"J'aimerais qu'on se souvienne de moi comme d'un défenseur solide qui préférait qu'on lui passe sur le corps plutôt que de perdre un ballon ", dit Stefan Leleu. " Je n'étais pas le plus raffiné mais j'étais inébranlable et très fort au duel. Je pliais mais je ne cassais pas. C'était ma marque de fabrique. J'espère surtout qu'on dira toujours de moi que j'étais un chouette gars, qu'on s'amusait bien en ma compagnie. Evidemment, sur le terrain, je suis un emm... parce que je veux toujours gagner et que je ne lève pas le pied. C'est pour cela que je regrette qu'on ait monté en épingle cette affaire avec Patrick Ogunsoto. C'est pourtant simple : je ne suis pas raciste. Avant de passer devant la commission de l'Union Belge, j'ai cherché le mot au dictionnaire et je me suis adressé au centre de lutte contre le racisme et pour l'égalité des chances. Etre raciste, c'est exclure des gens sur base de leur race, couleur, religion, origine ou nationalité. Demandez à Zulte Waregem qui s'occupait de l'accueil des nouveaux et facilitait leur intégration ? Vous pouvez faire des recherches : j'étais dur et il m'arrivait d'intimider mon adversaire direct par des paroles mais je n'ai jamais blessé volontairement personne. Pour ma part, on peut me crier ce qu'on veut : je suis tellement concentré que je n'entends rien ".
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"J'aimerais qu'on se souvienne de moi comme d'un défenseur solide qui préférait qu'on lui passe sur le corps plutôt que de perdre un ballon ", dit Stefan Leleu. " Je n'étais pas le plus raffiné mais j'étais inébranlable et très fort au duel. Je pliais mais je ne cassais pas. C'était ma marque de fabrique. J'espère surtout qu'on dira toujours de moi que j'étais un chouette gars, qu'on s'amusait bien en ma compagnie. Evidemment, sur le terrain, je suis un emm... parce que je veux toujours gagner et que je ne lève pas le pied. C'est pour cela que je regrette qu'on ait monté en épingle cette affaire avec Patrick Ogunsoto. C'est pourtant simple : je ne suis pas raciste. Avant de passer devant la commission de l'Union Belge, j'ai cherché le mot au dictionnaire et je me suis adressé au centre de lutte contre le racisme et pour l'égalité des chances. Etre raciste, c'est exclure des gens sur base de leur race, couleur, religion, origine ou nationalité. Demandez à Zulte Waregem qui s'occupait de l'accueil des nouveaux et facilitait leur intégration ? Vous pouvez faire des recherches : j'étais dur et il m'arrivait d'intimider mon adversaire direct par des paroles mais je n'ai jamais blessé volontairement personne. Pour ma part, on peut me crier ce qu'on veut : je suis tellement concentré que je n'entends rien ". Les témoignages sont cependant nombreux : parmi ses intimidations, Leleu utilisait bel et bien des insultes racistes... Au moins ne sévira-t-il plus en D1. Après le dernier match de la saison dernière contre Lokeren, Francky Dury avait rendu hommage à Leleu : " Le meilleur capitaine que j'aie jamais eu. Un leader fantastique, un grand monsieur, très communicatif, qui impressionnait tout le monde. Il sera toujours le bienvenu chez nous car tout le monde le respecte. Mais il a aussi planté les premiers clous de mon cercueil et m'a donné des cheveux blancs. Qu'on gagne ou qu'on perde, il voulait toujours sortir après les matches. Mais nous voulions être plus professionnels et cela ne pouvait plus durer ". Des mots qui ont eu leur importance et touché le nouveau défenseur central d'Audenaerde en plein c£ur : " Que voulez-vous que je réponde à cela ? Il est quand même dommage qu'on explique toujours les défaites par les sorties d'après match. L'année précédente, on ne disait rien. On estimait même que c'était cela qui faisait notre homogénéité. Nous étions semi pros ; les semaines étaient chargées et nous avions tout de même bien le droit de nous amuser quelques heures ensemble ". Leleu aurait pu rester à Zulte Waregem. " Comme entraîneur des jeunes ", précise-t-il. " C'était très correct comme proposition et cela veut dire qu'on m'appréciait. Manifestement, j'exerçais une influence positive sur le groupe. Mais j'ai préféré partir en beauté. Cette double confrontation avec Newcastle, c'est la cerise sur le gâteau, le couronnement de trois ans de succès. Nous devions confirmer et, malgré les blessures et une campagne de transferts manquée, nous avons bien joué en Coupe d'Europe et face aux grands clubs belges. Je suis content d'avoir vécu tout cela. Le plus beau moment, c'est la victoire en Coupe de Belgique il y a un an. C'était inattendu, j'en ai eu la chair de poule. J'étais le capitaine, c'était à moi de soulever le trophée en premier lieu et d'entendre les clameurs du public. Je n'oublierai jamais l'après match, dans le vestiaire. Ce sentiment d'appartenir à une bande est indescriptible. De l'euphorie pure, rien que du bonheur ". Dès janvier, Leleu avait annoncé que ses activités professionnelles (il est gérant d'une banque et d'un bureau d'assurance) l'empêcheraient certainement d'opter pour une fin de carrière de joueur à temps plein. Il comprend que Zulte Waregem veuille grandir mais il a aussi son avis sur la question. " La victoire en Coupe de Belgique et notre campagne européenne ont accéléré le processus ", avance-t-il. " Il ne faudrait cependant pas oublier d'où nous venons. Si on désire devenir professionnel, il faut que tout le monde suive ". Car ce qui faisait le charme du club, jusqu'à la saison dernière, c'était cet amateurisme professionnel. Et pour Leleu, cela disparaît progressivement : " Lorsque j'ai signé, on m'a dit que les joueurs devaient être très proches du public. Comme Westerlo, nous devions afficher une image de club sympa car une bonne ambiance aide toujours à se surpasser. Cette recette a jeté les bases de notre succès la saison dernière. Tout le monde doit bien comprendre que Zulte Waregem n'est pas un grand club. Combien de clubs belges peuvent d'ailleurs prétendre à ce titre ? Trois ? Cinq maximum ! Il faut connaître sa place dans la hiérarchie, ne pas vouloir courir avant de savoir marcher ". La campagne des transferts fut un échec. " Il faut oser avouer que les transferts furent moins bons que les autres années ", affirme Leleu. " Karel D'Haene et Loris Reina se sont bien intégrés mais quelques valeurs sûres ont déçu. Et nous n'avons pas trouvé les bons joueurs aux places qu'il fallait : dans l'entrejeu et devant. Aliyu Datti, Dragan Mrdja, Juan Diego Gonzalez Vigil Bentin sont des transferts réalisés dans la précipitation, on ne les avait pas suffisamment analysés. Tous ont eu des problèmes à assimiler notre tactique. Je préférais la politique de transfert des années précédentes, lorsque le club misait avant tout sur des joueurs de caractère et disciplinés. Ils avaient tout de même du talent et, surtout, ils pensaient au collectif. Après la blessure et le départ de Cédric Roussel, notre pivot, nous avons eu de sérieux problèmes d'occupation de terrain car, devant, nous n'avions plus que Tim Matthijs. Ce n'était que sa troisième saison en D1 et, soudain, tout le poids de l'attaque reposait sur ses épaules. On ne pouvait pas attendre cela de lui, d'autant que c'est avant tout un joueur de contre-attaque. Pas question de lui reprocher quoi que ce soit. Tant en championnat qu'en Coupe d'Europe, il a fait davantage que remplir son contrat en marquant des buts et en délivrant des assists. Nous espérions que Tosin Dosunmu et Sebastien Siani le soulageraient un peu mais eux non plus n'ont pas apporté ce qu'on attendait d'eux. Il faut trouver le mélange entre les joueurs expérimentés et les jeunes talentueux. Zulte Waregem doit transférer un maximum de joueurs régionaux avec une bonne mentalité car c'est à eux que le public s'identifie ". Dury a plusieurs fois reproché à ses joueurs de ne se préparer qu'en fonction d'un objectif bien précis et de ne pas être capables d'afficher plus de régularité dans leurs prestations. Peut-on parler de conflit entre l'ambition d'un entraîneur voulant terminer entre la sixième et la huitième place et celle des joueurs ? " Pas vraiment ", coupe Leleu. " Il faut aussi voir le potentiel dont nous disposions. Dury est un bon entraîneur, c'est indiscutable. En matière d'entraînement, de préparation de match et d'analyse, y compris de l'adversaire, c'est un crack. Tactiquement, il est fort. Y compris sur la scène européenne, où nous n'avons pas fait figure de boy-scouts. Dury est l'un des meilleurs entraîneurs avec lesquels j'aie travaillé. Grâce à lui, j'ai connu une période fantastique avec un titre en D2, une Coupe de Belgique et une participation à la Coupe d'Europe en guise de récompense. La seule chose que je lui reproche, c'est sa façon de traiter les joueurs. Après une défaite, il lui arrivait d'exploser et de tirer à boulets rouges sur nous en utilisant la presse. Les critiques peuvent tuer quelqu'un. Or, je trouve que c'est justement dans ces moments-là qu'il faut protéger ses joueurs et faire en sorte que les commentaires ne sortent pas du vestiaire. Dury est un mauvais perdant, un volcan qui peut exploser parce qu'il est trop nerveux. Il a les capacités pour entraîner un grand club mais il doit encore mûrir, apprendre à se calmer, à lever le pied. C'est parfois son problème ". Selon Leleu, la politique du conflit menée par Dury dérangeait beaucoup de joueurs : " Il veut aller trop vite. Ce qui m'a dérangé, c'est qu'il s'en soit pris aux piliers de la saison dernière : Pieter Merlier, Stijn Minne, Tjörven De Brul, Stijn Mert, Nathan D'Haemers et moi. Ce n'était pas nécessaire car personne ne s'en trouvait mieux. Il y avait moyen de nous re-motiver autrement car nous savions tous d'où nous venions, nous connaissions nos qualités et nos défauts mieux que personne. Au lieu de nous rendre confiance, il nous a humiliés et nous étions moins sûrs de nous. Il a manqué de psychologie. Parfois, nous nous demandions même pourquoi il sortait ainsi de ses gonds. Heureusement, le groupe était intelligent, les mécontents ne se sont jamais manifestés. Généralement, l'ambiance était d'ailleurs des meilleures. A Waregem, j'avais de vrais amis, c'était une période unique. Nous allions au feu les uns pour les autres, sur le terrain comme en dehors. Partout où j'ai joué, j'ai gardé au maximum deux ou trois copains à qui je téléphone régulièrement. A Zulte Waregem, il y en a au moins dix. Une bande fantastique. Et j'ai toujours essayé d'entretenir cette bonne ambiance ". Il n'a pas oublié que Dury l'a écarté après le match à l'Espanyol : " En principe, le capitaine est le prolongement du coach sur le terrain et il n'y a pas besoin d'être très proches pour cela. Je devais lâcher du lest car je me sentais très mal après que l'entraîneur ait déclaré que j'étais responsable de notre lourde défaite. Or, ce jour-là, personne n'avait été bon. L'Espanyol était tout simplement meilleur. Je suis donc allé boire un verre et on me l'a reproché dans les journaux. A partir de ce moment-là, on a dit que nous ne faisions rien d'autre que boire et faire la fête. Soudain, tout était de ma faute. Je pouvais encore accepter de ne pas être repris le week-end suivant au Club Bruges,... même si cela faisait tout de même très mal car le stade était plein. Mais le pire, c'est qu'on a dit après ça que j'étais sorti aussi avant ce match contre l'Espanyol. Un pur mensonge que l'entraîneur a cru. J'ai essayé de m'expliquer et j'étais très déçu. (Il s'énerve). Allons ! Je sais que l'entraîneur est le patron. J'ai toujours essayé d'être un leader. Mais nous nous étions juré que rien ne sortirait du vestiaire et, soudain, tout était étalé dans les journaux. C'était un coup sous la ceinture. Sans m'en avertir, à la fin de l'entraînement du vendredi, on m'a alors dit que je devrais jouer en Réserves contre Mouscron. Une gifle que je n'oublierai pas de sitôt ". par frederic vanheule