Elle n'a pas la popularité de Kim Gevaert mais elle a réalisé un petit exploit à Helsinki, en terminant sixième du saut en hauteur. Pourtant, cette Anversoise de 27 ans aime à combattre sur plusieurs fronts. Ainsi, elle a obtenu son graduat en chimie, combinant sport et études depuis ses débuts en athlétisme, à 11 ans. Tia Hellebaut est une femme forte : en mars, elle a subi une opération au genou mais au Mondial, elle était prête.
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Elle n'a pas la popularité de Kim Gevaert mais elle a réalisé un petit exploit à Helsinki, en terminant sixième du saut en hauteur. Pourtant, cette Anversoise de 27 ans aime à combattre sur plusieurs fronts. Ainsi, elle a obtenu son graduat en chimie, combinant sport et études depuis ses débuts en athlétisme, à 11 ans. Tia Hellebaut est une femme forte : en mars, elle a subi une opération au genou mais au Mondial, elle était prête. " J'ai l'habitude de respecter mes rendez-vous. En heptathlon, on ne peut se mettre en évidence que trois ou quatre fois par saison. Je dois donc atteindre mon pic de forme à des moments précis. En plus, le stress me sublime ". Le coach Marc Borra doit sourire : leurs chemins se sont séparés il y a six ans, parce qu'elle ne voulait pas se cantonner dans le saut en hauteur. Mais son résultat à Hel-sinki ne la fait pas changer d'avis. " Certes, je suis plus proche de l'élite internationale en hauteur, avec 1.95 mètre. Pour viser une sixième place en heptathlon, il faut atteindre les 6.250 points alors que mon record culmine à 6.019. Il n'empêche, je combinerai les deux concours aussi longtemps que je progresserai. Je suis une heptathlonienne corps et âme. Les compétiteurs passent deux jours ensemble, ils affrontent des épreuves qui ne leur conviennent pas et des liens se tissent. Beaucoup de collègues sont venues m'encourager pendant mon concours à la hauteur, d'ailleurs ". Tia a déjà déterminé ses prochains objectifs, un mélange de c£ur et de raison : le Mondial de Moscou en pentathlon en salle l'année prochaine puis l'Euro de Göteborg en hauteur, l'épreuve ayant lieu le même jour que les épreuves multiples... et puis les JO de Pékin. En fait, elle court après le record de Belgique d' IngridDidden. L'année dernière, elle a échoué à cause de la longueur. " Quand j'aurai battu ce record, il est possible que j'arrête les épreuves multiples, à moins que je ne me rabatte sur le pentathlon en salle, qui me délivre du 200 mètres et du javelot et qui se dispute en un jour. Or, je récupère dif-ficilement de la première journée de compétition ". Si les sauteurs se contentent de quelque huit séances par semaine, basées sur la technique et l'explosivité, Tia s'astreint à dix, voire douze entraînements hebdomadaires pour l'heptathlon : " Mais j'ai besoin de cette base pour la hauteur. Je ne suis pas un super talent. Je dois travailler d'arrache-pied pour atteindre mon niveau actuel ". Elle n'exerce pas encore sa profession. Elle est sous l'aile d' Atletiek Vlaanderen, car le BLOSO, le pendant flamand de l' ADEPS, mise sur des noms connus comme Gevaert. " Je suis disposée à le rejoindre mais pas pour gagner moins. Ma préparation ne serait pas modifiée. Déjà maintenant, je m'arrange pour partir en stage avec des athlètes du BLOSO : Kim, Cédric Van Branteghem, JoeriJansen. L'année dernière, nous sommes partis à Lanzarote et en Afrique du Sud. Nous organisons ces stages nous-mêmes et nous allons bientôt concocter le programme de l'an prochain. Travailler avec les filles du relais m'ap-prend beaucoup aussi. Au fond, savez-vous à quoi les Belges doivent leurs modestes succès actuels ? L'ambiance... " Tia n'est pas une femme d'argent. Sa place à Helsinki lui a valu une prime de 6.000 dollars (environ 4.500 euros) qu'elle utilise pour financer ses stages. L'argent ne constitue pas un facteur de motivation : " L'année dernière, je n'étais pas motivée du tout à Rome. J'ai essayé de me remonter en pensant aux primes. Je n'ai pas sauté plus haut pour la cause ! Non, je concours pour le plaisir avant tout ". Et pour sa dose d'adrénaline. Tia se surpasse sous les encouragements du public. Si elle ne franchit que 1.85 mètre à l'entraînement, elle atteint 1.95 mètre en compétition. Le manager du Mémorial Van Damme Wilfried Meert lui a permis de disputer quelques meetings de la GoldenLeague l'année dernière. Mais la hauteur ne figurait pas au programme du dernier Mémorial alors qu'elle aurait tant voulu fêter son succès tout frais avec le public belge. " J'ai insisté mais bon... Je lui ai même deman-dé d'insérer l'épreuve en avant-soirée mais rien n'y a fait. Il est vrai que Kajsa Bergqvist, Chaunte Howard et Emma Green, les ténors de la discipline, qui occupaient le podium du Mondial, étaient intéressées et ç'aurait été trop coûteux sans doute ! ". MATTHIAS STOCKMANS" JE SUIS UNE HEPTATHLONIENNE CORPS ET âME ", clame tia.