M arc Brys n'est pas du genre à troquer ses idées contre un bon résultat potentiel. Pourtant, pour son déplacement à Genk, le coach des Canaris a modifié ses plans habituels pour installer un marquage individuel tout-terrain. " Contre une équipe si forte, il faut faire des choix ", s'est-il justifié après la rencontre. Ses décisions ont évité la zone et les intervalles qui vont avec, ces espaces entre les lignes où Genk aime tant combiner gr...

M arc Brys n'est pas du genre à troquer ses idées contre un bon résultat potentiel. Pourtant, pour son déplacement à Genk, le coach des Canaris a modifié ses plans habituels pour installer un marquage individuel tout-terrain. " Contre une équipe si forte, il faut faire des choix ", s'est-il justifié après la rencontre. Ses décisions ont évité la zone et les intervalles qui vont avec, ces espaces entre les lignes où Genk aime tant combiner grâce à l'addition des talents de Leandro Trossard, Alejandro Pozuelo ou Ruslan Malinovsky. Sur la pelouse de la Luminus Arena, chacun avait son garde du corps attitré, quel que soit l'endroit du terrain où il se déplaçait. Le Racing n'est pas resté sans réagir. Habituellement plutôt prudent avec le ballon, Sander Berge a senti l'importance qu'il pouvait avoir pour faire sauter le verrou, et a appliqué une loi footballistique aux accents espagnols : la conducción. Littéralement, " la conduite ". Soit le fait de progresser ballon au pied, pour obliger les adversaires à se désorganiser sous peine de le laisser filer jusqu'au but. Rapidement, le Norvégien a été imité par ses défenseurs centraux, Joseph Aidoo et Sébastien Dewaest. Pas spécialement exceptionnels techniquement, mais dotés d'une bonne dose de personnalité, les deux hommes ont multiplié les conduites de balle très loin dans le camp adverse. Par ces mouvements, ils obligeaient à défendre les hommes les moins aptes à le faire dans le onze trudonnaire, à savoir Yohan Boli et Jonathan Legear. Si ceux-ci ne suivaient pas le mouvement, un joueur de Saint-Trond devait alors sortir sur le porteur du ballon, et ainsi libérer l'homme (offensif) qu'il devait marquer sans relâche. En frappant notamment quatre fois contre les montants, Genk a manqué de réussite pour faire basculer le derby en sa faveur. Mais les hommes de Philippe Clement ont montré qu'ils étaient capables, en plein match, de s'adapter aux circonstances dictées par l'organisation adverse. Un examen de maturité qui les place toujours plus parmi les équipes à suivre cette saison. D'autant plus que quand le but adverse refuse de s'ouvrir dans le jeu, le pied gauche de Malinovsky est toujours capable d'éveiller le marquoir sur un ballon arrêté.