"Que toute la gloire te revienne, Seigneur. Que ton nom soit béni, Seigneur. Amen ! " Herman Tapsoba rend à Dieu ce qui lui appartient. Et Durbuy peut rendre ce qu'il doit à son buteur providentiel : une fière chandelle. Alors que les rouge et noir sont menés à la pause par Gouvy, Tapsoba, 23 ans, allume un premier cierge. Mormont est toujours mathématiquement champion de la série de P1. Mais Tapsoba, encore lui, crucifie les espoirs mormontois (2-1).
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"Que toute la gloire te revienne, Seigneur. Que ton nom soit béni, Seigneur. Amen ! " Herman Tapsoba rend à Dieu ce qui lui appartient. Et Durbuy peut rendre ce qu'il doit à son buteur providentiel : une fière chandelle. Alors que les rouge et noir sont menés à la pause par Gouvy, Tapsoba, 23 ans, allume un premier cierge. Mormont est toujours mathématiquement champion de la série de P1. Mais Tapsoba, encore lui, crucifie les espoirs mormontois (2-1). La 92e minute de cette rencontre du 8 mai dernier sonne comme un don du ciel, un aller-simple pour la D3B. Dans cette vidéo de nos confrères de L'Avenir, l'avant durbuysien fait profession de foi. Il vient de sacrer les siens devant l'Éternel. La performance tient presque autant du miracle que de la prophétie. L'Entente Durbuy n'a vu le jour qu'un an plus tôt, de par la réunion d'un triumvirat local : Durbuy, Bomal et Barvaux. Cette saison, la convergence des forces pousse les promus de l'Entente sur la plus haute marche du podium, devant les mythiques " métallos " de Tilleur. Rien que ça. " Quand on monte, ce n'est pas pour faire de la figuration. C'est pour gagner. On a eu la chance de pouvoir recruter des joueurs talentueux, en plus de ceux qu'on avait déjà, pour renforcer notre noyau ", explique le président Paul Tintin, pas peu fier. " Après, on dit que cette D3 Amateurs est une division intermédiaire entre la Promotion et la P1. Donc que vaut-on vraiment ? Personnellement, j'étais convaincu qu'on arriverait à accrocher le Top 5. " Kévin Guillaume, Bastognard de 31 ans qui a quitté Liège pour récupérer les clés du jeu durbuysien, distille : " C'est même au-delà de nos attentes. On visait la colonne de gauche, et plus si affinités, mais on ne pensait pas que ça se passerait aussi bien. On ne s'enflamme pas non plus, mais c'est vrai qu'on se prend toujours au jeu... " Surtout quand le bilan comptable pète autant les scores. Sur les huit premières rencontres de championnat, l'Entente n'encaisse que trois petits goals, soit le meilleur total au niveau national, Pro League comprise. Sur le premier tour, Fabrice Genchi et Johan Ancia, son remplaçant, ne se retournent que cinq fois. À croire qu'Hervé Houlmont, le coach maison, a su construire une muraille sur les bords de l'Ourthe : " Notre grosse force, c'est notre défense, même si c'est un tout, pas seulement nos quatre gars derrière. Quand je vois des joueurs à vocation offensive redescendre défendre jusqu'au point de corner, ça en dit long. " Comme la distance parcourue en un rien de temps. Houlmont, qui avait débuté sa carrière de défenseur au Standard et avait notamment affronté Guimarães en C3 en 1995, possède un groupe bien balancé, entre jeunesse et expérience. Le Liégeois ne se cache plus, il vise clairement le titre. " On n'est pas loin de Liège, ni de Namur, c'est vraiment une série adéquate pour nous. Mais c'est peut-être un cadeau empoisonné de monter dès la première année ", tempère Kévin Guillaume. " Ce n'est pas forcément l'idéal, peut-être qu'on était en surrégime jusque-là... Il ne faudra pas se taper la tête contre les murs quand on fera un zéro sur six ! " L'ancien Sang et Marine forme notamment un duo infernal avec Wanderson Da Silva, goleador d'origine brésilienne avec qui il se partage plus de la moitié des roses plantées par l'Entente, sans parler de sa petite dizaine d'assists. Et " la plus petite ville du monde ", slogan touristique tiré d'un titre médiéval, goûte non seulement à l'accent carioca mais aussi aux sensations fortes. La bourgade accueille La Petite Merveille, auto-proclamée " plus grand parc aventure de Belgique ", principal sponsor des rouge et noir. Ce qui fait de Marc Coucke, avec son associé Bart Maerten, l'un des mécènes du club. Le milliardaire flamand propose ainsi depuis l'été dernier du kayak, de l'accrobranche, toutes sortes d'activités extrêmes ou encore la découverte de la vieille ville de Durbuy, là où il détient désormais un hôtel-restaurant. Visiblement, si l'Entente ne risque pas de jouer l'Europe sur le court terme et donc d'entrer en conflit d'intérêts avec le KV Ostende, la plus petite cité sur Terre accueille à bras ouverts les gros appétits. Logiquement, Paul Tintin ne mâche pas ses mots et n'y va pas par quatre chemins : " Si je peux me permettre un grand raccourci, nous sommes maintenant la troisième équipe du Luxembourg. Il n'y a pas nécessairement de volonté de représenter la Province, mais c'est toujours gratifiant. Ce qu'on veut surtout, c'est simplement vivre une belle histoire. " En termes de hiérarchie nationale, l'Entente Durbuy se trouve en effet derrière Virton et Givry. Et en prenant chaque entité qui la compose, ses rencontres avec le voisin de Mormont deviennent non plus derbys à deux, mais des joutes à quatre... " C'est très bien d'être le troisième club luxembourgeois. Mais à Durbuy, on est loin de tout. Il n'y a pas de Standard, pas de Genk à proximité ", regrette Guillaume. " Si on avait un club de D1 à côté, ça serait plus facile pour la formation de la province. Et on n'est pas non plus aidé par les conditions climatiques... " La fraîcheur locale empêche peut-être la progression de jeunes pousses mais elle apporte un vent nouveau qui réchauffe les coeurs. Plus que jamais sur les bords de l'Ourthe, le ballon rond est à la fête et à l'entente cordiale. Normal, comme le dit Tintin : " Durbuy, c'est très beau, mais c'est grand comme un confetti ". PAR NICOLAS TAIANA - PHOTO BELGAIMAGEPromu cette saison, l'Entente Durbuy occupe actuellement la tête de la D3 amateurs.