" The European Club footballing landscape ". C'est le titre du onzième et dernier rapport financier en date publié par l'UEFA, relatif à l'année fiscale 2018, en collaboration avec le cabinet d'audit Deloitte. Ouverte sur une image mielleuse d'un terrain posté en bordure des Îles Lofoten, à l'extrême nord-ouest de la Norvège, la carte postale longue de 132 pages dresse le paysage économique des championnats du vieux continent. Un chiffre frappe en premier lieu : 50% des revenus bruts des clubs de D1A proviennent des transferts de joueurs. Parmi les vingt ligues engrangeant le plus de recettes, seuls la France (54%) et le Portugal (61%) obtiennent de meilleurs résultats. La Belgique se classe ainsi à la dixième position des pays les plus rentables, avec un chiffre d'affaires total de 391 millions d'euros, soit quatorze fois moins que l'intouchable Premier League (5,4 milliards).

" La Belgique est une très bonne plate-forme. Les chiffres des transferts sortants ne font qu'augmenter ", nous expliquait justement un agent lors d'une enquête sur le sujet, publiée dans Sport/Foot Magazine, en août. " Les joueurs peuvent prendre beaucoup de valeur alors qu'ils viennent pour rien. Ils en prennent même plus ici que dans le bas de tableau en France ou en Espagne. " Les repreneurs étrangers visent ainsi le Royaume noir-jaune-rouge dans le but d'enregistrer des retours significatifs grâce, en partie, à des tickets d'entrée peu élevés et des contraintes logistiques relativement faibles. Le rapport Deloitte rappelle cependant que le coût de la main d'oeuvre tend à augmenter partout en Europe. Avec une hausse de 9% vis-à-vis de l'exercice précédent, la Belgique ne déroge pas à la règle. En 2018, les entités de JPL ont dépensé 279 millions d'euros en la matière, pour l'un des pires ratios salaires/revenus (71%) des pays du top 20, dominé par l'Allemagne et sa Bundesliga (53%).

Au moins, les dirigeants belges se montrent généreux dans leur ensemble. À l'instar des Scandinaves (Danemark, Suède et Norvège), l'écart des budgets salariaux entre les concurrents de D1A figure parmi les plus équilibrés et garantit, donc, autant l'imprévisibilité des résultats sportifs que le spectacle durant la saison. Le terreau parfait pour les investisseurs-parieurs, amateurs de sensations fortes. Au sein de l'élite, cinq clubs évoluent sous pavillon étranger : Saint-Trond (Japon), Courtrai (Malaisie), Mouscron (Thaïlande), Eupen (Qatar) et le Cercle (Russie). À l'étage inférieur, il n'y a que Lokeren, sur les huit formations de la D1B, qui appartient à un propriétaire belge, l'ancien agent Louis De Vries. Mieux : l'Angleterre, l'Italie, la France, l'Espagne et la Belgique se partagent presque la moitié de la totalité des patrons étrangers des écuries européennes. Encore mieux : avec cinq changements de direction, le plat pays est le biotope le plus instable pour les propriétaires de clubs, aux côtés de la Grèce et de la Moldavie.

En août, Pierre François, CEO de la Pro League, tenait pourtant à tempérer le constat : " C'est un phénomène mondial, qui n'est pas propre à notre pays. Les huit clubs les plus importants de notre première division - si on ajoute Charleroi, l'Antwerp et Zulte-Waregem au G5 - sont tous la propriété d'investisseurs belges. " Il suffit malgré tout de jeter un oeil aux " petits " pour comprendre la situation. Un mois plus tard, Udi Shochatovitch, nouvelle tête pensante de Lommel, plaçait la Belgique comme le meilleur des " trois paradis pour le business du football ", devant Chypre et le Portugal. " En Belgique, c'est assez surprenant : la fédération vient faire un état des lieux, mais seulement une fois que vous avez acheté le club et que vous faites la demande de licence ", disait l'Israélien. " Ici, je viens, je donne mon argent et j'achète 100% des parts du club. " Soit, selon l'ex-conseiller juridique du super-agent Pini Zahavi, longtemps influent à Mouscron, un jeu d'enfants où " il n'y a pas de règles ".

" The European Club footballing landscape ". C'est le titre du onzième et dernier rapport financier en date publié par l'UEFA, relatif à l'année fiscale 2018, en collaboration avec le cabinet d'audit Deloitte. Ouverte sur une image mielleuse d'un terrain posté en bordure des Îles Lofoten, à l'extrême nord-ouest de la Norvège, la carte postale longue de 132 pages dresse le paysage économique des championnats du vieux continent. Un chiffre frappe en premier lieu : 50% des revenus bruts des clubs de D1A proviennent des transferts de joueurs. Parmi les vingt ligues engrangeant le plus de recettes, seuls la France (54%) et le Portugal (61%) obtiennent de meilleurs résultats. La Belgique se classe ainsi à la dixième position des pays les plus rentables, avec un chiffre d'affaires total de 391 millions d'euros, soit quatorze fois moins que l'intouchable Premier League (5,4 milliards). " La Belgique est une très bonne plate-forme. Les chiffres des transferts sortants ne font qu'augmenter ", nous expliquait justement un agent lors d'une enquête sur le sujet, publiée dans Sport/Foot Magazine, en août. " Les joueurs peuvent prendre beaucoup de valeur alors qu'ils viennent pour rien. Ils en prennent même plus ici que dans le bas de tableau en France ou en Espagne. " Les repreneurs étrangers visent ainsi le Royaume noir-jaune-rouge dans le but d'enregistrer des retours significatifs grâce, en partie, à des tickets d'entrée peu élevés et des contraintes logistiques relativement faibles. Le rapport Deloitte rappelle cependant que le coût de la main d'oeuvre tend à augmenter partout en Europe. Avec une hausse de 9% vis-à-vis de l'exercice précédent, la Belgique ne déroge pas à la règle. En 2018, les entités de JPL ont dépensé 279 millions d'euros en la matière, pour l'un des pires ratios salaires/revenus (71%) des pays du top 20, dominé par l'Allemagne et sa Bundesliga (53%). Au moins, les dirigeants belges se montrent généreux dans leur ensemble. À l'instar des Scandinaves (Danemark, Suède et Norvège), l'écart des budgets salariaux entre les concurrents de D1A figure parmi les plus équilibrés et garantit, donc, autant l'imprévisibilité des résultats sportifs que le spectacle durant la saison. Le terreau parfait pour les investisseurs-parieurs, amateurs de sensations fortes. Au sein de l'élite, cinq clubs évoluent sous pavillon étranger : Saint-Trond (Japon), Courtrai (Malaisie), Mouscron (Thaïlande), Eupen (Qatar) et le Cercle (Russie). À l'étage inférieur, il n'y a que Lokeren, sur les huit formations de la D1B, qui appartient à un propriétaire belge, l'ancien agent Louis De Vries. Mieux : l'Angleterre, l'Italie, la France, l'Espagne et la Belgique se partagent presque la moitié de la totalité des patrons étrangers des écuries européennes. Encore mieux : avec cinq changements de direction, le plat pays est le biotope le plus instable pour les propriétaires de clubs, aux côtés de la Grèce et de la Moldavie. En août, Pierre François, CEO de la Pro League, tenait pourtant à tempérer le constat : " C'est un phénomène mondial, qui n'est pas propre à notre pays. Les huit clubs les plus importants de notre première division - si on ajoute Charleroi, l'Antwerp et Zulte-Waregem au G5 - sont tous la propriété d'investisseurs belges. " Il suffit malgré tout de jeter un oeil aux " petits " pour comprendre la situation. Un mois plus tard, Udi Shochatovitch, nouvelle tête pensante de Lommel, plaçait la Belgique comme le meilleur des " trois paradis pour le business du football ", devant Chypre et le Portugal. " En Belgique, c'est assez surprenant : la fédération vient faire un état des lieux, mais seulement une fois que vous avez acheté le club et que vous faites la demande de licence ", disait l'Israélien. " Ici, je viens, je donne mon argent et j'achète 100% des parts du club. " Soit, selon l'ex-conseiller juridique du super-agent Pini Zahavi, longtemps influent à Mouscron, un jeu d'enfants où " il n'y a pas de règles ".