En juillet 2004, à la Copa America, il est le costaud qui fonce et qui marque. A tel point que le public brésilien qui, jusque-là, se demandait qui il était, n'en croit pas ses yeux. Adriano (23 ans) se dit honoré d'être la réserve de Ronaldo mais quand il inscrit trois buts au cours d'un même match, son surnom est prêt : l'Empereur. Avant lui, seul le Roi Pelé, 45 ans plus tôt, avait réussi cet exploit. Le Brésil remporte l'épreuve aux tirs au but en brisant un tabou : celui de battre l'Argentine dans cette compétition. L'Argentine avait mené à la marque mais l'attaquant de l'Inter, sur un coup splendide, remit les deux équipes à égalité. Meilleur buteur du tournoi, il en est aussi désigné meilleur joueur.
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En juillet 2004, à la Copa America, il est le costaud qui fonce et qui marque. A tel point que le public brésilien qui, jusque-là, se demandait qui il était, n'en croit pas ses yeux. Adriano (23 ans) se dit honoré d'être la réserve de Ronaldo mais quand il inscrit trois buts au cours d'un même match, son surnom est prêt : l'Empereur. Avant lui, seul le Roi Pelé, 45 ans plus tôt, avait réussi cet exploit. Le Brésil remporte l'épreuve aux tirs au but en brisant un tabou : celui de battre l'Argentine dans cette compétition. L'Argentine avait mené à la marque mais l'attaquant de l'Inter, sur un coup splendide, remit les deux équipes à égalité. Meilleur buteur du tournoi, il en est aussi désigné meilleur joueur. Juin 2005. Il est bombardé meilleur acteur de la Coupe des Confédérations dont il est aussi le meilleur réalisateur. Adriano (23 ans) est redevenu un trésor, le trésor de l'Inter qui, ces dernières semaines, a failli le perdre. Mais depuis le 12 juin, jour de la finale aller de la Coupe d'Italie, le club milanais a bombé le torse et programmé son futur avec son Brésilien. L'Inter a serré les dents car il n'était pas facile de faire face à la concurrence, réelle et déterminée. Ce qui est arrivé en 2002 avec Ronaldo, parti au Real Madrid, pouvait très bien se répéter une fois encore. Mais l'Inter, Nike et Pirelli se sont unis afin qu'Adriano devienne l'image du club pour plusieurs saisons. Toutes les parties intéressées avaient décidé de mettre le nouvel accord noir sur blanc après la Coupe des Confédérations. Pour l'Inter, le futur d'Adriano était interiste ; pour Pirelli, c'était celui d'un homme image comme l'était Ronaldo ; pour Nike, un capital à gérer et à alimenter. Mais ce n'est pas tout : pour Roberto Mancini, l'entraîneur des Nerazzurri, il constitue la force de frappe de son équipe qui ambitionne le titre italien et la Ligue des Champions ; pour Carlos Alberto Parreira, le sélectionneur du Brésil, il est l'homme-goal à mettre en évidence à la Coupe du Monde en Allemagne ; et pour la concurrence, principalement Chelsea et le Real Madrid, il représente un rêve devenu inaccessible. Ce dernier point mérite une explication. Mi-avril, Roman Abramovich, le richissime patron de Chelsea, offre 100 millions d'euros en échange de l'attaquant de l'Inter et de la Seleçao. Devant cette montagne d'argent, le club milanais reste serein et annonce qu'il va réfléchir à la proposition. Le joueur en fait autant alors qu'on lui promet un contrat de 10 millions d'euros nets par saison. Difficile à croire mais bon, l'Inter et Adriano en restent là. Le Real Madrid entre alors en jeu. Ne pouvant avancer les mêmes arguments financiers que son homologue londonien, FlorentinoPerez, le président madrilène, propose une transaction sportive. Il offre en échange WalterSamuel, dont la valeur à l'époque est estimée à 28 millions d'euros, SantiagoSolari (6 millions), Guti (8 millions) ainsi que la possibilité d'acquérir LuisFigo (gratuit) ou Michael Owen (12 millions). Après deux mois, la décision tombe : l'Inter dit non et le joueur aussi. Bizarre, car ces semaines n'ont pas été terribles. La fin de saison s'annonçait médiocre pour l'Empereur qui, en raison d'une blessure, a raté les derbies de Ligue des Champions contre Milan et ce même si, pas totalement remis de sa blessure, il a entamé le match retour avant de disparaître comme un fantôme. Mais la roue allait tourner. Le 22 mai, Adriano fait sa rentrée en championnat et inscrit à la Sampdoria (0-1) le goal qui qualifie l'Inter pour la Ligue des Champions ; le 12 juin, il marque les deux buts qui permettent à son club de s'imposer à l'aller (0-2) à Rome et de prendre une fameuse option sur la Coupe d'Italie. Bref, la fin de saison se révèle brillante avant que ne vienne s'ajouter la Coupe des Confédérations et le titre de meilleur buteur (5 goals) avec notamment deux buts et un penalty sifflé pour une faute sur lui en demi-finales contre l'Allemagne. Du coup, MassimoMoratti le président de l'Inter, a ressorti une phrase qu'il avait déjà prononcée quelques semaines plus tôt : " Adriano vaut plus que 100 millions ". Adriano est à l'Inter depuis janvier 2004. Son contrat court jusqu'au 30 juin 2008 et il touche 3,2 millions par saison. L'échéance est encore lointaine et le salaire, s'il est appréciable, est moins élevé que celui que touchent d'autres stars du Calcio. Mais les exigences du club et des sponsors font en sorte qu'il est impératif de prolonger le contrat jusqu'en 2010. Ce projet de l'Inter du futur a été lancé en janvier et a piétiné quand les candidats acquéreurs se sont déchaînés. Car, qu'ils l'avouent ou pas, certains chiffres ont fait tiquer aussi bien le club que le joueur. Depuis, un accord est intervenu. Le manager du joueur, GilmarRinaldi, a annoncé que plus rien ne s'opposait à ce que l'attaquant unisse son destin à celui de l'Inter jusqu'en 2010. Dorénavant, Adriano touchera 5 millions d'euros grâce à l'approbation indispensable des sponsors vu que le club ne peut se permettre certains montants afin de ne pas crever son plafond salarial. Pirelli, qui utilise déjà Adriano comme support du projet extérieur des Inter Campus et lui verse 1,3 million d'euros par an, a l'intention d'en faire le symbole de la firme dans le monde entier. Comme de son côté, Nike, qui lui accorde 2,4 millions d'euros, entend utiliser encore plus l'image du joueur, cela fait que trois colosses se sont unis pour qu'Adriano reste en nerazzurro la saison prochaine. A la Coupe des Confédérations, Adriano n'a pas été brillant d'un point de vue physique mais sa puissance et son sens du but ont été ceux des jours meilleurs. Cette victoire était une véritable obsession pour l'Empereur, qui avait dû renoncer à la finale retour de la Coupe d'Italie, et dont tout le Brésil doutait de la condition physique. En effet, cette saison, Adriano a connu quatre arrêts alors que depuis son arrivée en Italie, en 2001, il n'avait été blessé qu'une seule fois. Le 2 novembre 2003, alors qu'il jouait à Parme, il s'était occasionné une lésion musculaire à la cuisse gauche. Il avait fait l'impasse sur huit rencontres avant de faire sa rentrée le 7 janvier 2004, jour de son dernier match avec le club parmesan, puisqu'à l'occasion du mercato d'hiver, il allait rejoindre l'Inter. La saison 2004-2005 avait très bien débuté pour Adriano. Fin novembre, ses statistiques étaient meilleures que celles de Ronaldo et de Ronaldinho. Pas de doute, le vrai phénomène, c'était lui. La série des contretemps débuta le 18 janvier. Il s'occasionne une élongation au mollet gauche et manque trois matches de championnat et un de Coupe. Le 6 mars, contre Lecce, il se blesse à la tête dans un choc avec un adversaire mais reprend sa place. Le 20 mars, contre la Fiorentina, il a moins de chance : il se fait une élongation au ligament collatéral du genou droit. Enfin, le 12 avril, les médecins diagnostiquent une lombalgie. C'est le coup d'envoi d'une longue série de déclarations, de nouvelles contradictoires et d'ultimatums. D'un côté, l'Inter ne voulait pas qu'il aille à la Coupe des Confédérations et a fait le forcing pour qu'il en soit ainsi. D'autre part, Carlos Alberto Parreira tenait absolument à lui. Le sélectionneur brésilien n'en démordait pas d'autant qu'il devait se passer de Ronaldo, qui avait décliné sa sélection pour raisons familiales. Comme Adriano tenait à porter le maillot de la Seleçao, un terrain d'entente fut trouvé : l'attaquant disputerait le match aller de la Coupe d'Italie et rejoindrait son équipe nationale avec quelques jours de retard par rapport à ses équipiers. Un programme qui a, de toute évidence, ravi les différentes parties. L'Inter tient un trophée même si, en Italie, la Coupe est considérée comme un prix en chocolat ; le Brésil a remporté la Coupe des Confédérations ; et Adriano a prouvé qu'il était un joueur hors pair qui, sans faire de bruit, a quand même inscrit 42 buts cette saison dont la plupart ont été décisifs. Nicolas RibaudoFin novembre, des STATISTIQUES MEILLEURES QUE CELLES DE RONALDO ET RONALDINHO