Si Walhain connaissait probablement Jason Denayer, la réciproque est moins évidente. Sans doute le Diable Rouge avait-il déjà entendu parler des lieux à la fin du mois de juillet 2017, quand son ami Elie Ngombo avait choisi le club brabançon pour relancer sa carrière.
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Si Walhain connaissait probablement Jason Denayer, la réciproque est moins évidente. Sans doute le Diable Rouge avait-il déjà entendu parler des lieux à la fin du mois de juillet 2017, quand son ami Elie Ngombo avait choisi le club brabançon pour relancer sa carrière. Ce qui est sûr, c'est que le défenseur de Lyon savait plus ou moins où il mettait les pieds quand il s'est installé dans les tribunes des Boscailles, au mois d'avril 2018, à l'occasion d'un derby de D2 amateurs face à Rebecq. Son oncle, Cédric Koka, venait alors de reprendre la présidence aux mains de Frédéric Davister. Un homme tout heureux de vendre un club qui devenait exsangue après les années de gloire vécues sous la houlette de Francis Sprimont. " S'il n'y avait pas eu le rachat, je pense que Frédéric aurait mis la clé sous le paillasson ", explique Cédric Banza, l'un des bras droits du président au sein d'un triumvirat complété par le vice-président et directeur technique Chakib Maimouni. Arrivés au bout du printemps, les nouveaux patrons du Wallonia se heurtent rapidement à une horloge qui semble avancer trop vite pour ce groupe de novices passionnés, qui avait à peine le temps de réaliser que son rêve de prendre les rênes d'un club s'exauçait. Comme une partie de Football Manager jouée dans les campagnes du Brabant. Du noyau en place sous les ordres de Sergio Palavicino, déjà composé de nombreux nouveaux arrivés massivement de Wavre un an après le départ de Thierry Blindenbergh et des cadres de son groupe, les nouveaux dirigeants ne souhaitent conserver que douze joueurs. Cinq acceptent finalement de prolonger l'aventure walhinoise. Le reste de l'équipe est composé de talents du football bruxellois ou anversois, issus de l'Académie de Cédric Koka à Anneessens ou laissés au placard par des clubs professionnels. Dans une commune peuplée de campagnes, où les familles d'origine africaine se sont longtemps comptées sur les doigts d'une seule main, le choc culturel ressemble à une succession d'uppercuts. " On s'y était préparé, mais c'était quand même très violent ", se souvient Cédric Banza. " Les gens nous voyaient arriver, et ils nous esquivaient. " Sur le terrain, l'ambiance est aussi maussade que dans des tribunes que les habitués désertent de plus en plus souvent. Dans l'équipe comme sur le banc de touche, Walhain doit faire face à plusieurs erreurs de casting, et la relégation semble déjà entendue aux portes de l'hiver, quand Khalid Karama vole au secours des dirigeants bruxellois. Cinquième coach différent à s'installer officiellement dans le costume de T1 sur le banc du Wallonia en l'espace de quelques mois, l'ancien joueur de Tubize mène un noyau renforcé par le mercato hivernal jusqu'à un point du maintien. La D3 amateurs provoque un nouvel exode, le club perdant son capitaine Ciryl Rosy, l'un des rares à être resté fidèle au club après la reprise, mais aussi le buteur Enzo Célestine ou l'ancien Anderlechtois Gilles Denayer. Redescendu " pour mieux remonter ", et sans perdre de vue ses projets d'académie et d'internat pour les prochaines années, Walhain affiche un bilan d'une seule défaite en 2019 qui a permis au club de la commune d'occuper quelques jours la tête de sa série en D3 amateurs. Une première depuis cinq ans, quand le club était remonté de Promotion en troisième division. Le tout avec des perches désormais surveillées par un certain Nicaise Kudimbana, ancien du RSCA finalement convaincu par le projet brabançon au bout d'une opération séduction intensive menée pendant plus d'un an par Chakib Maimouni. " Il l'a travaillé au corps ", s'esclaffe Cédric Banza, tout heureux de voir les Walhinois le saluer de plus en plus chaleureusement, comme s'il était enfin devenu l'un des leurs. " Au final, les gens ont découvert qu'on n'était pas méchants. L'une de nos plus belles victoires, c'est que certaines personnes ont finalement donné raison à ceux qui nous ont tendu la main dès le départ. " Les victoires, c'est désormais sur la pelouse que les dirigeants souhaitent les voir s'enchaîner. En attendant, le Wallonia peut probablement se vanter d'être l'un des seuls clubs amateurs de Belgique à être suivi depuis l'une des plus grandes villes de France, à en croire Cédric Banza : " Jason suit vraiment tout de très près. Il aimerait qu'on fasse des Facebook Live tous les dimanches, mais il faut la logistique pour ça. On est à Walhain ici, hein (rires). "