Apprendre le néerlandais n'est pas évident, même lorsqu'on côtoie Tommy Butina sur le banc de l'école. " C'est très, très difficile ", commente Ivan Gvozdenovic. " Ce n'est toutefois qu'une question de temps. De toute façon, ça me paraît indispensable, pour communiquer avec mes coéquipiers et avec mes nouveaux concitoyens. J'essaie de mettre en pratique ce que j'apprends. Le matin, je dis goeie morgen au lieu de good morning. J'essaie de m'exprimer en flamand avec les joueurs belges mais ils parlent trop vite et je ne comprends rien. Dans un an, ce sera mieux ".
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Apprendre le néerlandais n'est pas évident, même lorsqu'on côtoie Tommy Butina sur le banc de l'école. " C'est très, très difficile ", commente Ivan Gvozdenovic. " Ce n'est toutefois qu'une question de temps. De toute façon, ça me paraît indispensable, pour communiquer avec mes coéquipiers et avec mes nouveaux concitoyens. J'essaie de mettre en pratique ce que j'apprends. Le matin, je dis goeie morgen au lieu de good morning. J'essaie de m'exprimer en flamand avec les joueurs belges mais ils parlent trop vite et je ne comprends rien. Dans un an, ce sera mieux ". D'ici là, peut-être n'estropiera-t-on plus son nom. Gvoz-de-no-vic. Les supporters n'ont guère eu l'occasion de s'y habituer car il n'a pas joué beaucoup, au début. " Des remplacements d'un quart d'heure, 20 minutes, pas plus. Peut-être est-ce préférable pour un nouveau mais je n'étais pas heureux de ce statut. Tout a changé : j'ai disputé quatre ou cinq matches importants et les supporters savent que je possède les qualités requises pour défendre les couleurs du Club. Ça m'aide à continuer à bien jouer ". Contrairement à Bengt Saeternes, il ne s'est pas épanché dans les journaux. " C'est ma première saison ici, je dois apprendre. Cette équipe joue ensemble depuis trois ans et tourne bien. Je savais que la concurrence serait âpre. Je me suis juré de rester serein, de montrer sur le terrain ce dont j'étais capable, à l'entraînement et chaque fois que je recevrais ma chance. Faire banquette ne m'amuse pas, mais j'essaie de rester amical à l'égard de l'entraîneur. J'ai pris patience. Je sentais que mon heure viendrait ". L'intégration des footballeurs serbes n'a pas toujours été aussi aisée à Bruges. Anic, Ilic, Mitrovic, Lesnjak et Ristic sont ses amis. " Je sais ce qui s'est passé ", sourit-il. " Tous les Serbes ne sont pas semblables, évidemment, mais peut-être les gens qui travaillent au Club maintenant nous aident-ils davantage qu'avant. Il est possible qu'Anic n'ait pas eu une bonne mentalité, mais la mienne ne pose pas problème. Sinon, je ne serais sans doute pas devenu capitaine de l'Etoile Rouge. Un capitaine doit faire preuve de bon sens, tenir compte des autres, les aider. Je ne suis pas fou, je suis un professionnel normal. Je veux jouer, aider le Club et j'attends de lui qu'il m'aide aussi. Entretenir de bonnes relations est vital. Quand on est honnête, tout se passe bien. Je le suis. Je veux faire mon boulot et jouer. Je dois dire que je m'entends bien avec tout le monde, ici. Je n'ai pas l'impression d'être un étranger, si ce n'est que je ne parle pas encore flamand et que mon anglais n'est pas terrible, mais ce n'est pas un gros problème ". Ivan Gvozdenovic se débrouille bien à Bruges. " Je suis parti vivre seul à Belgrade à l'âge de 14 ans. Je suis originaire de Bor, à 200 kilomètres de la capitale. L'Etoile Rouge nous payait, à moi et à d'autres jeunes, un appartement. Nous avons dû tout abandonner pour un autre monde : une ville inconnue, une nouvelle école, un nouveau club. Ma mère pleurait et mon père a certainement eu un pincement de c£ur, mais il savait que c'était la meilleure chose qui pouvait m'arriver. Au début, ce fut dur. Toutefois, au bout de six mois, je me suis senti chez moi à Belgrade. J'ai rapidement appris à être indépendant. Emigrer en Belgique ne m'a pas posé problème. J'y vis avec ma femme et notre fils Stefan, né il y a un mois. Je suis heureux ici. Bruges est une superbe cité très conviviale, tranquille, dépourvue du stress des grandes villes. Nous sommes amis avec les Jestrovic. Une fois, ils viennent à Bruges, l'autre, c'est nous qui leur rendons visite à Bruxelles. Mon père ressent davantage mon départ. Durant toutes les années passées à Belgrade, il effectuait 400 kilomètres en voiture pour me voir jouer à domicile. Maintenant, il doit se contenter de quelques images sur Eurosport. Je lui téléphone tous les jours et je lui envoie articles et photos par internet ". Ivan Gvozdenovic a été transféré comme alternative à Peter Van der Heyden à l'arrière gauche, mais il éclate un cran devant. " A l'Etoile Rouge, je parcourais tout le flanc dans un 3-5-2. Je peux évoluer à toutes les positions à gauche. Pendant la préparation, j'ai souvent joué à l'arrière gauche mais je préfère être un rien plus offensif ". Le Club connaît des hauts et des bas. Eliminer Dortmund de la Ligue des Champions et battre Milan à San Siro sont des expériences merveilleuses, mais Bruges gaspille tant de points en championnat que c'en devient ridicule. " Je ne sais pas ce qui se passe ", affirme Gvozdenovic. " C'est plutôt à Trond Sollied qu'il incombe d'analyser le problème. Personnellement, je dois simplement veiller à être prêt lorsque l'entraîneur a besoin de moi. Je me demande quand même pourquoi il faut changer à deux ou trois places une équipe qui gagne. Ça ne m'est encore jamais arrivé. Certes, ici, il y a 14 ou 15 très bons joueurs. L'entraîneur modifie peut-être son équipe pour donner une chance à chacun. Il n'y a pas de matches faciles en Belgique. Le championnat est relevé. Chaque équipe est animée par la rage de vaincre. On court, on dispute beaucoup de duels. Le championnat serbe est soigné, techniquement et tactiquement, mais le jeu est un rien plus lent. Ici, on joue très vite, physiquement, durement. Ça m'a causé quelques problèmes mais maintenant, je sais exactement ce que l'entraîneur attend de moi. Si nous voulons conserver une chance de nous qualifier pour la Ligue des Champions, il faut à tout prix nous ressaisir. Je m'attends à un très bon second tour ". Ivan estime avoir fait le bon choix en optant pour Bruges. " Je voulais jouer la Ligue des Champions. Jamais, je n'oublierai mon bonheur, quand nous avons gagné au stade Giuseppe Meazza. Nenad Lalatovic, qui était mon coéquipier à l'Etoile Rouge, a négocié avec le Club aussi avant de préférer Shaktar Donetsk, pour l'argent. Il voudrait aussi se produire en Ligue des Champions mais son club n'est même plus en UEFA : il a été éliminé par le Dinamo Bucarest. Gagner des fortunes rapidement n'est pas toujours l'idéal. J'ai 25 ans. Je ne veux pas brûler les étapes ". Ivan Gvozdenovic a toujours été international dans les catégories d'âge de la Serbie &Monténégro mais il ne compte que sept sélections en équipe A. Ivica Dragutinovic est le premier choix. Le Standardman avait déclaré, en début de saison, que son compatriote débarqué à Bruges serait la révélation du championnat. " Vraiment ?", rit l'intéressé. " Je l'ignorais. Il est un très bon joueur, doté de grandes qualités humaines. Il est un rien plus défensif que moi. Récemment, un journaliste de Belgrade m'a demandé si je ne trouvais pas que je méritais une sélection. Tout le monde me pose la question. Je réponds toujours : -Je suis heureux ici, je dois veiller à bien jouer en espérant recevoir ma chance en équipe nationale. Dragutinovic est un rival de taille mais j'aime ça. Franchement. La concurrence m'oblige à me livrer à fond, à être concentré à chaque séance, à chaque match ". Christian Vandenabeele