Tel une ballerine, Bernardo Silva se donne en spectacle chaque semaine sur les terrains de France. Cette saison, l'élégance de ses dribbles et la finesse de son toucher de balle ont déjà séduit de nombreux amateurs de football. Comme Thomas Lemar, Benjamin Mendy et Kylian Mbappé, il fait partie des révélations de l'AS Monaco cette saison. A la surprise générale, les Rouge et Blanc sont en pole position pour le titre et se sont qualifiés pour les demi-finales de la Ligue des Champions. Kevin De Bruyne n'a sûrement pas oublié de quelle manière Silva & Co ont balayé les Citizens en huitièmes de finale de l'épreuve.
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Tel une ballerine, Bernardo Silva se donne en spectacle chaque semaine sur les terrains de France. Cette saison, l'élégance de ses dribbles et la finesse de son toucher de balle ont déjà séduit de nombreux amateurs de football. Comme Thomas Lemar, Benjamin Mendy et Kylian Mbappé, il fait partie des révélations de l'AS Monaco cette saison. A la surprise générale, les Rouge et Blanc sont en pole position pour le titre et se sont qualifiés pour les demi-finales de la Ligue des Champions. Kevin De Bruyne n'a sûrement pas oublié de quelle manière Silva & Co ont balayé les Citizens en huitièmes de finale de l'épreuve. Bernardo Silva, qui n'a encore que 23 ans, est adulé dans la Principauté. " Il est le meilleur joueur de Ligue 1 mais reste simple et accessible ", affirme Jean Petit, entraîneur adjoint de l'AS Monaco. " C'est un joueur qui peut faire la différence à tout moment, un véritable phénomène ", déclarait récemment Kylian Mbappé à Téléfoot. Pourtant, on ne peut pas dire que l'accueil qui lui fut réservé à son arrivée, à l'été 2014, ait été des plus chaleureux. Les Monégasques venaient de vendre James Rodríguez au Real Madrid et avaient prêté Radamel Falcao à Manchester United. Comment un Portugais inconnu au bataillon pouvait-il compenser les départs de ces deux stars ? Alors qu'il n'était pas encore monté sur le terrain, il était déjà critiqué, pour la simple raison qu'il appartenait à l'écurie de Jorge Mendes. Moins de trois ans plus tard, sa valeur est estimée à 52,5 millions d'euros et il est devenu le meneur de jeu de Leonardo Jardim.Bernardo Silva a grandi à Lisbonne. Fan de Benfica, il avait préféré le centre de formation des Aigles à celui, pourtant plus réputé, du Sporting Clube du Portugal. A l'âge de sept ans, il était repéré par Helena Costa. " Bernardo m'a directement tapé dans l'oeil. C'était un petit garçon aux cheveux longs qui dribblait tout le monde dans un mouchoir de poche ", dit-elle. " Il avait une longueur d'avance sur les autres joueurs de son âge. " Silva suivait la filière des équipes d'âge de Benfica mais sa petite taille lui jouait des tours. Comme il ne recevait pas suffisamment sa chance, il menaçait de s'en aller. Aujourd'hui encore, Helena Costa ne comprend pas pourquoi il n'était pas titulaire chez les jeunes. " Il était très doué balle au pied, c'était un joueur créatif et il occupait bien les espaces. Je n'ai jamais douté de son talent et il le sait. " Heureusement, à 17 ans, Silva croisait le chemin de Fernando Chalana. L'ex-médian offensif de Benfica et Bordeaux le trouvait extrêmement talentueux et lui rendait confiance. Il le surnommait même " Messizinho ", soit le " petit Messi ". Fin 2012 - il avait alors 18 ans - Silva signait son premier contrat professionnel à Benfica mais il était encore jugé un peu tendre pour l'équipe première. On l'envoyait donc jouer à Benfica B, en D2 portugaise, où il brillait. Dès sa première saison, il était élu révélation du championnat et le quotidien sportif A Bola le décrivait même comme " une merveille ". Malgré ces louanges, il ne parvenait pas à séduire Jorge Jesus, l'entraîneur de l'équipe première. Le stratège portugais est, il est vrai, réputé pour ne pas faire confiance aux jeunes. Lors d'un match de préparation, il alignait même Silva à l'arrière gauche. Celui-ci comprenait que d'autres joueurs offensifs passeraient avant lui. " On ne peut pas juger un joueur sur ses seules capacités techniques ", dira Jesus plus tard. " Au cours d'un match, un joueur n'est en possession du ballon que pendant 3,5 minutes. Il doit donc savoir faire bien autre chose que jouer au football. " Silva n'avait pas envie de disputer une nouvelle saison en D2 portugaise et ses jours dans la capitale étaient comptés. Leonardo Jardim lui offrait une sortie de secours : l'ex-coach du Sporting était prêt à l'emmener avec lui à l'AS Monaco. A l'été 2014, Silva était donc loué au club principautaire où, dès sa première saison, il parvenait à conquérir le coeur des Monégasques en inscrivant neuf buts. L'option d'achat était rapidement levée et, au mercato d'hiver 2015, le jeune homme était transféré à titre définitif pour un peu moins de seize millions d'euros. A partir de ce moment-là, les choses s'accéléraient pour Silva. Deux mois après son départ de Lisbonne, il effectuait ses débuts en équipe nationale portugaise face au Cap Vert puis il livrait un excellent Championnat d'Europe U21 en République tchèque. Christian Damiano, ex-adjoint de Claudio Ranieri et spectateur assidu au Stade Louis II, ne considère pas sa réussite comme une surprise. " Il a fait basculer des matches grâce à une habileté technique impressionnante et à son intelligence de jeu. De plus, il mise sur le talent de ses partenaires et c'est cela qui fait de Monaco une équipe aussi spectaculaire. " Jean Petit est convaincu que Silva est promis à un bel avenir. " Il a un profil similaire à ceux d'Iniesta ou de Xavi. De plus, à Monaco, il a simplifié son jeu mais il peut toujours éliminer un homme si c'est nécessaire. " par Arne Blomme - photo Belgaimage