En Belgique, on est habitué à dire que les footballeurs hollandais sont très arrogants... parce qu'ils sont sûrs d'eux. Sur la planète sportive, il n'y a qu'une espèce de participants qui dame le pion à nos voisins du nord : les Américains.
...

En Belgique, on est habitué à dire que les footballeurs hollandais sont très arrogants... parce qu'ils sont sûrs d'eux. Sur la planète sportive, il n'y a qu'une espèce de participants qui dame le pion à nos voisins du nord : les Américains. On peut les diviser en deux catégories. Ceux dont le regard est tellement bourré de killer instinct qu'ils ont un masque vachard et sont classés ad vitam aeternam dans la catégorie des gros antipathiques. C'est le prix citron, couleur du sixième maillot de Lance Armstrong. Mais il y a aussi les Américains au regard pétillant dans leur baby face fendue d'un grand sourire. Le nouveau défenseur du Standard Ogushi Onyewu, venu de La Louvière, en fait partie. Il est sympa et mérite déjà un prix orange bien qu'il joue en rouge. Armstrong fait penser à l'athlète finlandais Lasse Viren qui avait réussi le doublé 5.000-10.000 mètres aux Jeux Olympiques de Munich 72 et Montréal 76. Une prouesse inouïe qui se rapproche des six victoires d'Armstrong sur le plan de la légende quand on sait que lors du 10.000 mètres de Munich, il fut projeté au sol à mi-course mais se releva et gagna l'or en battant le record du monde ! Viren faisait déjà comme Armstrong. Il ne se préparait que pour un objectif bien précis et s'entraînait comme un malade : il courait 8.000 kilomètres par an. Et le public lui réservait le même traitement que pour Armstrong : il gagnait, donc il se dopait en recourant à des transfusions illégales de son propre sang (méthode indétectable qui revenait à l'époque à se doper à l'EPO). Quand on lui en parlait, Viren rigolait et disait qu'il se contentait de boire du lait de renne. Armstrong ne rigole pas quand on lui demande s'il se dope. Une des choses qu'il faut admirer chez l'Américain, c'est son cran. Alors que depuis le 11 septembre les s£urs Williams hésitent encore à prendre l'avion et que pas mal de sélectionnés américains pour les Jeux Olympiques d'Athènes (notamment dans le Dream Team) ont dit non merci par crainte des attentats, Armstrong a gravi l'Alpe d'Huez en faisant frotti-frotta avec des milliers et des milliers de personnes qui auraient bien pu lui faire un sort. Mais plus rien ne fait encore peur à Armstrong. Sorti à coups de méga chimiothérapies d'un cancer qui avait fait dire à ses premiers médecins qu'il serait fatal, il sait ce que souffrir veut dire. Son entraînement est constant tout au long de l'année et il navigue en permanence à un haut degré de forme en surveillant constamment son poids. Quant à savoir si ses victoires s'expliquent seulement par le talent et l'entraînement, c'est une autre histoire. Si, en ce qui concerne Viren, des confessions d'équipiers sur le dopage sanguin firent l'objet d'articles des années après son double doublé, les témoignages sur le fait qu'Armstrong se charge sont déjà courants... mais il n'a encore jamais été positif. Onyewu aurait pu participer aux Jeux d'Athènes. Membre de l'équipe olympique américaine, il n'avait pas été libéré par La Louvière l'hiver dernier pour disputer les matches décisifs. La tour de Sclessin (1m92) a dix ans de moins qu'Armstrong et sait que l'avenir se construit patiemment. Toujours sous contrat avec le FC Metz, il commence à se faire un nom en Belgique et pas seulement grâce à ses rentrées en touche kilométriques. Fait remarquable chez lui, contrairement aux footballeurs européens, il part du principe que le meilleur entraînement est de jouer. C'est une pratique couramment diffusée outre-Atlantique où le principal entraînement hors saison pour les sports collectifs est de pratiquer ladite discipline. En basket, par exemple, tous les gymnases sont occupés en été, les joueurs de NBA et de NCAA s'y livrant d'incessants matches informels. Et on ne compte même pas les tournois estivaux auxquels prennent part pro et meilleurs universitaires. Onyewu, lui, s'est entraîné à DC United, un club pro de Washington où il fit ses premières armes. par John BaeteLe masque d'Armstrong ou LE SOURIRE D'ONYEWU ?