Hambourg se meurt. Le HSV, c'est Hambourg Sans Vie. Le Hors Service Verein. Un club à l'agonie. Le poids de l'âge pèse sur des épaules devenues trop frêles. Ce géant est atteint de camptocormie. Il se courbe, il se tasse. Il baisse la tête. Pas digne de la deuxième ville de la surpuissante Allemagne. Pas digne du seul club de la surpuissante Bundesliga à n'avoir jamais connu la relégation. Une perf que même le Bayern n'égale pas.
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Hambourg se meurt. Le HSV, c'est Hambourg Sans Vie. Le Hors Service Verein. Un club à l'agonie. Le poids de l'âge pèse sur des épaules devenues trop frêles. Ce géant est atteint de camptocormie. Il se courbe, il se tasse. Il baisse la tête. Pas digne de la deuxième ville de la surpuissante Allemagne. Pas digne du seul club de la surpuissante Bundesliga à n'avoir jamais connu la relégation. Une perf que même le Bayern n'égale pas. Au sommet depuis 1918. C'était la fin de la Première Guerre mondiale. Maintenant, c'est l'état de guerre permanent. Après la défaite contre Berlin, les joueurs ont été canardés de bouteilles de bière. RafaelVan der Vaart a été frappé, le nouveau venu OlaJohn a été séquestré dans sa voiture sur le parking du stade. Libéré par la police à coups de lacrymogènes. Ses larmes à lui étaient de rage et de frustration : " Que suis-je venu faire ici ? ". Les supporters, eux, se demandent ce qu'ils font encore là. A bout, les fans nous rappellent que, de son histoire, le club n'avait jamais connu cela. Sept défaites consécutives. La 6e, c'était contre le Hertha Berlin. La seule équipe qui partageait avec lui ce triste constat. Toujours aucun but inscrit en 2014. Comble d'ironie, le Hertha était l'équipe contre laquelle le HSV avait la plus longue invincibilité de son histoire à domicile. Comble du comble, pire du pire, la semaine précédente, le HSV fut la première équipe à ne pas parvenir à marquer contre Hoffenheim. Stabilité dans la médiocrité. En cause, une instabilité de banc. Depuis six saisons, un seul coach a tenu plus d'un an. ThorstenFink. ArminVeh, lui, est venu mais sur la pointe de ses souliers cirés. Il avait même fait insérer une clause qui lui permettait de partir quand il le voulait. Il l'a fait après huit mois. Puis Bert Van Marwijk est arrivé. Comme Zorro. Mais du bout de son épée, c'est un zéro pointé qu'il dessine dans les sables mouvants de la cité portuaire. Et donc viré le Bertje, jeté dans le port. Van Marwijk a perdu son permis de gagner. Y a pas pire conducteur. Faut dire, appeler un Hollandais pour mettre de la discipline dans le jeu... Y a comme une aberration philosophico-footballistique. Peut-être le souvenir d'un autre Batave. HuubStevens était venu les sauver en 2007. Mais bon, autant Stevens est capable de faire courir des Rollmops en rang par deux, on voit mal Van Marwijk en faire de même. La preuve, depuis deux mois, le HSV encaisse au moins trois buts par matchs. Pire, mercredi dernier, en Coupe, le Bayern lui en a passé cinq. Alors Bert avait décidé de la jouer " barbelés ". Le domicile de chaque joueur était surveillé. Contrôle tous les soirs à 21 h 00. Présence obligatoire et visites interdites après ce couvre-feu. Faut oser. Bientôt la WWF va leur venir en aide. La Ligue des Droits de l'Homme n'est pas loin. Oui mais voilà, un footballeur n'est pas un homme comme les autres. Le monde du foot n'est pas un monde comme les autres. Sinon comment expliquer que le HSV figure dans le top 20 des clubs européens au plus gros chiffre d'affaires. Devant l'AS Rome ou encore l'Atlético Madrid. 134,5M€ de recettes en 2012-2013. Tout cela malgré qu'il soit le seul de ce top 20 à ne pas participer à une Coupe d'Europe. Depuis trop longtemps. On paie les erreurs du passé. Pas de manne européenne mais bien de sales draps. De ceux, dans lesquels les " Divas " ne veulent pas se vautrer. Les stars s'en vont mais ne s'en viennent plus. Grande leçon de capitalisme contrarié. Le sport ne répond pas aux mêmes logiques. Celles dictées exclusivement par l'argent. Hambourg s'embourgeoise mais cela ne l'empêche pas de s'embourber. Malgré les millions injectés par Emirates pour être sur les maillots, ça ne décolle pas mais ça se crashe quand même. Malgré les millions injectés pour le " naming " du stade, le HSV perd son identité. L'extinction du " Dino ", comme on le surnomme, est annoncée. A moins qu'un réchauffement footballistique ne vienne confirmer que l'homme est l'avenir de tout. " Malgré les millions injectés par Emirates, le HSV pique du nez. "