La semaine passée, c'est un Ange Postecoglou (52 ans) manifestement fatigué qui a annoncé qu'il mettait un terme à son poste de sélectionneur des Socceroos. Il a donc jeté l'éponge une semaine après avoir qualifié l'Australie pour le prochain Mondial. Il ne faut pas sous-estimer l'importance de Postecoglou pour le football australien : il est un des meilleurs entraîneurs du pays et il a le grand méri...

La semaine passée, c'est un Ange Postecoglou (52 ans) manifestement fatigué qui a annoncé qu'il mettait un terme à son poste de sélectionneur des Socceroos. Il a donc jeté l'éponge une semaine après avoir qualifié l'Australie pour le prochain Mondial. Il ne faut pas sous-estimer l'importance de Postecoglou pour le football australien : il est un des meilleurs entraîneurs du pays et il a le grand mérite d'avoir réussi à faire jouer l'équipe nationale autrement. Les Australiens avaient atteint les huitièmes de finale du Mondial 2006, sous la direction de Guus Hiddink, face à l'Italie, grâce à un football très physique, personnifié par Mark Schwarzer, Brett Emerton, Mark Viduka et Tim Cahill. Cette prestation historique n'a toutefois pas eu de suite. En 2013, Postecoglou a repris l'équipe. Il a poussé quelques anciennes vedettes vers la porte de sortie et a injecté du sang neuf dans l'équipe : Mat Ryan, Aaron Mooy, Tom Rogic... Il a également changé le style de jeu, prônant un football offensif, par le biais de combinaisons. Il a pris un engagement à l'égard des joueurs : " Je leur ai expliqué que je serais leur bouclier et leur bouc émissaire si ce style de jeu ne fonctionnait pas. " C'était inutile : en 2015, l'Australie a remporté la Coupe d'Asie, pour la première fois de son histoire, en développant un football virevoltant. La campagne de qualification s'est déroulée plus difficilement. L'Australie n'a terminé qu'à la troisième place de sa poule, le Japon et l'Arabie saoudite se qualifiant directement. Elle a dû disputer des matches de barrage contre la Syrie et le Honduras. On pense que si Postecoglou renonce à son poste, malgré la qualification, c'est parce qu'il n'est pas convaincu que son pays dispose d'assez de qualités pour jouer un rôle significatif au Mondial. Ses joueurs se sentent orphelins. Ou, comme Mat Ryan l'a expliqué sur Instagram : " Je suis choqué et triste. Postecoglou a montré au monde que les Australiens étaient capables de jouer au football. " Steve Van Herpe