La semaine dernière, avant l'accident du Cercle, le coach du Standard Laszlo Bölöni avait déjà établi un bilan positif de son travail dans son nouveau club : " Si je partais demain, j'aurais déjà atteint des objectifs très importants : remporter la Supercoupe contre Anderlecht, rebattre Anderlecht en championnat, être en tête du championnat et, surtout, avoir éliminé Everton et aborder la phase des poules en Coupe de l'UEFA. Car, c'est sûr, cette Coupe est bien plus importante pour le club que le championnat. "
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La semaine dernière, avant l'accident du Cercle, le coach du Standard Laszlo Bölöni avait déjà établi un bilan positif de son travail dans son nouveau club : " Si je partais demain, j'aurais déjà atteint des objectifs très importants : remporter la Supercoupe contre Anderlecht, rebattre Anderlecht en championnat, être en tête du championnat et, surtout, avoir éliminé Everton et aborder la phase des poules en Coupe de l'UEFA. Car, c'est sûr, cette Coupe est bien plus importante pour le club que le championnat. " Il ne faut pas pousser très fort le Roumain pour qu'il admette que " le Standard a perdu une grande chance en étant éliminé de la Ligue des Champions contre Liverpool. On avait très bien joué mais on n'a pas marqué. Et quand on ne marque pas, on est dehors ! Bref, on n'avait pas été assez agressifs mais on apprend ". Everton a donc compensé L'pool : " C'aurait été une grosse baffe d'être éliminés cette fois car on a mené à quatre reprises contre Everton... "Le coach des Rouches était content de l'évolution de son team. Par contre, il s'est fâché quand il a appris que Steven Defour et Axel Witsel avaient estimé ne plus avoir grand-chose à apprendre au Standard : " J'ai travaillé avec Cristiano Rolando et Quaresma à leurs débuts. On sait ce qu'ils sont devenus. Si Witsel et Defour disent qu'ils ne peuvent plus rien apprendre en restant au Standard, c'est qu'ils sont encore très jeunes dans leur tête... " On ne sait pas ce qui s'est passé entre le coach et les deux " gamins " en termes de mise au point, mais on s'est souvenu de ce que Lucien D'Onofrio nous avait dit un jour à Monaco : " Je pense que la différence entre Michel Preud'homme et Bölöni est la manière de se mettre en relation avec les joueurs. Pour le reste, ce sont deux grands entraîneurs. " Une remarque qu'on peut sans doute mettre en rapport avec une courte conversation avec Olivier Renard après le dernier Malines-La Gantoise : " Avant le match, j'ai parlé avec Michel. On s'est toujours bien entendu ! Ce n'est pas à cause de lui que je suis parti du Standard, hein ! " Déduction personnelle : on n'a pas envie d'être à la place d'un joueur qui tiendrait un discours (même légèrement) politiquement incorrect par rapport à la ligne de son club. Avant, il aurait eu affaire à Monsieur Lucien. Cette fois, il aura aussi affaire à Monsieur Laszlo. Il n'y a pas une vérité unique dans le coaching. Preud'homme et Bölöni obtiennent un rendement sans arrière-pensées de leurs joueurs. Mais quand le premier avait tendance à arrondir les angles avec eux, le second martèle les principes. Exemple avec Benjamin Nicaise : " On entend souvent qu'un joueur a besoin de la confiance de son entraîneur, mais l'inverse est vrai également. Nicaise ne m'avait pas donné confiance en amical contre St-Etienne... Mais s'il continue à bien jouer comme contre Everton, il aura encore d'autres chances de prouver sa valeur. " Jeudi dernier, à Sclessin, les Rouches ont contrôlé le match comme ils l'ont voulu. Mais n'étaient-ils pas placés un peu bas ? Ne serait-il pas risqué de jouer là contre des équipes plus fortes, à l'avenir en UEFA ? " Lors de ma causerie d'avant match j'ai indiqué à mes joueurs là où on pouvait défendre le mieux ", disait Bölöni de façon sibylline. Et en haussant les sourcils, il ajoutait : " Mais va-t-on jouer contre des équipes plus fortes que Liverpool et le cinquième du championnat d'Angleterre ? "Cela dit, René Vandereycken peut s'inspirer de l'organisation d'un Bölöni qui fait bien le partage entre l'aspect défensif et offensif. Parce qu'il demande à des joueurs offensivement forts d'effectuer des tâches défensives (comme Milan Jovanovic, Wilfried Dalmat, Defour et Witsel)... et non l'inverse, si vous voyez ce que je veux dire. A l'EURO, c'est l'Italie qui a posé le plus de problèmes à l'Espagne. En sacrifiant quasi toutes ses cartouches offensives, Roberto Donadoni n'a rien laissé comme espaces à des futurs Campeones peu inspirés. Résultat : un 0-0 au bout de l'ennui et une séance de penalties. 4-2 : l'Espagne passait. Mercredi prochain, au stade Roi Baudouin, Vandereycken devra-t-il s'inspirer de Bölöni ou de Donadoni? PAR JOHN BAETE