31 août 2012, dernier jour du mercato estival, le gardien de l'équipe de France Hugo Lloris tombe (enfin) d'accord avec Tottenham et quitte Lyon pour la Premier League. Une belle promotion pour le portier de 25 ans, promis à un avenir radieux. Mais c'était sans compter sur le vétéran américain Brad Friedel (41 ans). A la grande surprise des médias français qui voyaient leur protégé dégommer le Ricain en un clin d'£il, c'est bel et bien le bûcheron d'1m88 pour 90 kg qui prend toujours place entre les perches en championnat tandis que le Frenchie se contente de la Carling Cup et de l'Europa League. Une situation qui ne ravit pas Fabien Barthez, monté au créneau pour défendre son compatriote : ...

31 août 2012, dernier jour du mercato estival, le gardien de l'équipe de France Hugo Lloris tombe (enfin) d'accord avec Tottenham et quitte Lyon pour la Premier League. Une belle promotion pour le portier de 25 ans, promis à un avenir radieux. Mais c'était sans compter sur le vétéran américain Brad Friedel (41 ans). A la grande surprise des médias français qui voyaient leur protégé dégommer le Ricain en un clin d'£il, c'est bel et bien le bûcheron d'1m88 pour 90 kg qui prend toujours place entre les perches en championnat tandis que le Frenchie se contente de la Carling Cup et de l'Europa League. Une situation qui ne ravit pas Fabien Barthez, monté au créneau pour défendre son compatriote : " Lloris fait partie des cinq meilleurs gardiens du monde. Il va plus vite que Friedel, il saute plus haut et il très fort mentalement (...) Ce qui se passe actuellement est incompréhensible. " Une punchline de Fabolous Fab à laquelle Friedel n'a pas manqué de répliquer via Twitter : " Je n'ai pas pour habitude de commenter de telles conneries, mais quand quelqu'un que je ne respecte pas me manque de respect, je suis obligé de le faire. Barthez a fait preuve d'ignorance, a manqué de respect et il était déplacé de citer mon nom. " Il faut dire que le Yankee n'est pas du genre à se laisser marcher sur les pompes. Depuis le 15 mai 2004, le kid de l'Ohio n'a pas loupé une seule minute de Premier League, que ce soit à Blackburn, à Aston Villa où maintenant à Tottenham. Un impressionnant total de 310 matches durant lesquels il n'a laissé aucune chance à ses concurrents. Et pourtant, le gaillard peut paraître un peu gauche à première vue. Mais comment alors expliquer une telle longévité ? Friedel est taillé pour le championnat anglais. Solide, il règne en maître dans le jeu aérien tant apprécié outre-Manche - sans doute le point faible de Lloris -, dispose de réflexes sur sa ligne étonnants, est un leader naturel et surtout il n'est jamais blessé. Loin du cliché de l'Américain addict à la junk food, il mène une vie de spartiate et prend soin de son corps. Après la Coupe du Monde 2002, alors qu'il affiche déjà 31 piges au compteur, il se met au yoga qu'il pratique invariablement une heure tous les jours à l'image d'un certain Ryan Giggs, toujours fit à 38 ans bien sonnés. Tout commence à 18 ans pour Friedel. Elu athlète de l'année dans son lycée de Bay Village, Brad part faire un essai dans la prestigieuse équipe de... basket d'UCLA à Los Angeles. C'est là qu'il opte définitivement pour le soccer, une décision qui lui permet d'afficher 82 sélections avec le team US entre 1992 (!) et 2005. Malgré tout, Superman, comme le surnommait Graeme Souness, a connu son lot de galères. Trois fois, le ministère de l'Intérieur britannique refuse de lui accorder un permis de travail. Pas de Nottingham Forest (1993), Newcastle (1994) ou Sunderland (1995) donc mais plutôt les championnats danois (Bröndby), turc (Galatasaray) et américain (Columbus Crew) avant d'enfin débarquer à Liverpool. Anfield Road où il ne dispute qu'une petite trentaine de matches en trois saisons, barré par un certain David Calamity James. Ce n'est finalement qu'à Blackburn qu'il se révèle enfin indiscutable, se permettant même le luxe de marquer un but d'une demi-volée du gauche à la dernière minute d'un déplacement à Charlton en 2004. Fan avoué de Jean-Marie Pfaff, Friedel a créé une Académie de football chez lui, à Lorain dans l'Ohio. Une collaboration a même un temps eu lieu avec le Cercle Bruges avant que le projet ne se casse la gueule. L'Américain a été placé l'an passé en faillite personnelle. Sans doute une autre bonne raison de s'accrocher à son poste de titulaire, histoire de justifier son salaire de 40.000 livres par semaine. PAR JULES MONNIER - PHOTO: IMAGEGLOBEDepuis le 15 mai 2004, Friedel n'a pas loupé une seule minute de Premier League !