Autoritaire leader en championnat, Anderlecht peut toujours viser aussi les quarts de finale de l'Europa League. Pour ce faire, il devra toutefois résorber un retard de deux buts face à Hambourg. Les Sportingmen n'ont, certes, pas mal joué et ont même inscrit un but extrêmement précieux au Parkstadion. Mais chaque accélération des hommes de Bruno Labbadia leur a fait mal, obligeant Silvio Proto à se retourner à trois reprises.
...

Autoritaire leader en championnat, Anderlecht peut toujours viser aussi les quarts de finale de l'Europa League. Pour ce faire, il devra toutefois résorber un retard de deux buts face à Hambourg. Les Sportingmen n'ont, certes, pas mal joué et ont même inscrit un but extrêmement précieux au Parkstadion. Mais chaque accélération des hommes de Bruno Labbadia leur a fait mal, obligeant Silvio Proto à se retourner à trois reprises. Roland Juhasz : A ce niveau-là, la moindre approximation se paie cash. Le premier et le troisième buts étaient dus à des dégagements imprécis. Sur le deuxième, Ruud van Nistelrooy a réussi à loger le ballon dans un trou de souris. Mais rien n'est perdu car nous sommes parvenus à faire mal à l'adversaire par moments. Un score de 3-2 aurait été plus logique. Avec un peu plus de rigueur défensive et une meilleure finition, nous sommes capables d'inverser la tendance à domicile. Je ne suis pas d'accord. L'Ajax a déjà évolué à cet échelon dans le passé et l'Athletic Bilbao n'est pas le premier venu non plus. S'il y a une différence, c'est le style. Les Néerlandais et les Espagnols sont à dominante technique plus que physique. Chez les Allemands, c'est l'inverse. Le Sporting a toujours éprouvé certaines difficultés face à des équipes de la Bundesliga. Mais je constate un mieux. Il n'y a pas si longtemps, on s'était encore fait balader sur notre terrain par le Bayern Munich. Cette fois, il y a eu davantage de répondant... Une évolution du tout au tout. Lors de notre entrée en matière au Dinamo Zagreb, nous n'avions songé qu'à défendre. L'objectif était de tenir le nul et nous avions finalement réussi au-delà des espérances grâce à un but sur coup franc de Victor Bernardez ainsi qu'à un contre de Romelu Lukaku conclu par Jonathan Legear. Face à l'Ajax, chez nous, la prudence avait été de mise aussi et c'est un peu contre le cours du jeu qu'on a arraché un nul. Avec 4 sur 6, nous étions toutefois lancés et les deux rencontres suivantes contre Timisoara nous avaient boostés. Le moment-clé s'était toutefois situé à l'Arena. Ce soir-là, nous avions pris pour la première fois conscience de nos possibilités. Auparavant, il y avait toujours une certaine hantise de se découvrir. Depuis, il y a toujours eu cette volonté de jouer le jeu. La preuve à l'Athletic Bilbao et à Hambourg. Tout à fait. Lorsqu'on avait tiré l'Olympique Lyonnais en tour préliminaire de la Ligue des Champions, la plupart des suiveurs s'accordaient à dire que nous n'avions pas la moindre chance. Les Français se frottaient les deux mains à l'idée de nous rencontrer. La réalité du terrain leur a donné raison. Ils nous étaient supérieurs et il n'y avait rien à redire à propos de leur qualification. Je reste cependant persuadé que si ce match était à nouveau programmé aujourd'hui, la donne ne serait plus la même. Je ne dis pas que nous l'emporterions. Mais l'OL aurait plus de difficultés avec nous, c'est certain. Et c'est peut-être le principal mérite du Sporting : il y a quelques mois à peine, de nombreuses équipes espéraient tomber contre nous. A présent, le son de cloche a changé. Loin de moi la volonté de prétendre qu'Anderlecht fait peur : il suscite à nouveau le respect. C'est déjà un fameux pas en avant. Je ne suis pas le seul : il y a aussi Lucas Biglia ou Mbark Boussoufa. D'une manière générale, nous avons tous accompli d'énormes progrès ces derniers mois. Ce qui vaut pour les plus anciens est d'application également aux jeunes, tels Lukaku, Legear, Cheikhou Kouyaté et Kanu, par exemple. Ce qui me frappe surtout, au-delà des progrès individuels, c'est notre capacité à faire bloc. Dans le passé, il y avait souvent trop d'espaces entre les lignes. A présent, nous évoluons de manière beaucoup plus compacte. Cette métamorphose se reflète dans les chiffres. Sans quoi nous ne disposerions pas de la meilleure défense et de la meilleure attaque. Sa titularisation m'a permis de retrouver ma place de prédilection au stopper côté gauche. C'est le poste que j'avais occupé à mes débuts avec Nicolas Pareja. Et c'est là aussi que j'ai toujours joué en sélection nationale. Certains observeront, peut-être, que la différence n'est pas fondamentale. Mais, pour moi, elle est importante en ce qui concerne le jeu long. En tant que pur droitier, je suis sûr de pouvoir distiller de bonnes balles en profondeur, croisées ou non, de mon bon pied. En revanche, un ballon en diagonale de mon gauche a plus de chance de sortir des limites. D'autre part, et hormis sur coup franc ou corner, très peu de centres sont délivrés depuis la ligne du fond, la plupart des attaquants adverses reviennent dans le jeu, voire sur leurs pas, avant de céder le ballon. Dans ces cas de figure, je me retrouve à nouveau sur le pied droit. Nico et moi étions complémentaires. Il avait pour lui la vitesse, les jaillissements à l'avant et une autorité naturelle. Moi, je possédais le jeu de tête, le gabarit et un bon placement. J'ai toujours ces qualités mais l'expérience en plus, qui me permet, aujourd'hui, de me profiler davantage en leader. Surtout auprès d'Ondrej, qui a 21 ans à peine. C'est un garçon très réceptif en plus de ses atouts. Pour un arrière, il commet très peu de fautes. C'est dû à un sens du placement ainsi qu'à une faculté d'anticipation exceptionnelle. Il a l'art aussi de pouvoir délivrer d'excellents services dans la verticalité alors que je ne m'y hasarde pas trop. C'est pour toutes ces raisons que nous nous complétons bien. De plus, nous nous entendons à merveille en dehors des terrains aussi. Mon âge n'y est certainement pas étranger. J'avais juste 22 ans au moment de débarquer à Anderlecht en 2005. Et, par-dessus tout, je ne disposais que d'un vécu de trois saisons comme défenseur. J'avais encore tout à apprendre, car mon horizon s'était essentiellement limité au MTK Budapest et à des piges en équipe nationale. Comment aurais-je pu m'ériger en véritable boss dans de telles conditions ? En l'espace de cinq ans, la situation a évidemment changé. Durant ce laps de temps, j'ai quand même eu l'occasion de me frotter à de grands attaquants comme Didier Drogba, Zlatan Ibrahimovic ou encore van Nistelrooy. Ces confrontations-là vous confèrent automatiquement une tout autre dimension. D'autres facteurs ont influé également. Par rapport à mes débuts, je suis le seul à avoir été maintenu dans l'axe au Sporting. Olivier Deschacht était déjà titulaire aussi mais sur le flanc. Ce n'est pas tout à fait la même chose car l'impact sur l'équipe n'y est pas pareil. A l'époque où le manager m'avait sondé pour la première fois sur mes intentions, je n'étais pas au mieux. I had bad feelings. Je digérais toujours mal les contretemps de 2009. Il y avait d'abord eu les playoffs perdus face au Standard, puis l'éviction européenne par l'Olympique Lyonnais et, pour terminer une défaite par 4-2 au Club Bruges. Je m'étais fait la réflexion que c'était à nouveau mal engagé. Je n'étais d'ailleurs pas le seul à le penser. Bous était fort déçu également. Après coup, quand on a analysé cette rencontre, il y a toutefois eu une prise de conscience collective. J'entends encore Jelle Van Damme dire : - C'est pas possible de jouer de la sorte. Ce revers aura finalement été le déclic, cette saison. Par la suite, tout s'est enchaîné : un 31 sur 33 en championnat, puis les prestations en Europa League. Au-delà des chiffres, il y avait aussi la manière. Ce que nous avons montré au Standard ou encore au Germinal Beerschot, c'était du grand Anderlecht. Et même du super-Anderlecht contre l'Athletic Bilbao, chez nous. Dans ces conditions, les données changent complètement. C'est vrai, que je ne suis plus pressé de partir. S'il y a une bonne offre, susceptible d'agréer toutes les parties, je serais évidemment sot de ne pas l'examiner. Mais je n'en fais pas une obsession. Je ne sais pas si nos cas sont vraiment comparables. Il ne faut pas oublier qu'il avait déjà joué en Norvège et en Angleterre avant d'aboutir à Anderlecht. Moi, j'en suis à ma première expérience à l'étranger. J'ai bel et bien l'impression également que le contexte a changé. Au bout de quatre ans en Belgique, il avait sans doute le sentiment d'avoir tout vécu et de ne plus pouvoir progresser. Je suis ici depuis 2005 et j'ai la nette conviction que le niveau d'ensemble s'est bonifié. D'ailleurs, les résultats européens l'attestent. Indépendamment de nous, le Standard a fait fort aussi. Et Bruges a été héroïque face à Valence. D'autres clubs prennent du galon également. Je songe à La Gantoise par exemple, qui se bonifie. Et il faudra compter aussi avec Genk et le Germinal Beerschot dans le futur. Ils ont peut-être raté les playoffs 1 cette saison mais ils répondront sûrement présents en 2010-2011. Dans les circonstances actuelles, je préférerais évidemment que le championnat se termine ( il rit). Le système a du bon, dans la mesure où les meilleurs se rencontrent une fois de plus par matches aller et retour. Cela augmente le niveau. Il est toutefois dommage que l'état des terrains constitue un frein. Le football en hiver n'aura vraiment pas été une réussite cette saison. Et je ne pense pas que l'obligation d'une pelouse chauffée changera grand-chose la saison prochaine.