On a perdu beaucoup de temps pendant le règne de quatre ans d' Aimé Anthuenis. La Belgique n'a pas atteint ses objectifs à court terme, l'Euro 2004 et le Mondial 2006 et le coach n'a laissé aucun héritage. A son engagement, René Vandereycken visait le long terme. Il a formé un jeune groupe en considérant chaque match comme une partie d'un processus de croissance. Cette optique a rapidement hypothéqué la qualification pour l'EURO 2008 mais le sélectionneur n'a cessé d'insister sur les progrès décelés, malgré l'absence de résultats. ...

On a perdu beaucoup de temps pendant le règne de quatre ans d' Aimé Anthuenis. La Belgique n'a pas atteint ses objectifs à court terme, l'Euro 2004 et le Mondial 2006 et le coach n'a laissé aucun héritage. A son engagement, René Vandereycken visait le long terme. Il a formé un jeune groupe en considérant chaque match comme une partie d'un processus de croissance. Cette optique a rapidement hypothéqué la qualification pour l'EURO 2008 mais le sélectionneur n'a cessé d'insister sur les progrès décelés, malgré l'absence de résultats. Le match Belgique - Serbie, le premier à réunir en pointe Moussa Dembele et Kevin Mirallas, constitue un tournant. La Belgique s'est imposée 3-2 en développant un bon football. Elle a prouvé au Kazakhstan que cette prestation ne relevait pas du hasard. Au repos, les Diables Rouges menaient 0-2, grâce à un jeu de combinaisons dominant, malgré de mauvaises conditions. Le score final (2-2) a constitué une demi déception. La Finlande, une des favorites du groupe, s'est ensuite déplacée à Bruxelles. Le match a été mauvais de part et d'autre mais les Diables ont pris un point (0-0), même s'ils ont pu compter sur le coup de pouce de l'arbitre, qui a annulé un but finlandais tout à fait valable. Quelques jours plus tard, contre l'Arménie, l'ennui fut à nouveau au rendez-vous pendant une heure, jusqu'au but de Wesley Sonck. C'est un cliché mais ce but a libéré l'équipe, qui a porté le score à 3-0. Quatre matches de suite sans défaite (8 points sur 12) montrent que les progrès promis ont été effectués. Ils ont été suivis de résultats. Pourtant, les adversaires de Vandereycken au sein de l'UB ont souligné qu'il devrait prouver qu'il était capable d'obtenir des résultats en déplacement aussi, en Pologne et en Azerbaïdjan, d'autant que, l'élimination étant acquise, les Diables Rouges peuvent jouer sans pression. On peut douter que cela suffise à maintenir Vandereycken et Stéphane Demol en selle, à supposer qu'ils n'aient pas déjà tiré leurs propres conclusions. La commission technique est clairement opposée au sélectionneur. Le fait qu'on lui reproche toujours le remplacement de Mirallas au Kazakhstan interpelle quant à la compétence avec laquelle on va décider du sort de Vandereycken. En revanche, on peut comprendre la frustration que suscite l'impossibilité de discuter avec le coach. Le remplacement de Vandereycken comporte un risque réel. La Belgique a une équipe, un sélectionneur qui peut travailler avec elle. Le pire qui puisse arriver serait qu'un autre entraîneur veuille repartir de zéro. Les francophones poussent Jean-François de Sart en avant, à l'image de la France, où l'entraîneur des Espoirs, Raymond Domenech, a succédé à Jacques Santini en 2004. Quelle que soit l'identité du prochain sélectionneur, il ne peut plus y avoir d'alibi au début de la campagne de qualification pour le Mondial 2010. Seuls les résultats compteront.