Son club, l'Inter Milan, ne compte sur lui que cet été, mais Ronaldo espère encore fêter son retour en avril. Il a repris l'entraînement avec ballon en janvier, après 252 jours d'inactivité. En attendant de le retrouver, ses collègues évoquent des souvenirs et spéculent sur son avenir.
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Son club, l'Inter Milan, ne compte sur lui que cet été, mais Ronaldo espère encore fêter son retour en avril. Il a repris l'entraînement avec ballon en janvier, après 252 jours d'inactivité. En attendant de le retrouver, ses collègues évoquent des souvenirs et spéculent sur son avenir. Ses adversairesPavel Nedved (Lazio) : "Je le considérais comme le dernier numéro un mondial incontesté. Il suffit de regarder les dernières sélections du Footballeur de l'Année. Pour un journal ou une organisation, Figo est le meilleur du moment, un deuxième préfère Zidane et le troisième Rivaldo. Ce sont de grands joueurs mais ils n'allient pas talent et charisme comme Ronaldo. J'étais présent lorsqu'il s'est occasionné sa dernière blessure. Un moment épouvantable. Je me souviens que tous les joueurs étaient sous le choc, sur le terrain. Parce qu'il s'agissait de Ronaldo mais aussi parce que cet instant mettait à nu l'état actuel du football mondial. Ronaldo est la victime d'un système qui expose les joueurs à de graves risques pour leur santé, à cause de la lourdeur du programme et de l'intensité des matches. Actuellement, la moindre instabilité physique ou mentale est susceptible de briser votre carrière". Alessandro Nesta (Lazio): "Son nom évoque deux souvenirs en moi. Le premier concerne la finale de la Coupe de l'UEFA de 1998, entre l'Inter et la Lazio, à Paris (3-0). Ronaldo a été fantastique. Il m'a entraîné partout sur le terrain puisque j'étais commis à sa garde. Jamais je n'avais été baladé comme ça. Le second concerne sa dernière blessure. Quand il est passé à travers son genou, j'étais à quelques mètres de lui. D'après la rumeur, il va bientôt effectuer sa rentrée. Je le lui souhaite. S'il y parvient, je voudrais que tout le monde accueille Ronaldo en grand champion, même s'il ne redeviendra sans doute plus jamais ce qu'il était". Marcelo Salas (Lazio): "Ronaldo? Il me rappelle mes débuts à la Lazio, il y a trois saisons. Avant que je signe, il était question de son transfert à Rome. La Lazio n'est pas parvenue à un accord avec Barcelone et s'est rabattue sur moi. Jamais je n'oublierai l'accueil des supporters. Pendant de longues minutes, ils ont chanté leur dépit. Mais j'espère qu'il reviendra vite. D'abord pour ses qualités exceptionnelles, mais aussi pour son caractère. Je ne le connais pas personnellement mais mon compatriote Ivan Zamorano le décrit comme un collègue aimable. Et je crois toujours Ivan". Paolo Maldini (AC Milan): "En fin de carrière, vous devez souvent établir la liste de vos adversaires les plus difficiles. Je ne dois pas réfléchir longtemps. Avec Diego Maradona, Ronaldo a été mon concurrent le plus embêtant. Son long chemin de croix me fait de la peine mais si j'en crois ce qu'on raconte, il va revenir. Si ça ne tenait qu'à moi, ce serait à l'occasion du derby milanais. Il n'y a pas plus belle affiche". Ses (ex) coéquipiersLuis Figo (Real Madrid): "Nous nous sommes téléphonés récemment. Sa voix était joyeuse, enthousiaste. J'ai senti qu'il avait la volonté de serrer les dents et de franchir le dernier obstacle avant la guérison complète. Je suis sûr qu'il va réussir. Le destin ne lui a pas été favorable ces derniers mois mais son moral n'est pas entamé". Rivaldo (Barcelone): "Je ne lui parle pas tous les jours mais des amis communs me tiennent au courant de son combat. Ronaldo est serein, déterminé et sa condition n'a jamais été aussi bonne. Je suis d'un naturel optimiste, donc je partage sa conviction: il retrouvera son niveau d'antan. Je l'espère pour lui et pour le Brésil. Notre dernière conversation a eu lieu avant un match international. Ronaldo nous a rendu visite à l'hôtel. Il s'est attardé une demi-journée. Sa seule présence a fait du bien au groupe". Leonardo (Milan AC): "Son âge constitue un atout considérable. A 24 ans, un joueur doit être apte à retrouver son niveau, mentalement et physiquement. Je connais des joueurs plus âgés, victimes de problèmes semblables, qui ont sauvé leur carrière. Ronaldo le sait. Son retour sera un fameux stimulant pour l'Inter comme pour le Brésil. Celui-ci a perdu son point de référence depuis que Ronny est forfait. Nous n'avons plus de guide, de joueur qui soit la plaque tournante de notre système de jeu". Les entraîneursMarco Tardelli (Inter): "A la Noël, deux de nos physiothérapeutes se sont envolés pour le Brésil pour voir où Ronaldo en était. D'après eux, sa condition physique est telle qu'on peut envisager un retour dans le courant de cette saison. Provisoirement, je me suis fixé le mois de mai comme objectif. Le président, Massimo Moratti, est plus prudent. Il préfère qu'il entame la préparation de la saison suivante. L'essentiel est d'ailleurs que Ronaldo revienne. Je ne le connais guère personnellement. Je ne l'ai rencontré qu'à une seule reprise, en octobre dernier, quand il nous a rendu visite au centre d'entraînement d'Appiano Gentile. Ce qui m'a frappé, c'est la réaction très positive du noyau. Je me réjouis de travailler avec lui". Giovanni Trapattoni (Sélectionneur de l'Italie): "Reste à voir quel niveau Ronaldo va retrouver. Je ne suis pas pessimiste mais je veux signaler qu'un autre combat attend ce garçon une fois qu'il sera sur les terrains. Avant sa blessure, il émargeait à la classe absolue. Il était exceptionnel. Tout le monde a conservé cette image de lui. Elle restera la référence, en ce qui le concerne" .Maarten Wijffels, ESM