Se pointer à Eupen à la mi-décembre, c'est la garantie d'avoir la moustache qui frise. Pour parer le froid et les longues séances matinales, Claude Makélélé grille sa clope, la porte de son bureau entrouverte. À l'étage, Rocky Bushiri termine sa collation du midi. Habillé d'un large survêt rouge en velours, le défenseur de 19 printemps parle lentement, d'un phrasé presque suisse. Surprenant pour un gamin diagnostiqué hyperactif, qui aime bien courir après les arbitres.

" J'étais un enfant surexcité ", dit-il, en dégustant une banane, délicatement, sans pression. Puis, il dresse le tableau familial. " J'ai deux grands frères et une petite soeur, qui n'a qu'un an. Ma mère est aide-soignante, mon père a un handicap et travaille dans une entreprise spécialisée. "

Après le Congo-Kinshasa, le clan s'installe à Uccle, où vit le grand-père maternel, ambassadeur, avant de filer à Zellik. " C'est là que j'ai décidé d'aller dans une école néerlandophone. "

Le natif de Kin voit déjà loin. Son modèle ? Vincent Kompany, logique, pour " sa présence physique ", " son leadership ". L'été dernier, ce roc d'un mètre 87 prolonge à Ostende, jusqu'en juin 2020, avant de signer un prêt avec option d'achat dans les Cantons de l'Est.

" Eupen, c'est assez calme, j'aime bien ", sourit le polyglotte. " Bon, par contre, l'allemand m'attire un peu moins... "

" J'aime bien les langues "

Alors que tu es un défenseur central de 19 ans, dans une équipe censée jouer le maintien, tu enchaînes les minutes. C'est une belle preuve de confiance de la part de Claude Makélélé.

Rocky Bushiri : Chaque joueur cherche cette confiance. Claude Makélélé me l'a donnée. Déjà, en me disant cet été qu'il s'intéressait à moi, parce que j'étais susceptible d'apporter un plus à son équipe. Il connaissait manifestement mon CV, avec ses points forts et faibles. Il savait de quoi je suis capable et dans quels domaines je pouvais aider. Comme dans les airs, par exemple.

Contre le Standard, le 24 novembre dernier, Claude Makélélé te fait sortir à la mi-temps, après que tu eus provoqué un penalty pour le 2-0 adverse. Pourquoi ?

Bushiri : La raison, c'est que j'avais déjà un carton jaune, récolté dès la seizième minute de jeu. J'avais aussi provoqué ce penalty, donc j'étais en sursis. Il m'a mis de côté parce qu'il y avait un match entre guillemets plus important qui arrivait, contre Waasland-Beveren, un concurrent direct. Il ne voulait pas risquer la rouge avec moi et me l'a expliqué après coup.

Makélélé t'aurait remarqué lors de la victoire 0-4 avec Ostende au Kehrweg, dans les derniers PO2. À l'époque, tu étais encore en stage au secrétariat des Côtiers...

Bushiri : J'étais en " sales management ". Chaque élève devait faire une journée de stage, le vendredi, pendant un an. Moi, j'ai choisi d'aller au bureau du KV Ostende. J'allais à l'entraînement et puis, j'étais dans les bureaux. J'aidais quand il fallait aider. Je n'en ai pas gardé beaucoup de souvenirs parce que je faisais un peu de tout, je n'avais pas de tâches spécifiques, mais ça m'a permis de terminer mon secondaire.

Tu souhaites poursuivre tes études ?

Bushiri : Non, c'est trop compliqué avec la vie de footballeur professionnel. Mais je compte faire les démarches pour prendre des cours d'espagnol, à Liège. Tout le monde ici parle espagnol, ça pourrait me servir. Je parle déjà français, néerlandais, lingala et je me débrouille en anglais. J'aime bien les langues, je ne sais pas pourquoi, mais j'aime bien en apprendre des nouvelles.

" Rocky, c'est en hommage à Stallone "

Quand on regarde ton parcours, on dirait que tu as déjà connu la plupart des aires géographiques du pays, sachant que tu parles plusieurs langues. Tu es un peu le Belge du futur...

Bushiri : ( Il rit) C'est vrai que j'ai un peu tout connu. Je suis né à Kinshasa, je suis arrivé en Belgique quand je n'avais qu'un an. Je n'ai évidemment aucun souvenir de mon pays natal. J'y suis retourné pour la première fois en 2016, à l'occasion du décès de mon grand-père. C'est là que j'ai vraiment découvert le Congo. Il y a eu un vrai choc des cultures... C'est la vraie vie, là-bas ( il sourit).

Petit, j'étais surexcité. Je faisais du sport pour me calmer : du kung-fu, entre autres. L'année passée, à Ostende, j'ai aussi fait de la boxe anglaise pour travailler un peu le cardio. " Rocky Bushiri

Qu'est-ce qui t'a frappé lors de ce retour au Congo ?

Bushiri : J'ai beaucoup de " gens " au Congo. J'ai vu la famille, ceux qui étaient présents quand ma mère a accouché de moi. Ils avaient plus de souvenirs concernant mes deux grands frères, normal, puisqu'ils ont grandi à Kinshasa. Quand on est arrivé en Belgique, c'était une ambiance bien différente. Mes parents se sont d'abord installés à Uccle, parce que mon grand-père y habitait, dans une villa. Il était Ambassadeur du Congo en Belgique, il s'appelait Albert Kisonga Mazakala. J'étais un peu son préféré. J'ai même pris son nom, qui apparaît sur mon passeport : Rocky Bushiri Kisonga Mazakala.

Et ton prénom, il te vient de la saga de Sylvester Stallone ?

Bushiri : Oui, mon père en était fan. En plus, il disait que ça collait bien parce que j'étais un gamin un peu agité. J'avais trop d'énergie en moi, j'étais un enfant surexcité. Je n'étais pas vraiment sage à l'école, j'aimais trop la récré... Du coup, je faisais du sport pour me calmer : j'ai fait du kung-fu, entre autres. L'année passée, à Ostende, j'ai aussi fait de la boxe anglaise pour travailler un peu le cardio.

Après Uccle, tes parents ont déménagé à Zellik, en banlieue bruxelloise, puis à Opwijk, dans le Brabant flamand. Il y avait une raison particulière ?

Bushiri : Mes parents voulaient qu'on soit loin de Bruxelles, au calme, pour l'éducation. Zellik, c'était un peu une cité. Opwijk, c'est la campagne. Tout le monde se connaît, il y a beaucoup de vieux, très peu d'histoires. Là-bas, j'ai d'abord joué à Mazenzele, puis j'ai été à Wolvertem, qui m'a permis de rejoindre la sélection du Brabant flamand. C'est avec eux que je me suis fait repérer pour aller à Ostende. À l'époque, j'étais milieu relayeur ou back gauche ( il est droitier, mais a les deux pieds, ndlr).

" Lombaerts m'a beaucoup aidé "

Tu es arrivé à Ostende en 2013. Comment s'est passée ton adaptation là-bas ?

Bushiri : Wow ! ( il sursaute) Leur néerlandais est complètement différent des autres. Ostende n'avait pas encore d'internat, donc j'étais à Bruges. C'était dur, mais je voulais être joueur professionnel. Je savais qu'il fallait passer par là, d'autant que je pouvais encore rentrer les week-ends et que ma famille venait voir mes matches. C'est là qu'on m'a mis en défense centrale et ça a bien marché.

Tu as signé ton premier contrat pro en juin 2017. Six mois plus tard, tu te retrouves titulaire aux côtés de Nicolas Lombaerts, contre Malines, à tout juste 18 ans...

Bushiri : C'était comme un rêve. À la base, je n'étais pas dans le groupe. J'étais à la maison, je dormais. Sauf que je devais remplacer David Rozehnal, qui devait voyager pour des problèmes familiaux. J'ai été m'entraîner et le lendemain, j'étais titulaire. Sur ma première année de contrat, le projet n'était pas forcément de jouer, plutôt de travailler.

Ça s'est fait plus vite que prévu. Sur le terrain, j'ai commencé à réaliser que j'étais à côté de Nicolas Lombaerts. Je me suis dit : " Purée ! " Il faisait partie de ces joueurs que je regardais à la télé, quand il jouait au Zenith. Dès la préparation, j'étais proche de lui. C'est vraiment quelqu'un de bien. Il m'a donné pas mal de conseils, il m'a beaucoup aidé.

En devenant footballeur professionnel, tu as dû apprendre à vivre aussi avec les critiques, comme ton grand-père. Tu arrives à les accepter ?

Bushiri : Ouais... ( il souffle) Il faut s'y faire, c'est dur au début, mais ça fait partie du métier. Un jour, c'est bien, le lendemain, c'est mauvais. S'il y a des critiques qui ont pu m'atteindre, c'est par rapport à mes cartons un peu trop fréquents. Je regarde beaucoup mes matches et je me dis que mes cartons ne sont pas tous mérités, mais on ne peut plus rien y faire...

" Mon grand but ? Être à l'EURO Espoirs "

Tes performances à Eupen t'ont permis d'être appelé chez les Espoirs, en septembre, après une victoire contre le Standard (1-0).

Bushiri : Avec les U19 de Gert Verheyen, je n'étais pas souvent appelé. J'ai joué quelques matches à Eupen et je me suis retrouvé chez les Espoirs, pour remplacer Sebastiaan Bornauw. C'est vraiment un chouette groupe, d'autant plus que le coach et tout le staff m'ont mis une top confiance. J'étais libéré. Les premières fois, tu veux toujours rester calme, ne pas commettre d'erreurs. Johan Walem m'a fait comprendre d'entrée qu'il ne me reprocherait pas d'essayer, de tenter, de me faire plaisir. Après tout, on joue aussi pour ça ( il sourit).

L'Angleterre, ça correspond à mes qualités. Je me dis que là-bas, je prendrais moins de cartons. " Rocky Bushiri

Vous avez ainsi pu décrocher la qualification pour l'EURO, qui se déroulera en juin 2019, en Italie et à Saint-Marin. L'objectif, c'est d'y être ?

Bushiri : Ça, c'est LE but. LE but en grand, c'est d'y aller et de jouer, surtout. Il faut d'abord passer une bonne saison ici, sans blessure, être loin du maintien, comme on dit. Ça serait quand même injuste de constamment regarder vers le bas. Je suis persuadé qu'on peut regarder vers le haut.

Tu te vois où dans dix ans ?

Bushiri : J'aime beaucoup l'Angleterrere, qui correspond à mes qualités. Je me dis que là-bas, j'aurais moins de cartons ( il sourit). Aujourd'hui, on me demande souvent où je serai l'an prochain, Ostende ou Eupen. C'est presque comme me demander de choisir entre mon père et ma mère (sic). Ostende, j'aime beaucoup, et Eupen, on m'y a très bien accueilli. Je veux être là où je serai heureux, c'est tout. Mais, dans dix ans, quand j'aurai 29 ans... ( il réfléchit) Oui, je me verrais bien en Angleterre, à mon meilleur niveau.

Se pointer à Eupen à la mi-décembre, c'est la garantie d'avoir la moustache qui frise. Pour parer le froid et les longues séances matinales, Claude Makélélé grille sa clope, la porte de son bureau entrouverte. À l'étage, Rocky Bushiri termine sa collation du midi. Habillé d'un large survêt rouge en velours, le défenseur de 19 printemps parle lentement, d'un phrasé presque suisse. Surprenant pour un gamin diagnostiqué hyperactif, qui aime bien courir après les arbitres. " J'étais un enfant surexcité ", dit-il, en dégustant une banane, délicatement, sans pression. Puis, il dresse le tableau familial. " J'ai deux grands frères et une petite soeur, qui n'a qu'un an. Ma mère est aide-soignante, mon père a un handicap et travaille dans une entreprise spécialisée. " Après le Congo-Kinshasa, le clan s'installe à Uccle, où vit le grand-père maternel, ambassadeur, avant de filer à Zellik. " C'est là que j'ai décidé d'aller dans une école néerlandophone. " Le natif de Kin voit déjà loin. Son modèle ? Vincent Kompany, logique, pour " sa présence physique ", " son leadership ". L'été dernier, ce roc d'un mètre 87 prolonge à Ostende, jusqu'en juin 2020, avant de signer un prêt avec option d'achat dans les Cantons de l'Est. " Eupen, c'est assez calme, j'aime bien ", sourit le polyglotte. " Bon, par contre, l'allemand m'attire un peu moins... " Alors que tu es un défenseur central de 19 ans, dans une équipe censée jouer le maintien, tu enchaînes les minutes. C'est une belle preuve de confiance de la part de Claude Makélélé.Rocky Bushiri : Chaque joueur cherche cette confiance. Claude Makélélé me l'a donnée. Déjà, en me disant cet été qu'il s'intéressait à moi, parce que j'étais susceptible d'apporter un plus à son équipe. Il connaissait manifestement mon CV, avec ses points forts et faibles. Il savait de quoi je suis capable et dans quels domaines je pouvais aider. Comme dans les airs, par exemple. Contre le Standard, le 24 novembre dernier, Claude Makélélé te fait sortir à la mi-temps, après que tu eus provoqué un penalty pour le 2-0 adverse. Pourquoi ? Bushiri : La raison, c'est que j'avais déjà un carton jaune, récolté dès la seizième minute de jeu. J'avais aussi provoqué ce penalty, donc j'étais en sursis. Il m'a mis de côté parce qu'il y avait un match entre guillemets plus important qui arrivait, contre Waasland-Beveren, un concurrent direct. Il ne voulait pas risquer la rouge avec moi et me l'a expliqué après coup. Makélélé t'aurait remarqué lors de la victoire 0-4 avec Ostende au Kehrweg, dans les derniers PO2. À l'époque, tu étais encore en stage au secrétariat des Côtiers...Bushiri : J'étais en " sales management ". Chaque élève devait faire une journée de stage, le vendredi, pendant un an. Moi, j'ai choisi d'aller au bureau du KV Ostende. J'allais à l'entraînement et puis, j'étais dans les bureaux. J'aidais quand il fallait aider. Je n'en ai pas gardé beaucoup de souvenirs parce que je faisais un peu de tout, je n'avais pas de tâches spécifiques, mais ça m'a permis de terminer mon secondaire. Tu souhaites poursuivre tes études ? Bushiri : Non, c'est trop compliqué avec la vie de footballeur professionnel. Mais je compte faire les démarches pour prendre des cours d'espagnol, à Liège. Tout le monde ici parle espagnol, ça pourrait me servir. Je parle déjà français, néerlandais, lingala et je me débrouille en anglais. J'aime bien les langues, je ne sais pas pourquoi, mais j'aime bien en apprendre des nouvelles. Quand on regarde ton parcours, on dirait que tu as déjà connu la plupart des aires géographiques du pays, sachant que tu parles plusieurs langues. Tu es un peu le Belge du futur...Bushiri : ( Il rit) C'est vrai que j'ai un peu tout connu. Je suis né à Kinshasa, je suis arrivé en Belgique quand je n'avais qu'un an. Je n'ai évidemment aucun souvenir de mon pays natal. J'y suis retourné pour la première fois en 2016, à l'occasion du décès de mon grand-père. C'est là que j'ai vraiment découvert le Congo. Il y a eu un vrai choc des cultures... C'est la vraie vie, là-bas ( il sourit). Qu'est-ce qui t'a frappé lors de ce retour au Congo ? Bushiri : J'ai beaucoup de " gens " au Congo. J'ai vu la famille, ceux qui étaient présents quand ma mère a accouché de moi. Ils avaient plus de souvenirs concernant mes deux grands frères, normal, puisqu'ils ont grandi à Kinshasa. Quand on est arrivé en Belgique, c'était une ambiance bien différente. Mes parents se sont d'abord installés à Uccle, parce que mon grand-père y habitait, dans une villa. Il était Ambassadeur du Congo en Belgique, il s'appelait Albert Kisonga Mazakala. J'étais un peu son préféré. J'ai même pris son nom, qui apparaît sur mon passeport : Rocky Bushiri Kisonga Mazakala. Et ton prénom, il te vient de la saga de Sylvester Stallone ? Bushiri : Oui, mon père en était fan. En plus, il disait que ça collait bien parce que j'étais un gamin un peu agité. J'avais trop d'énergie en moi, j'étais un enfant surexcité. Je n'étais pas vraiment sage à l'école, j'aimais trop la récré... Du coup, je faisais du sport pour me calmer : j'ai fait du kung-fu, entre autres. L'année passée, à Ostende, j'ai aussi fait de la boxe anglaise pour travailler un peu le cardio. Après Uccle, tes parents ont déménagé à Zellik, en banlieue bruxelloise, puis à Opwijk, dans le Brabant flamand. Il y avait une raison particulière ? Bushiri : Mes parents voulaient qu'on soit loin de Bruxelles, au calme, pour l'éducation. Zellik, c'était un peu une cité. Opwijk, c'est la campagne. Tout le monde se connaît, il y a beaucoup de vieux, très peu d'histoires. Là-bas, j'ai d'abord joué à Mazenzele, puis j'ai été à Wolvertem, qui m'a permis de rejoindre la sélection du Brabant flamand. C'est avec eux que je me suis fait repérer pour aller à Ostende. À l'époque, j'étais milieu relayeur ou back gauche ( il est droitier, mais a les deux pieds, ndlr). Tu es arrivé à Ostende en 2013. Comment s'est passée ton adaptation là-bas ? Bushiri : Wow ! ( il sursaute) Leur néerlandais est complètement différent des autres. Ostende n'avait pas encore d'internat, donc j'étais à Bruges. C'était dur, mais je voulais être joueur professionnel. Je savais qu'il fallait passer par là, d'autant que je pouvais encore rentrer les week-ends et que ma famille venait voir mes matches. C'est là qu'on m'a mis en défense centrale et ça a bien marché. Tu as signé ton premier contrat pro en juin 2017. Six mois plus tard, tu te retrouves titulaire aux côtés de Nicolas Lombaerts, contre Malines, à tout juste 18 ans...Bushiri : C'était comme un rêve. À la base, je n'étais pas dans le groupe. J'étais à la maison, je dormais. Sauf que je devais remplacer David Rozehnal, qui devait voyager pour des problèmes familiaux. J'ai été m'entraîner et le lendemain, j'étais titulaire. Sur ma première année de contrat, le projet n'était pas forcément de jouer, plutôt de travailler. Ça s'est fait plus vite que prévu. Sur le terrain, j'ai commencé à réaliser que j'étais à côté de Nicolas Lombaerts. Je me suis dit : " Purée ! " Il faisait partie de ces joueurs que je regardais à la télé, quand il jouait au Zenith. Dès la préparation, j'étais proche de lui. C'est vraiment quelqu'un de bien. Il m'a donné pas mal de conseils, il m'a beaucoup aidé. En devenant footballeur professionnel, tu as dû apprendre à vivre aussi avec les critiques, comme ton grand-père. Tu arrives à les accepter ? Bushiri : Ouais... ( il souffle) Il faut s'y faire, c'est dur au début, mais ça fait partie du métier. Un jour, c'est bien, le lendemain, c'est mauvais. S'il y a des critiques qui ont pu m'atteindre, c'est par rapport à mes cartons un peu trop fréquents. Je regarde beaucoup mes matches et je me dis que mes cartons ne sont pas tous mérités, mais on ne peut plus rien y faire... Tes performances à Eupen t'ont permis d'être appelé chez les Espoirs, en septembre, après une victoire contre le Standard (1-0).Bushiri : Avec les U19 de Gert Verheyen, je n'étais pas souvent appelé. J'ai joué quelques matches à Eupen et je me suis retrouvé chez les Espoirs, pour remplacer Sebastiaan Bornauw. C'est vraiment un chouette groupe, d'autant plus que le coach et tout le staff m'ont mis une top confiance. J'étais libéré. Les premières fois, tu veux toujours rester calme, ne pas commettre d'erreurs. Johan Walem m'a fait comprendre d'entrée qu'il ne me reprocherait pas d'essayer, de tenter, de me faire plaisir. Après tout, on joue aussi pour ça ( il sourit). Vous avez ainsi pu décrocher la qualification pour l'EURO, qui se déroulera en juin 2019, en Italie et à Saint-Marin. L'objectif, c'est d'y être ? Bushiri : Ça, c'est LE but. LE but en grand, c'est d'y aller et de jouer, surtout. Il faut d'abord passer une bonne saison ici, sans blessure, être loin du maintien, comme on dit. Ça serait quand même injuste de constamment regarder vers le bas. Je suis persuadé qu'on peut regarder vers le haut. Tu te vois où dans dix ans ? Bushiri : J'aime beaucoup l'Angleterrere, qui correspond à mes qualités. Je me dis que là-bas, j'aurais moins de cartons ( il sourit). Aujourd'hui, on me demande souvent où je serai l'an prochain, Ostende ou Eupen. C'est presque comme me demander de choisir entre mon père et ma mère (sic). Ostende, j'aime beaucoup, et Eupen, on m'y a très bien accueilli. Je veux être là où je serai heureux, c'est tout. Mais, dans dix ans, quand j'aurai 29 ans... ( il réfléchit) Oui, je me verrais bien en Angleterre, à mon meilleur niveau.