer entre les balles... Dimanche midi, Abbas Bayat, le président du Sporting Charleroi, avait le même état d'esprit. Alors que des clubs anglais et italiens essayaient de rappeler dare-dare leurs joueurs, il nous a dit laisser carte blanche à Badou Kéré, dont le Burkina Faso jouait précisément à Cabinda : " Il est capitaine de son pays, à lui de choisir s'il veut rentrer. En ce qui me concerne, il est totalement libre. " PAR JOHN BAETE"Le message est clair : les sportifs ne peuvent pas céder aux pressions et menaces terroristes. En espérant passer entre les balles..."