Mercredi 14 mars. Le journal de Manchester, le Manchester Evening News se focalise sur l'hallali prévisible des deux clubs de la ville en Europa League. Pour ce média, la compétition entre City et United pour dominer l'Angleterre est du pain béni. Même le scénario de l'élimination prématurée en Ligue des Champions n'est pas mauvais. " Si une des deux formations était restée dans la compétition reine, cela signifiait qu'elle remportait en quelque sorte son bras de fer avec l'autre. Là, en jouant toutes les deux le jeudi, elles restent sur un pied d'égalité ", explique l'éditorialiste Stuart Brennan. Cela évite de trancher et maintient le suspense jusqu'au bout.
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Mercredi 14 mars. Le journal de Manchester, le Manchester Evening News se focalise sur l'hallali prévisible des deux clubs de la ville en Europa League. Pour ce média, la compétition entre City et United pour dominer l'Angleterre est du pain béni. Même le scénario de l'élimination prématurée en Ligue des Champions n'est pas mauvais. " Si une des deux formations était restée dans la compétition reine, cela signifiait qu'elle remportait en quelque sorte son bras de fer avec l'autre. Là, en jouant toutes les deux le jeudi, elles restent sur un pied d'égalité ", explique l'éditorialiste Stuart Brennan. Cela évite de trancher et maintient le suspense jusqu'au bout. Le lendemain, les deux passaient à la trappe en Europa League. Le prestige en prenait un coup mais les deux entraîneurs commençaient à craindre cette compétition qui alourdissait le calendrier. Désormais, les deux clubs peuvent se focaliser sur le championnat. Un coude à coude mémorable. Et ce mano a mano ne s'arrête pas au terrain. La rivalité porte également sur le scouting. Quand un club montre son intérêt pour un joueur, l'autre verse dans la surenchère. Du moins quand c'est United qui s'est déclaré en premier ! Car quand City s'est fixé sur un joueur, même United ne peut plus suivre sur le plan financier. La presse ne s'y trompe pas. Ce même 14 mars, en marge de la Ligue Europa, le Manchester Evening News a gardé une pleine page (et une partie de la une) au chaud pour évoquer la dernière rumeur : la bataille entre City et United pour le transfert d' Eden Hazard. Quelques jours plus tôt, Alex Ferguson s'était déplacé à Gerland pour suivre Lyon-Lille. Pas de bol pour lui, quand Ferguson se déplace, c'est toute la presse que cela intéresse et il a beau noyer le poisson en affirmant qu'il s'est déplacé avant tout pour le latéral droit, Mathieu Debuchy, personne n'est dupe. A peine mis au courant, City montre les crocs. Si Hazard doit venir en Angleterre, ce sera au City of Manchester Stadium ! Ni une, ni deux, Roberto Mancini va le visionner lors de Lille-Valenciennes. Cet été, la bataille s'annonce donc tenace entre les deux leaders de la Premier League. Sans compter que les prétendants du premier jour, Tottenham et Arsenal, n'ont pas dit leur dernier mot. Bref, de quoi affoler les habitants du Royaume-Uni. Désormais, on ne parle plus que du petit Belge. La BBC a même sondé le phénomène dans un article intitulé " Hazard, le joueur prêt à susciter une bousculade lors du mercato d'été ". Médiatiquement, Hazard a donc fait son entrée sur le marché anglais. Reste maintenant à connaître l'issue de la bataille. Le choix numéro un semblait, il y a un mois, s'être porté sur Tottenham. Harry Redknapp l'avait dans le viseur depuis plusieurs mois et le joueur semblait intéressé par le style de jeu offensif prôné par le manager des Spurs. De plus, le noyau de Tottenham lui permettrait d'être quasiment certain de sa place de titulaire. La concurrence y est moins féroce qu'à City, United, Chelsea ou au Real Madrid. Ça, c'est en théorie car en pratique si la largeur du banc de Tottenham demeure mince, l'entrejeu regorge de solutions. Actuellement, le Néerlandais Rafael van der Vaart est sur le banc alors qu'il avait particulièrement brillé lors de sa première saison londonienne. A moins d'un départ, sur les quatre ou cinq places de l'entrejeu (Redknapp évolue souvent avec un seul attaquant), trois pions demeurent intouchables : Scott Parker, Gareth Bale et Luka Modric. Sandro et Van der Vaart se disputent la dernière position dans l'axe. Modric a été décalé à droite ces dernières semaines. Sinon, c'est Aaron Lennon qui évolue là. La concurrence reste donc vive. " Redknapp est le manager idéal pour s'acclimater à la Premier League ", explique James Olley, journaliste au London Evening Standard. " Et à Tottenham, Hazard trouverait un club en pleine progression, qui grandit et auquel il manque sans doute un joueur de sa trempe pour décrocher des titres. Mais d'un autre côté, personne ne sait si Redknapp va rester à White Hart Lane ou s'il deviendra sélectionneur à plein temps. Ce point d'interrogation peut influencer le mercato. " " Je ne suis pas sûr non plus qu'il soit totalement compatible avec Bale et que Redknapp osera titulariser les deux ensemble. Les deux joueurs tendent naturellement vers le côté gauche ", ajoute Rory Smith, journaliste à The Independent. A moins que Lennon, frustré par son temps de jeu, ne parte, ce qui libérerait une place sur l'aile... Récemment, Redknapp a avoué que le dossier se compliquait. " Je l'ai vu à plusieurs reprises. Je sais qu'United le suit de près. City aussi. Ce sera difficile de le transférer mais c'est un joueur que j'adore. "Enfin, le président des Spurs, Daniel Levy, a toujours veillé à conserver une politique salariale sous contrôle. Même si Redknapp l'a incité, sur plusieurs dossiers, à prendre des risques, il y a des limites que Tottenham ne franchira pas. Au contraire des deux Manchester. Comme tout le monde est sur la balle, le prix fixé par Lille risque d'être atteint. Il faudra donc débourser 42 millions d'euros (30 millions de livres) pour attirer Hazard. Cela peut déjà mettre Tottenham hors-jeu mais pas les autres cadors anglais. En première ligne, les richissimes de City, qui partent pourtant avec une longueur de retard. Mancini a des arguments sportifs (celui de dominer la Premier League ces cinq prochaines années) et financiers. " Tout le monde connaît la puissance financière de City mais il y a bien un moment où les Citizens vont devoir se limiter afin de respecter le fair-play financier ", affirme Brennan. " Or, la cible première reste Robin van Persie. En termes de salaire et de transfert, cela fera déjà un paquet de pognon. S'il reste de l'argent ou si le deal Van Persie échoue, Hazard servira alors de second choix. Mais il sera peut-être trop tard. " Sur le plan sportif, Hazard ne ferait pas nécessairement le bon choix. Certes, il sera accueilli (et couvé) par son compatriote Vincent Kompany, capitaine de son état, qui fait du lobbying intense comparant, dans le Daily Mail, l'impact éventuel de son arrivée à celui de l'arrivée de David Silva. Mais à City, il rentrera en concurrence frontale avec les deux meilleurs joueurs du club (Silva et Mario Balotelli) sans oublier Adam Johnson ou Samir Nasri. Du très lourd ! " Ils n'ont pas vraiment besoin de Hazard ", explique Smith. " Ils ont juste peur qu'un talent leur échappe et aille grossir les rangs du rival. "Le rival, parlons-en ! Depuis quelques semaines, c'est lui qui tient la corde. Faire se déplacer Ferguson est déjà un signe. Le technicien écossais doit absolument trouver du sang neuf, conscient que sa formation est encore beaucoup trop dépendante des vieillards Paul Scholes et Ryan Giggs. Dans la presse locale, on fait du jeune Eden le parfait remplaçant de Scholes. De l'aveu même de Ferguson ! Pourtant, le manager de ManU semble brouiller les pistes. " United a la réputation de faire confiance aux jeunes et aux transferts. Il suffit de voir le temps de jeu de Phil Jones, Chris Smalling ou Danny Welbeck cette saison ", explique Smith. " De plus, Ferguson a toujours laissé le temps à ceux en qui il croyait de se développer. Parfois même trop. Il a, par exemple, toujours soutenu et aligné des joueurs moyens comme John O'Shea ou Wes Brown parce qu'il était persuadé de leur potentiel. Cette saison, il a continué à soutenir le gardien David de Gea et après un début de saison mitigé et controversé, le gardien espagnol le lui rend bien. En signant à United, Hazard aurait du temps de jeu et on lui laisserait le temps de s'intégrer. Sauf si évidemment l'équipe ne tourne pas... Mais par contre, je ne le vois pas comme un successeur de Scholes mais bien de Giggs. Il n'a pas la hargne défensive de Scholes. Ses qualités (percussion, dribbles et vitesse) se rapprochent de celles du Gallois. Et en vérité, ni Nani, ni Ashley Young n'ont été sans reproche sur l'aile gauche ces dernières saisons. Nani est époustouflant dans certaines rencontres et anonyme dans d'autres. Quant à Young, c'est un très bon joueur. Sans plus. Il n'a pas le génie de Giggs. " Restent alors les clubs londoniens. Chelsea a de l'argent et aime le produit belge. Pourtant, jamais le nom des Blues n'a réellement circulé. Or, quand Chelsea convoite un joueur, il ne cache pas son jeu. Kevin De Bruyne a été transféré après un an de discussions. Même chose pour Romelu Lukaku. Par contre, Arsenal a toujours été attiré par Hazard. Arsène Wenger a l'habitude de suivre le championnat français où il va régulièrement se fournir ( Laurent Koscielny, Gervinho, Marouane Chamakh, Park dans le noyau actuel, Pascal Cygan ou Robert Pirès autrefois). Cela fait trois ans qu'il a repéré la pépite du LOSC. A l'époque, il pouvait encore compter sur la présence de l'entraîneur Claude Puel dont il était très proche. En été, Wenger a même lancé un rush de dernière minute pour attirer Hazard. Le prix était fixé à 22 millions mais tant le club nordiste que le joueur n'avaient voulu précipiter la séparation. Le deal avait alors été reporté d'un an. Oui mais en un an, les choses ont évolué. Hazard a continué à progresser et les acquéreurs potentiels se sont multipliés. " Arsenal mettra-t-il 42 millions sur la table ? Beaucoup doutent car cela ne fait pas partie des habitudes de la maison ", dit Smith. Pourtant, certains disent que Wenger, se rendant compte des échecs du dernier mercato, pourrait faire une exception pour Hazard, faisant de ce transfert un record de club ! De plus, en cas de départ de Van Persie, Arsenal devra obligatoirement frapper un gros coup sur le marché des transferts s'il ne veut pas perdre sa crédibilité et surtout se voir largué par ses concurrents. " Avec United, Arsenal me paraît la meilleure option car l'équipe développe un football technique, rapide et attrayant, qui irait particulièrement bien à Hazard. Et même si Lukas Podolski est transféré, Hazard pourrait évoluer aussi bien sur le côté gauche que le droit ", ajoute Smith. Dans cette liste, il ne manque qu'un cador du championnat anglais : Liverpool. Le directeur technique, Damien Comolli s'est bien renseigné sur le joueur en décembre 2010 mais le prix et l'absence de Ligue des Champions ont éliminé les Reds de la course. En un an, Liverpool a beaucoup dépensé ( Andy Carroll, Luis Suarez, Stewart Downing, Charlie Adam et Jordan Henderson, soit 121 millions d'euros) sans grand rendement et devra d'abord vendre avant de transférer... PAR STÉPHANE VANDE VELDE" A City, la priorité est Van Persie. S'il reste de l'argent ou si le deal Van Persie échoue, Hazard sera la deuxième option. " Stuart Brennan, Manchester Evening News " Avec United, Arsenal me paraît la meilleure option car l'équipe développe un football technique, rapide et attrayant " Rory Smith, The Independant