Chaque pays a son LionelMessi. En Algérie, il s'appelle Abdelmoumene Djabou. L'Asiatique se nomme Seung-Woo Lee, le Turc Recep Niyaz. Et le Belge, c'est Eden Hazard. Le seul véritable était en larmes, dans la nuit de dimanche à lundi. Il venait de perdre sa quatrième finale de Copa America avec l'Argentine. Il s'est présenté en premier pour les tirs au but qui devaient ramener le trophée à son pays, pour la première fois depuis 1993. Il a échoué. Il y a un an, le même duel entre le Chili et l'Argentine s'était déjà joué aux tirs au but.
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Chaque pays a son LionelMessi. En Algérie, il s'appelle Abdelmoumene Djabou. L'Asiatique se nomme Seung-Woo Lee, le Turc Recep Niyaz. Et le Belge, c'est Eden Hazard. Le seul véritable était en larmes, dans la nuit de dimanche à lundi. Il venait de perdre sa quatrième finale de Copa America avec l'Argentine. Il s'est présenté en premier pour les tirs au but qui devaient ramener le trophée à son pays, pour la première fois depuis 1993. Il a échoué. Il y a un an, le même duel entre le Chili et l'Argentine s'était déjà joué aux tirs au but. Il avait alors converti le sien mais d'autres compatriotes avaient échoué. Déçu par tant d'impuissance et frustré pendant le tournoi par toutes les errances du football argentin, sous curatelle de la FIFA, Messi a mis un terme à sa carrière internationale, sous le coup de l'émotion ou après réflexion. Aussi grand soit-il en Europe, il ne surpassera jamais DiegoMaradona dans son pays. L'amateur de football en nous espère qu'il changera d'avis et que dans deux ans, l'Argentine tentera de ravir une nouvelle médaille d'or, avec Messi. Quelques heures plus tôt, le Messi belge, lui, avait étalé son art. Pas pour la première fois sous le maillot des Diables Rouges ni dans ce tournoi mais pour la première fois de manière aussi manifeste. Un de ses coéquipiers a ensuite dit que quand Eden voulait quelque chose, il l'obtenait. Il a agi, d'abord pour pouvoir jouer vendredi dans le stade flambant neuf du LOSC. Mais aussi pour aider son pays à enlever le trophée. Dimanche, la résistance a été moyenne. Des médians de Ferencvaros, un arrière droit de Videoton. Il faut nuancer la prestation tout en ajoutant que si on n'impose pas d'emblée un rythme soutenu à ce genre d'équipe, ça devient difficile. Les Belges n'ont pas sombré dans la facilité, ils ont été attentifs, motivés. Ils veulent ce tournoi, un prix, une finale. Qu'ils veulent gagner. Nous saurons si c'est possible le 10 juillet vers onze heures. Ou vendredi déjà, contre GarethBale et Cie, à la même heure. On a beaucoup critiqué les Diables Rouges depuis la Coupe du Monde. Ils n'ont perdu que trois matches officiels sur 50 sous la direction de Marc Wilmots. Contre l'Argentine, le Pays de Galles, l'Italie. C'est top. On a pourtant critiqué son approche, le jeu peu fluide des Diables Rouges, leur manque d'automatismes. Tous les sélectionneurs le constatent durant ce tournoi : le stress est énorme, les attentes élevées et les critiques acerbes. Faute de scandales - les Français ont eu leur affaire Benzema, les Espagnols De Gea, on s'en est pris à une cigarette mais surtout au jeu. Alors que les observateurs réclamaient des victoires nettes assorties d'un beau football, les Diables prônaient la culture de la victoire. Peu importe la manière. Même si leur coach avait dit qu'après le Mondial, où les Belges étaient crispés par le stress d'un premier tournoi, il opterait pour un plus beau football. On l'a attendu en vain, les chantiers sont restés en l'état et la critique a suivi. Une critique que le sélectionneur a su cadrer, son entourage moins. Il a même sembler craquer après l'Italie. Le neuf sur neuf qui a suivi a adouci la douleur. Dimanche soir, pour la première fois durant ce tournoi, nous avons vu une équipe compacte, disciplinée, qui a harcelé l'adversaire pour utiliser les espaces avec vivacité. La Hongrie a possédé le ballon en première mi-temps mais les occasions ont été belges. Après l'Italie, Wilmots a discuté avec ses Diables. Ils ont relevé le gant. Ça c'est fait au détriment de MarouaneFellaini, le meilleur buteur du tour préliminaire, celui qui avait aussi tiré les Belges d'affaire au Brésil. Il le vit difficilement mais ne peut que s'incliner. Le système est en place, le plan B est réservé aux urgences. Après une préparation pleine d'obstacles, Wilmots a opté pour une bonne organisation et un gardien fiable. Offensivement, il semble compter sur les éclairs individuels. RomeluLukaku doit continuer à parier sur les actions des autres. Il faut bien s'en accommoder jusqu'ici. Wilmots et la fédération auraient pu régler le problème autrement en élargissant le staff après la Coupe du Monde. En optant pour un entraîneur spécifique concernant notre division offensive, par exemple. Mais ils ont choisi une autre voie. C'est possible, évidemment, quand on a un clone de Messi. Celui-ci ne se plaindra pas d'une chose : les conditions de travail. Ces Diables Rouges abordent les matches dans les meilleures conditions. Ensuite, c'est à eux de jouer. A la free style generation. L'imagination au pouvoir. N'en profitons-nous pas tous ? PAR PETER T'KINTTous les sélectionneurs le constatent durant ce tournoi : le stress est énorme, les attentes élevées et les critiques acerbes.