On n'entend plus que Bénabar sur toutes les radios avec son C'est l'effet papillon, petites causes, grandes conséquences. Dans un autre hit-parade, deux clubs belges ont retrouvé une partie de leur ancienne superbe européenne. Les émissaires étrangers se pressent dans leur sillage en se souvenant de nos stars d'autrefois comme on égrène un chapelet : Eric Gerets, Simon Tahamata, MichelPreud'homme, Raoul Lambert, Roger Van Gool, Julien Cools, Arie Haan, Ludo Coeck, Frankie Vercauteren, Rob Rensenbrink, etc.
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On n'entend plus que Bénabar sur toutes les radios avec son C'est l'effet papillon, petites causes, grandes conséquences. Dans un autre hit-parade, deux clubs belges ont retrouvé une partie de leur ancienne superbe européenne. Les émissaires étrangers se pressent dans leur sillage en se souvenant de nos stars d'autrefois comme on égrène un chapelet : Eric Gerets, Simon Tahamata, MichelPreud'homme, Raoul Lambert, Roger Van Gool, Julien Cools, Arie Haan, Ludo Coeck, Frankie Vercauteren, Rob Rensenbrink, etc. Ce sont autant de reliques d'une époque lointaine, celle de la Belgique joyeuse des seventies et des eighties. Les finales européennes avaient alors des accents reconnaissables entre mille : les nôtres qu'ils soient d'Anderlecht, de Bruges ou de Liège. Après des années de disette, peut-on rêver d'un remake de ces exploits ? Pourquoi pas mais il faut mesurer que les temps ont changé. En 1975-1976, Anderlecht alignait des stars dont deux phénomènes néerlandais, Haan et Rensenbrink. Quel club belge pourrait actuellement garder Rensenbrink plus de six mois ? A cette époque-là, Haan avait remporté trois Coupes des Champions avec l'Ajax d'Amsterdam, pris part à la première de ses deux finales de Coupe du Monde (74 et 78). Les Mauves ne manquaient ni de talent, ni de lettres de noblesse. Ce capital leur a permis d'éliminer les... quatre (!) adversaires qui s'étaient dressés sur la route menant à la finale de la Coupe des Coupes : Rapid Bucarest, Borac Banja Luka, Wrexham et Zwickau. Ce ne fut pas une promenade de santé mais il y avait pire comme programme. La finale fut de toute beauté (succès 4-2 contre West Ham au Heysel) et Anderlecht faisait partie de la crème du foot européen de cette époque avec sur cette lancée, des matches de gala comme des prestations inoubliables en Supercoupe européenne contre le Bayern Munich ou Liverpool. En 1981-82, le Standard ne joua que huit matches face à quatre adversaires en tout (Floriana La Valette, Vasas Budapest, Porto et Tbilissi) avant d'affronter le Barça en finale de la Coupe des Coupes au Camp Nou (défaite 2-1). Les Rouches présentaient une équipe disciplinée et intelligente avec les Gerets, Haan, Tahamata et compagnie. Cette saison, le voyage à Stuttgart est déjà le huitième rendez-vous européen d'un Standard plus jeune que l'effectif de 1981-1982. Si les Rouches parviennent à aller au bout de leur rêve européen, ils auront aligné 16 matches avant la finale face à de grosses pointures comme Liverpool, Everton, Séville ou la Sampdoria, rien de comparable avec les programmes d'autrefois. Handicapées par un coefficient européen moyen sans oublier l'obligation de passer par des tours qualificatifs et des poules, toutes les équipes belges doivent parcourir le double de chemin pour entrevoir une finale. Il est juste de remarquer que le Club Bruges et le Standard se sont embourgeoisés sous les brassées de compliments européens. Dommage, on le regrette car la D1 propose de bons moments pour revoir ses gammes, sans attendre un Bruges-Standard. Le constat était le même quand Anderlecht et Rensenbrink toisaient les grands d'Europe. Le génial attaquant hollandais adorait porter son smoking. Mais en D1, il faut aussi mettre les mains dans le cambouis et soulever le capot quand le moteur tousse. En s'amusant sur la scène européenne, l'Anderlecht de cette époque lointaine céda le titre au RWDM, à Beveren et au Club Bruges : le Standard n'est-il pas engagé dans la même spirale avec des joueurs qui, de plus, savent qu'un transfert juteux passe par l'Europe ? A l'étranger, on a parlé 100 fois plus de leur brio face à Liverpool ou Séville que de leur titre qui nécessita un an de sueur. On ne pourrait que regretter une baisse de rythme en championnat de nos deux clubs européens même si les corps et les têtes sont las tant la pression est énorme. L'effet papillon cher à Benabar a marché jusqu'à présent. Espérons qu'il génère de grandes conséquences en D1 et en coupe d'Europe.PAR PIERRE BILIC