A l'Académie d'Alcochete, où l'équipe nationale portugaise avait établi son quartier général pour l'Euro 2004, Cristiano Ronaldo se sentait comme chez lui. Produit du Sporting de Lisbonne, c'est dans ce centre de formation qu'il a suivi son écolage footballistique. Chaque jour, il y croisait des personnes qu'il a côtoyées jadis et ne se privait pas d'adresser une petite remarque à l'attention des nouveaux jeunes élèves qui pourraient être ses successeurs.
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A l'Académie d'Alcochete, où l'équipe nationale portugaise avait établi son quartier général pour l'Euro 2004, Cristiano Ronaldo se sentait comme chez lui. Produit du Sporting de Lisbonne, c'est dans ce centre de formation qu'il a suivi son écolage footballistique. Chaque jour, il y croisait des personnes qu'il a côtoyées jadis et ne se privait pas d'adresser une petite remarque à l'attention des nouveaux jeunes élèves qui pourraient être ses successeurs. " Avant de devenir le joueur médiatisé que je suis aujourd'hui, je suis également passé par toutes ces étapes du football juvénile ", expliqua-t-il. " Engager la conversation avec tous ces jeunes, c'est une manière de les encourager. Revenir en ces lieux, avec l'équipe nationale portugaise, était un peu un retour aux sources pour moi. Je croise régulièrement des amis, des joueurs avec lesquels j'ai joué et des personnes qui ont contribué à mon éducation. C'est ici que j'ai grandi, sur le plan footballistique mais aussi humain, et je dois énormément à tous ces gens ". Cristiano Ronaldo, qui est apparu à l'Euro 2004 avec un nouveau look, les cheveux coupés plus courts, a commencé la compétition sur le banc. Il s'y attendait un peu. A 19 ans à peine, et avec seulement cinq sélections à son actif avant le début du tournoi, il ne pouvait revendiquer un statut de titulaire. Il est plutôt considéré comme le petit jeune capable d'apporter un vent de fraîcheur et de déstabiliser l'adversaire par un coup de génie dont il a le secret. C'est pour forcer le sort que LuizFelipeScolari l'a introduit en lieu et place de SimaoSabrosa, à la mi-temps du match inaugural contre la Grèce, alors que le Portugal était déjà mené. Sans succès. Contre la Russie, il monta au jeu à la place du dieu Figo à la 78e minute quand c'était 1-0, et dix minutes plus tard, Ronaldo, sur le flanc gauche, centrait de l'extérieur du pied droit pour Rui Costa, isolé devant le but : 2-0. Dix minutes pour un assist comme remplaçant de Figo... Deux énormes symboles pour l'avenir. " Dans un Championnat d'Europe, chacun a envie de jouer ", disait C. Ronaldo. " Mais il faut comprendre, aussi, que chacun des 23 joueurs du groupe est d'un excellent niveau. Pour ma part, j'essaie de me rendre utile chaque fois que l'entraîneur fait appel à moi. Que ce soit comme titulaire ou comme remplaçant. Je ne fais pas davantage la fine bouche en fonction de la place qu'il m'attribue. Flanc droit ou flanc gauche, peu importe. Je me sens à l'aise dans les deux couloirs ". Cristiano Ronaldo est l'un de ces joueurs pour lesquels les spectateurs se déplacent encore au stade. Selon les opinions, on le traite d'individualiste ou de génie. Il ne résiste pas à la tentation de réaliser une feinte. Et, au besoin, d'enchaîner par une autre. " C'est vrai, je suis individualiste ", reconnaît-il. " Je suis obsédé par le ballon ". Parfois, il exagère, mais il faut le prendre comme il est. Le voir jongler avec le ballon, au début des entraînements, est toujours un régal. Certains disent de lui que c'est un inventeurdefeintes. Lorsqu'il monte sur la pelouse, il essaie régulièrement un nouveau geste. Ses partenaires essaient de l'imiter. Certains y parviennent, d'autres pas. " Je suis ainsi. Parfois, je ne sais pas moi-même comment m'est venue l'idée de tel ou tel geste. C'est instinctif et c'est aussi, pour moi, une manière de me divertir. Je respecte les personnes qui me traitent d'individualiste. Chaque opinion est respectable et je sais pertinemment que le football est un sport collectif. Mais, au sein d'une équipe, les actions individuelles peuvent aussi être importantes, voire même déterminantes. C'est un atout, pour une équipe, de posséder un joueur habile dans le un-contre-un, car cela peut désarçonner un adversaire ". Et d'ajouter : " C'est d'ailleurs, je crois, la raison pour laquelle Manchester United m'a engagé ". Avant le début du tournoi, Luiz Felipe Scolari avait déclaré qu'il aimerait pouvoir compter sur un Cristano Ronaldo aussi brillant que celui qui s'est illustré sur les pelouses de la PremierLeague. Le jeune international n'a pas pris cette remarque négativement. Plus comme un encouragement. " L'entraîneur a pour mission de conseiller les joueurs. Je ne pense pas que Scolari ait voulu me critiquer. Je comprends parfaitement que le collectif doit primer sur les intérêts individuels. Mais chaque joueur a ses caractéristiques. Parfois, les choses ne marchent pas comme on le souhaiterait. Il faut, alors, relever la tête et continuer à travailler ". A la question de savoir qui, de Luiz Felipe Scolari ou de SirAlexFerguson, lui adressait le plus de remarques, Cristiano Ronaldo a répondu de manière diplomatique : " Les deux entraîneurs sont différents, ils ont chacun leur manière de travailler. Ils sont tous les deux très forts dans l'art de motiver les joueurs, mais ils le font à leur façon ". Au sujet du fameux ballon Roteiro, le ballon officiel de l'Euro 2004 qui a déjà suscité de nombreux commentaires, Cristiano Ronaldo ne veut pas se montrer trop critique. " C'est un ballon différent, qui est très rapide et qui épouse parfois des trajectoires inattendues. Je comprends qu'il puisse gêner les gardiens de but. Mais, personnellement, je m'en accommode. Un ballon reste un ballon, pourvu qu'il soit rond ". Daniel Devos, envoyé spécial au Portugal" Je ne pense pas que Scolari ait VOULU ME CRITIQUER "