Des trois Argentins qui évoluent à Anderlecht, Nicolas Pareja est celui dont on parle le moins. Pourtant, au pays de la pampa, certains journalistes considèrent que c'est lui qui est le plus susceptible d'endosser, un jour, le maillot de l'équipe nationale...
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Des trois Argentins qui évoluent à Anderlecht, Nicolas Pareja est celui dont on parle le moins. Pourtant, au pays de la pampa, certains journalistes considèrent que c'est lui qui est le plus susceptible d'endosser, un jour, le maillot de l'équipe nationale... Nicolas Pareja : Oui, c'est normal. J'ai un rôle plus obscur, comme tous les joueurs qui évoluent derrière... Je suis rarement impliqué dans des actions spectaculaires, et dès lors, j'apparais de façon plus discrète. Pourtant, je voudrais souligner que, la saison dernière, Anderlecht avait remporté le titre grâce à la meilleure défense du championnat. Je pense donc avoir des mérites, moi aussi. Sans problèmes. L'important est que l'équipe gagne, même si je passe inaperçu. La saison dernière, après un premier tour un peu laborieux, on était monté en puissance et on avait fini par atteindre l'objectif principal : la conquête du titre. Espérons que ces gens aient raison. C'est vrai que Roberto Ayala s'est retiré, et que cela laisse une place libre en défense centrale. Mais malgré tout, c'est difficile d'attirer l'attention du sélectionneur lorsqu'on joue en Belgique, car la Ligue Jupiler n'est pas la plus médiatisée. En outre, j'ai affaire à forte concurrence. Pour donner un exemple : Gabriel Milito, qui joue au FC Barcelone, est l'un des prétendants. Il y a aussi quelques bons défenseurs qui jouent encore en Argentine. Je dois continuer à travailler, afin de plaider ma cause. Si je ne devais jamais être appelé, ce ne serait pas la fin du monde, mais malgré tout, j'en rêve. Je reste persuadé que je peux être appelé à tout moment. Seulement dans les sélections de jeunes, et même là, j'ai joué de malchance. J'avais été sélectionné pour le prestigieux tournoi Espoirs de Toulon, mais je me suis occasionné une blessure musculaire juste avant le départ et j'ai dû rester à la maison. Aujourd'hui, j'ai passé l'âge de jouer en Espoirs. L'objectif doit être l'équipe nationale A. On verra si j'y arriverai. Si je donne le maximum en match et à l'entraînement, j'aurai au moins la conscience tranquille. C'est ce que je m'efforce de faire. En Argentine, malgré tout, car le sélectionneur est sur place. En outre, on voit les matches du championnat argentin à la télévision, ce qui n'est pas le cas du championnat de Belgique ? Pour le défi sportif qu'Anderlecht me proposait. J'ai eu envie de le relever. Il y avait un bon bout de temps que j'avais envie de jouer en Europe, et pas seulement pour l'aspect financier. Lorsqu'est arrivée la proposition d'Anderlecht, elle m'a plu. Quasiment rien. Les buts des joueurs argentins, c'est à peu près tout. Même si, de temps en temps, on commence à parler un peu d'Anderlecht dans mon pays. Ce fut une énorme déception. Inutile de remuer le couteau dans la plaie, on ne réécrira pas l'histoire. Désormais, on doit se concentrer sur le championnat de Belgique et sur la Coupe de l'UEFA. Cela peut aussi être une épreuve intéressante pour Anderlecht. Je ne le pense pas. Lucas était aussi déçu que moi, et que tous les autres joueurs anderlechtois, mais je peux vous assurer qu'il a toujours la tête au Parc Astrid. Il continuera à tout donner pour l'équipe, qu'il y ait des matches européens au programme ou pas. Au début, j'ai dû subir une opération au genou. Il m'a fallu du temps pour atteindre mon meilleur niveau. Mais je pense avoir démontré mes qualités lors du deuxième tour. Oui, je ne rencontre aucun problème. Je me sens bien et je pense évoluer actuellement à un niveau très acceptable, dans la continuation de la fin de saison dernière. Je ne dois pas, pour autant, m'endormir sur mes lauriers. Il y a encore des choses à améliorer. Un peu tout. Un footballeur ne peut jamais prétendre qu'il a atteint la perfection, et dès lors, il doit continuer à travailler pour s'en rapprocher. Que l'on ait 25 ou 30 ans, il y a toujours des choses à améliorer. Non, effectivement. Actuellement, on n'atteint pas le niveau de jeu qui était le nôtre en fin de saison dernière. En outre, on perd des points face à des équipes largement à notre portée, comme Dender ou Zulte Waregem. Il faut remédier à ce problème, se concentrer à 100 % pendant 90 minutes à chaque match. Et cela commence par la concentration à l'entraînement. Ce n'est pas facile. Je trouve qu'elles sont parfois exagérées. Je n'avais pas l'habitude de cela. En Argentine, je jouais dans une équipe moyenne. Si on gagnait c'était bien, si on perdait c'était dommage, mais on n'était pas la cible de toutes ces critiques. A Anderlecht, on est parfois attaqué très durement dans la presse, mais en tant que joueur professionnel, il faut pouvoir l'accepter. C'est le lot des grandes équipes. On a envie de faire taire ces critiques, mais on n'a pas besoin de cela pour être motivé. Un professionnel doit donner le maximum en toutes circonstances. Et, en ce qui me concerne, j'aimerais autant ne pas entendre ces critiques. Oui. Dans un petit club comme Argentinos Juniors, on ne connaît pas ce genre de tracas. Ce que je ne comprends pas, c'est que les critiques étaient déjà présentes lorsqu'on avait 13 points sur 15. Le niveau de jeu laissait à désirer, je le concède, mais le bilan chiffré n'était pas mauvais. Oui, il faut avouer que c'était des rencontres très difficiles pour nous et que nous nous en sommes sortis par le chas de l'aiguille. Certains ont parlé de chance. Moi, je préférerais parler de caractère. Car, dans les moments où nous n'en menions pas large, nous avons su faire front. Nous sommes capables de faire notre autocritique : nous sommes parfaitement conscients que nous n'avons pas été brillants, mais lorsque le jeu n'est pas fluide, l'important est de pouvoir prendre les trois points. Je ne sais pas. On est peut-être un peu tôt dans la saison. La saison dernière, c'était pareil : on ne jouait pas bien non plus, au début. Cela devrait s'améliorer au fil des matches. On a quelques nouveaux joueurs, qui n'ont pas encore trouvé leurs marques. On a aussi l'un ou l'autre joueur blessé, comme Nicolas Frutos, qui est important. Et Mémé Tchité est parti. C'est un ensemble de circonstances qui font en sorte que l'on traverse une période difficile. Mais c'est tous ensemble qu'on s'en sortira. C'est vrai que les nouveaux sont moins nombreux, mais malgré tout, il y en a. Et leur adaptation n'est sans doute pas encore parfaite. C'est vrai que la saison dernière, on n'a pas souvent aligné deux fois d'affilée la même équipe durant le premier tour, à cause des blessures, des changements tactiques et d'autres circonstances. Au deuxième tour, on avait une équipe-type et on était parvenu à se trouver les yeux fermés. Cette saison, je ne sais pas s'il faut véritablement attendre un élément précis pour provoquer un déclic. On s'améliorera avec le temps, c'est un processus de longue haleine. On progressera à force de jouer des matches ensemble, lorsque les automatismes seront plus présents et que la confiance reviendra. Le retour de Frutos peut contribuer à l'amélioration, mais il ne faut pas se camoufler derrière des excuses pour expliquer nos prestations actuelles plus faiblardes. Je n'irai pas jusque-là, mais il est normal que lorsque tout ne tourne pas comme on le souhaiterait, on se pose des questions. Oui, c'est surprenant, effectivement. Les attaquants éprouvent des difficultés à trouver le chemin des filets. Après tout, peu importe qui marque, pourvu qu'on marque. Or, ces derniers temps, on marque trop peu. Comment remédier à ce problème ? En se retroussant les et en aidant nos coéquipiers en difficultés. C'était un joueur important pour l'équipe. Le club et lui-même ont fait une bonne affaire avec ce transfert, il faut donc l'accepter. Cela fait partie du football : lorsqu'un joueur s'illustre, il est sollicité et s'en va dans un championnat plus huppé. Ceux qui restent doivent essayer d'élever leur niveau. L'équipe possède suffisamment de talent en ses rangs. On est en mesure d'aligner des joueurs aux qualités individuelles indéniables et je crois qu'on a déjà démontré, par le passé, qu'on formait également un bon groupe. On peut s'en sortir tout seuls, sans aide extérieure. C'est à nous à faire l'effort. Après avoir passé l'écueil du Rapid Vienne, il faut se concentrer sur le championnat afin de remporter un nouveau titre. C'est la moindre des choses, au point où l'on en est. par daniel devos- photos: reporters