La démonstration brugeoise de la semaine dernière contre Lyon venait à point nommé après la qualification des Diables pour le Mondial. Elle rappelle des vieux clichés du sport: faire son autocritique, ne pas se plaindre, travailler. Toutes choses dont l'équipe nationale s'est souvenue à temps et que Trond Sollied, monstre d'obstination, cultive comme d'autres des rosiers.
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La démonstration brugeoise de la semaine dernière contre Lyon venait à point nommé après la qualification des Diables pour le Mondial. Elle rappelle des vieux clichés du sport: faire son autocritique, ne pas se plaindre, travailler. Toutes choses dont l'équipe nationale s'est souvenue à temps et que Trond Sollied, monstre d'obstination, cultive comme d'autres des rosiers. Mais les épines sont en général pour les adversaires du Norvégien. Son concept fonctionne et a rapidement dépassé des Lyonnais qui n'ont rien compris. Après le match, ils en étaient encore à chercher des excuses du genre: -C'est l'échec d'une équipe technique contre une équipe physique. De grâce! Bruges est bien autre chose qu'une équipe physique. Ses joueurs courent beaucoup, mais jamais à mauvais escient. Ils se déplacent en permanence de façon concertée et étudiée pour créer de l'espace. Ils ont constamment au moins deux options de passe automatique. Et comme ils ont le pied léger, quand l'espace se crée et que le ballon trouve le joueur libre, ça va très vite. L'effet-boomerang est mortel.Ils ont mis quatre buts à l'une des meilleurs équipes françaises du moment et ce n'était pas forcé. Les Brugeois se sont créé plus d'une demi-douzaine de vraies occasions. Et -ce qui ne gâche rien dans un concert de doutes sur la valeur du joueur belge moyen- ils ont quasiment joué toute la partie de jeudi dernier avec huit nationaux!Normalement, Sollied devrait qualifier son équipe pour les quarts de finale de la Coupe de l'UEFA dans une semaine. Joli! Bruges pourrait également profiter de cette lancée triomphante pour prendre nettement la tête du championnat avant la trêve comme l'an dernier. A les voir martyriser les Zèbres dimanche dernier, ils auraient tort de ne pas y penser. Les Blauw en Zwart comptent déjà deux points d'avance sur Gand et ont toujours un match de retard, contre Anderlecht le 21 décembre. D'ici là, ils reçoivent St-Trond et le Standard et vont au RWDM et à Mouscron. Pas un programme démentiel pour une équipe qui a marqué huit fois lors de ses deux derniers matches! Mais Bruges doit aussi vaincre un souvenir douloureux datant de la saison dernière. On sait que son avance fondit comme neige au soleil du fait de grosses lacunes à la réalisation (alors que les occasions étaient toujours là), du malaise (pour cause de possibilité de départ en Angleterre), puis, de la blessure de l'emblématique Gert Verheyen. Et Anderlecht en profita pour remonter lentement mais sûrement au point de remporter le titre. Pour l'heure, en tout cas, Bruges semble à nouveau l'équipe la plus solide de Belgique et ce n'est pas un hasard si l'axe Clement- Simons-Verheyen a fait des merveilles dans le récent playoff de Coupe du Monde. Ces gars-là sont en pleine forme et en pleine confiance grâce au système de jeu appliqué avec la patience et la minutie d'un micro-chirurgien par Sollied. Du côté du Parc Astrid, on suit tout ça avec envie et on commence à comprendre. Quand Anderlecht avait recruté Aimé Anthuenis à Genk, il se gargarisait du football total des Limbourgeois. Mais on a vu par la suite que cette équipe était surtout basée sur l'extaordinaire efficacité en attaque du duo Strupar- Oulare... qui s'est écroulé par la suite dans tous les sens du terme. Chez les Mauves, Anthuenis a également instauré un style de jeu basé sur les qualités de deux avants impressionnants: Koller- Radzinski. A Bruges, le système est beaucoup moins basé sur l'un ou l'autre joueur. Si Verheyen a marqué comme il respirait au Mambourg, c'était plus dû à l'extrême valeur du collectif brugeois qu'à ses qualités spécifiques de buteur. Cela, Anderlecht le sait. John Baete