Elle a 18 ans, est droitière et, il y a quelques semaines, elle est apparue dans le tableau principal du Torneo di Citta à Santa Croce, une bourgade située entre Pise et Florence. Elle n'a quasiment plus de contacts avec ses parents depuis dix ans, elle est constamment en proie à des problèmes de passeport et à la solitude. Mais ce ne sont là que des détails pour Sada Nahimana. La seule chose qui compte à ses yeux, c'est de remporter le prochain match. De tennis. À sa naissance, rien ne laissait présager qu'un jour, elle trimerait pendant trois heures sur un court de Toscane, pour une place au troisième tour. Elle n'avait d'ailleurs quasi aucune chance d'un jour mettre un pied en Italie.

Sada est née au Burundi, un pays d'Afrique de l'Est, parmi les plus pauvres du monde. " La situation de mon pays natal est très mauvaise ", explique la joueuse. Le Burundi est en queue de peloton de toutes les statistiques et de tous les index disponibles pour mesurer l'état d'un pays. Le produit national brut par habitant est le troisième le plus bas du monde. Le pays est 184e sur 188 à l'Human Development Index, qui mesure la pauvreté, l'analphabétisme, l'enseignement et l'espérance de vie. Torture, arrestations arbitraires et abus policiers graves sont légion. Près de la moitié de la population souffre de famine. Il est dès lors très étonnant que ce pays ait donné naissance à une professionnelle du tennis.

Nahimana est originaire de Bujumbura, une ville d'un demi-million de personnes, qui était la capitale du pays jusqu'en décembre 2018. On y trouvait un des rares courts de tennis du Burundi. Sada est la fille du premier moniteur de tennis du pays. Il gagnait deux dollars par heure de cours. Au bout d'un an, elle était la meilleure dans sa catégorie d'âge et elle a intégré une académie sportive à Nairobi, où les enfants de Kibera, une des banlieues les plus terrifiantes du monde, pouvaient rêver d'une autre existence. Elle y a excellé et après un entraînement, à l'automne 2012, à onze ans, on a pu l'admirer dans la vidéo Little African Tennis Star. " Quand j'ai quitté Bujumbura pour la première fois, j'ai su ce que je voulais faire de ma vie. Voyager. Le tennis me semblait la seule voie possible pour réaliser mon rêve. "

Trois ans plus tard, elle a gagné son premier tournoi international pour juniores au Maroc, où elle vivait et s'entraînait. L'été dernier, elle a remporté son premier titre en dames au tournoi de Lagos, doté de 25.000 dollars. En juniores, elle a atteint la douzième place mondiale. En dames, elle occupe actuellement le rang 475. " Il y a énormément de talents ici ", a fait remarquer Serena Williams il y a quelques années, pendant une tournée de promotion à travers le continent africain. " Il est incroyable qu'aucune Africaine ne figure parmi le top cent mondial. " Nahimana veut devenir cette femme.

Elle a 18 ans, est droitière et, il y a quelques semaines, elle est apparue dans le tableau principal du Torneo di Citta à Santa Croce, une bourgade située entre Pise et Florence. Elle n'a quasiment plus de contacts avec ses parents depuis dix ans, elle est constamment en proie à des problèmes de passeport et à la solitude. Mais ce ne sont là que des détails pour Sada Nahimana. La seule chose qui compte à ses yeux, c'est de remporter le prochain match. De tennis. À sa naissance, rien ne laissait présager qu'un jour, elle trimerait pendant trois heures sur un court de Toscane, pour une place au troisième tour. Elle n'avait d'ailleurs quasi aucune chance d'un jour mettre un pied en Italie. Sada est née au Burundi, un pays d'Afrique de l'Est, parmi les plus pauvres du monde. " La situation de mon pays natal est très mauvaise ", explique la joueuse. Le Burundi est en queue de peloton de toutes les statistiques et de tous les index disponibles pour mesurer l'état d'un pays. Le produit national brut par habitant est le troisième le plus bas du monde. Le pays est 184e sur 188 à l'Human Development Index, qui mesure la pauvreté, l'analphabétisme, l'enseignement et l'espérance de vie. Torture, arrestations arbitraires et abus policiers graves sont légion. Près de la moitié de la population souffre de famine. Il est dès lors très étonnant que ce pays ait donné naissance à une professionnelle du tennis. Nahimana est originaire de Bujumbura, une ville d'un demi-million de personnes, qui était la capitale du pays jusqu'en décembre 2018. On y trouvait un des rares courts de tennis du Burundi. Sada est la fille du premier moniteur de tennis du pays. Il gagnait deux dollars par heure de cours. Au bout d'un an, elle était la meilleure dans sa catégorie d'âge et elle a intégré une académie sportive à Nairobi, où les enfants de Kibera, une des banlieues les plus terrifiantes du monde, pouvaient rêver d'une autre existence. Elle y a excellé et après un entraînement, à l'automne 2012, à onze ans, on a pu l'admirer dans la vidéo Little African Tennis Star. " Quand j'ai quitté Bujumbura pour la première fois, j'ai su ce que je voulais faire de ma vie. Voyager. Le tennis me semblait la seule voie possible pour réaliser mon rêve. " Trois ans plus tard, elle a gagné son premier tournoi international pour juniores au Maroc, où elle vivait et s'entraînait. L'été dernier, elle a remporté son premier titre en dames au tournoi de Lagos, doté de 25.000 dollars. En juniores, elle a atteint la douzième place mondiale. En dames, elle occupe actuellement le rang 475. " Il y a énormément de talents ici ", a fait remarquer Serena Williams il y a quelques années, pendant une tournée de promotion à travers le continent africain. " Il est incroyable qu'aucune Africaine ne figure parmi le top cent mondial. " Nahimana veut devenir cette femme.