Cette saison, La Gantoise a surtout confirmé sur le plan extrasportif. Yvan De Witte, le président, avait fait de l'assainissement des finances sa priorité absolue. Il semble avoir accompli sa mission. Il ne reste actuellement que 150 millions de dettes, contre 800 avant son arrivée. La vente de quelques pions majeurs, comme Ahmed Hossam et Geri Cipi, devrait effacer l'ardoise. L'opération-sauvetage a parfaitement réussi et La Gantoise est d'ailleurs un des premiers clubs à avoir obtenu sa licence.
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Cette saison, La Gantoise a surtout confirmé sur le plan extrasportif. Yvan De Witte, le président, avait fait de l'assainissement des finances sa priorité absolue. Il semble avoir accompli sa mission. Il ne reste actuellement que 150 millions de dettes, contre 800 avant son arrivée. La vente de quelques pions majeurs, comme Ahmed Hossam et Geri Cipi, devrait effacer l'ardoise. L'opération-sauvetage a parfaitement réussi et La Gantoise est d'ailleurs un des premiers clubs à avoir obtenu sa licence. Sportivement, la saison a été moins réussie. Le départ de Trond Sollied, son entraîneur-miracle, a laissé des traces longtemps après le début du championnat. Il y a eu cette lourde défaite 6-2 dans la Venise du Nord mais Yvan de Witte a rapidement dû admettre que Henk Houwaart, surnommé champagne Henkie au stade Otten, ne correspondait pas au profil recherché. La Gantoise a connu une préparation catastrophique. Il n'était plus question de football en zone ni de schémas fixes. Houwaart a radicalement modifié le système de jeu et est entré en conflit avec Herman Vermeulen, son adjoint, qui était le garant de la vision du club. Houwaart a lui-même remis sa démission suite à la raclée 0-6 essuyée face à Ajax en Coupe UEFA. En championnat, avec dix points sur quinze, l'entraîneur présentait un bon bulletin mais le noyau brûlait de jouer au football, plutôt que de ne rien apprendre à l'entraînement. Après un bref intérim de Vermeulen, ponctué d'un 10 sur 21, Patrick Remy a été engagé, la Gantoise misant ainsi sur un adepte de l'école française. Il a entamé son mandat par une difficile victoire en Coupe face au RS Haasdonk, pensionnaire de Promotion, il a aligné onze rencontres sans défaite et a rejoint le subtop. Pourtant, il ne convainquait pas complètement: le jeu était emprunté. Le spectacle avait disparu. La Gantoise misait trop sur le résultat. En jouant les maîtres d'école, Remy n'a pas vraiment gagné le coeur des joueurs. Par-dessus le marché, il a bombardé l'insignifiant Eric Joly vice-capitaine et a écarté Alexandros Kaklamanos, le meilleur buteur, au profit du peu convaincant Jérôme Lempereur. Remy a invoqué une excuse imparable: il n'avait pas composé l'équipe lui-même. Il a vite constaté que l'approvisionnement coinçait sur les flancs. Il n'avait de fournisseur idéal qu'à gauche, avec Gunther Schepens, mais de l'autre côté, le Français n'a pas trouvé de parade. Aldo Olcese, Gaby Mudingayi, Tarik Kharif, difficilement revenu dans le parcours, et Jérôme Brocard n'ont pas convaincu. L'équipe n'était donc pas bien balancée. Heureusement, Remy a pu s'appuyer, en défense, sur un duo central très solide, formé par Geri Cipi et Tomas Vasov, devant le gardien, Frédéric Herpoel, qui a évolué à un niveau élevé et sauvé pas mal de points. L'approche prudente de Remy a finalement été fatale à La Gantoise dans sa lutte pour un billet UEFA. L'équipe a laissé filer son avantage face à des formations modestes comme Beveren, La Louvière et Malines. Le manque de concentration et les carences du jeu de position -deux points sur lesquels l'entraîneur insistait pourtant- ont été à l'origine de cette perte de points catastrophique. Frédéric Vanheule