Confronté à la question, Joost Desender, le préparateur physique du Club Bruges, fait référence à une étude du physiologue néerlandais de l'effort Raymond Verheijen. L'ancien adjoint de Guus Hiddink a analysé plus de 27.000 matches des grands championnats européens de 2001 à 2010. Il en ressort que les chances de victoire des équipes n'ayant bénéficié que de deux jours de repos chutent de 40 % par rapport à celles des formations ayant eu trois jours de répit. D'après lui, c'est surtout parce que, à cause de la fatigue, le risque d'encaisser un but dans la dernière demi-heure augmente de 75 % alors que la chance de marquer diminue de 70 %. Verheijen rappelle que l'Ajax a été champion au détriment du FC Twente en 2011 et de l'AZ en 2012. Il estime qu'un calendrier inadapté fausse la compétition et plaide pour un règlement international qui offre au moins trois jours de repos à chaque équipe entre ses matches.
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Confronté à la question, Joost Desender, le préparateur physique du Club Bruges, fait référence à une étude du physiologue néerlandais de l'effort Raymond Verheijen. L'ancien adjoint de Guus Hiddink a analysé plus de 27.000 matches des grands championnats européens de 2001 à 2010. Il en ressort que les chances de victoire des équipes n'ayant bénéficié que de deux jours de repos chutent de 40 % par rapport à celles des formations ayant eu trois jours de répit. D'après lui, c'est surtout parce que, à cause de la fatigue, le risque d'encaisser un but dans la dernière demi-heure augmente de 75 % alors que la chance de marquer diminue de 70 %. Verheijen rappelle que l'Ajax a été champion au détriment du FC Twente en 2011 et de l'AZ en 2012. Il estime qu'un calendrier inadapté fausse la compétition et plaide pour un règlement international qui offre au moins trois jours de repos à chaque équipe entre ses matches. " Ce ne sont que des chiffres. Ils ne prouvent pas tout mais l'étude est quand même sérieuse ", explique Desender. " Le football n'est pas une science exacte ; Il est complexe, imprévisible. Voyez Arsenal-Anderlecht. L'aspect mental est crucial mais il est lié au physique. En plus, les individus réagissent différemment. Pour certains, recharger leurs batteries et se reconcentrer sur le match suivant en deux jours n'est pas évident. Il est préférable de faire tourner certains types de footballeurs. Les coureurs de fond se rétablissent plus vite que les avants explosifs. D'autres effets jouent un rôle, comme les voyages. Il y a aussi l'aspect technico-tactique aspect : la préparation ne peut pas être optimale de ce point de vue non plus, surtout pour un coach comme Michel Preud'homme, qui dispense des entraînements spécifiques en fonction de chaque match. Nous avons affronté Gand deux jours après notre match aller contre Copenhague. Les Buffalos avaient pu se préparer sereinement, contrairement à nous. Cela ne veut pas dire qu'on preste systématiquement moins bien ni que ça nuit au résultat mais je trouve quand même que la commission du calendrier ne devrait pas programmer de gros match le dimanche, après un match de Coupe d'Europe le jeudi. Bientôt, nous allons revivre ce scénario : deux jours après notre déplacement au Torino, le jeudi, nous nous rendons à Anderlecht, qui aura affronté Galatasaray le mercredi. Chacun devrait avoir au moins trois jours de répit pour se préparer au match suivant. " Lokeren ne souffre pas de ces joutes européennes, selon son directeur technique, Willy Reynders. " Tout athlète doit en être capable. Le risque de blessure augmente, bien sûr, mais c'est surtout dans la tête que ça se passe : il faut se remotiver deux fois en peu de temps. Certains de nos joueurs se sentent mieux ainsi qu'avec un seul match par semaine, comme Killian Overmeire et Mijat Maric, et ils sont même parfois plus performants. Peut-être sont-ils accaparés par d'autres choses, autrement, ou sont-ils trop braqués sur le seul match de la semaine. Le revers de la médaille, c'est que ceux qui font banquette sont moins sollicités physiquement, même si tout se passe bien jusqu'à présent. Des voyages très longs peuvent être éreintants mais normalement, on doit être remis le troisième jour. Le cas échéant, il suffit d'effectuer des changements plus rapides. " Zulte Waregem a gagné 22 des 30 points en jeu après les matches d'Europa League du jeudi soir, la saison passée. Une moyenne quasi de champion. " Sur le moment même, nous n'en avons pas souffert mais nous avons connu un passage à vide en décembre ", explique le préparateur physique, Bram De Winne. " Il n'y avait plus de matches européens mais j'ai senti la fatigue s'emparer de ceux qui avaient beaucoup joué. Nous avons d'ailleurs perdu pas mal de points durant cette période et nous n'étions plus frais à la fin des play-offs non plus. C'est normal : nous avions disputé 58 matches avec un noyau limité ! " D'après De Winne, si Zulte n'a pas souffert de ses matches européens sur le coup, c'est grâce à sa force mentale. " C'est prouvé : 48 heures après un match, on n'est pas complètement rétabli physiquement de ses efforts, surtout si la partie a été difficile. Autre problème s'il faut jouer le dimanche, c'est qu'il faut au moins s'entraîner une fois pour préparer ce match alors que le deuxième jour suivant un match est normalement destiné à la récupération. On ne peut pas octroyer cette journée de repos aux joueurs, d'autant qu'il est plus difficile de retrouver son rythme après un jour de congé. Une fois, ça passe, mais pas dix. La fatigue s'accumule et se traduit par des blessures ou des mauvais résultats. Nous avions adapté l'entraînement de ce deuxième jour. Normalement, l'entraîneur fait disputer un match tactique à neuf contre neuf, dix contre dix ou même onze contre onze mais nous y avions renoncé pour limuter les contacts. Nous dispensions la séance l'après-midi au lieu du matin pour allonger le repos le plus possible. " Aux yeux d'Ivan Vukomanovic, l'entraîneur du Standard, cela dépend de la qualité du noyau en profondeur et des objectifs du club. " Si on ne dispose pas des qualités nécessaires pour aller loin en Coupe d'Europe, on peut accorder la priorité au championnat pour une partie, voire la totalité de ces joutes. Ou pratiquer la rotation, comme Séville l'a fait contre nous. Aligner la même équipe le jeudi soir à 21 heures en déplacement et le dimanche à 14h30 , comme la saison passée, peut coûter des points. L'année passée en novembre, Genk a déploré de nombreuses blessures et n'a pu aligner la même qualité. Cela coûte souvent de la confiance, des points et parfois l'entraîneur perd son poste. Dans notre situation, je suis partisan de miser avant tout sur le championnat pour rester dans le top six. " PAR CHRISTIAN VANDENABEELE" Je suis partisan de miser avant tout sur le championnat pour rester dans le top six. " (Ivan Vukomanovic)