Elle a grandi dans un ghetto, miséreuse, sans la moindre perspective d'une vie meilleure, encore moins quand elle est tombée enceinte à l'âge de douze ans. Mais Christine Ongare est une survivante, comme sa mère, qui a également élevé ses enfants seule, dans la campagne de l'ouest du Kenya, une région...

Elle a grandi dans un ghetto, miséreuse, sans la moindre perspective d'une vie meilleure, encore moins quand elle est tombée enceinte à l'âge de douze ans. Mais Christine Ongare est une survivante, comme sa mère, qui a également élevé ses enfants seule, dans la campagne de l'ouest du Kenya, une région qui compte des milliers de mères adolescentes. " J'ai élevé mon enfant avec l'aide de ma mère mais c'était particulièrement difficile ", dit-elle. Elle a voulu reprendre des études mais n'avait pas d'argent pour payer celles-ci ni aucune autre facture. Elle s'adonnait au football et à la gymnastique mais seule la boxe donnait un sens à sa vie. " Le sport, et la boxe par-dessus tout, ont été ma bouée de sauvetage, les seules choses qui ont apporté un changement positif à ma vie. Ma mère m'a appris que quand on tombe, il faut immédiatement tenter de se relever. C'est ce que j'ai fait en cherchant de bons entraîneurs et en travaillant dur à l'entraînement. " En 2018, la Kényane a décroché la médaille de bronze aux Jeux du Commonwealth et à la fin du mois dernier, elle a réalisé un exploit au tournoi de qualification olympique, en - 51 kilos, à Dakar. A 26 ans, elle a raflé un des trois billets pour les Jeux Olympiques de Tokyo. " Ça va changer ma vie, à tous points de vue. Les Jeux vont m'ouvrir les portes d'une vie meilleure. J'espère que ce ne sera pas uniquement pour moi. Des milliers de filles de ma région rêvent d'une meilleure existence, digne d'un être humain. Et elles la méritent. "