KINDERMANS : On a eu Kompany, Vanden Borre, Lukaku, Bruno, Praet, Tielemans, Dendoncker... Aujourd'hui, on a un peu la prétention de dire qu'on sait tout faire à Anderlecht. Là où on n'a pas encore connu de réel succès, ce sont les latéraux.
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KINDERMANS : On a eu Kompany, Vanden Borre, Lukaku, Bruno, Praet, Tielemans, Dendoncker... Aujourd'hui, on a un peu la prétention de dire qu'on sait tout faire à Anderlecht. Là où on n'a pas encore connu de réel succès, ce sont les latéraux. BROWAEYS : Même dans les équipes nationales de jeunes, on a du mal à trouver de bons arrières latéraux. Si un entraîneur de jeunes a un joueur talentueux et qu'il veut gagner avec son équipe, il ne va jamais le mettre à l'arrière latéral. C'est une erreur. À un moment, il faut aller vers la spécialisation. DAERDEN : C'est un problème de perception. Ce n'est pas une position très agréable pour les jeunes. Dans l'axe, tu as plus de possibilités. Mais quand tu te retrouves arrière latéral, tu penses que c'est la dernière position avant le banc. Pourtant, si tu regardes le football de haut niveau, ils peuvent monter, prendre l'initiative. À Genk, on laisse aller les latéraux jusqu'aux seize mètres sans souci. KINDERMANS :Johan Cruijff disait que chaque avantage a son inconvénient. Dans un centre de formation qui pratique un football dominant et veut le ballon, c'est peut-être un poste moins attirant. Des numéros 10, on en a des camions entiers, et c'est aussi l'historique du club qui fait qu'on attire ce profil de joueur. Mais on sait tous que les défenseurs, centraux ou latéraux, sont souvent d'anciens offensifs qui sont confrontés à un petit manquement à un moment de leur carrière, et qui se retrouvent plus bas sur le terrain. VANDEBROECK : C'est plus facile de transformer quelqu'un en défenseur que d'en faire un attaquant. BROWAEYS : Dans nos cours de détection du talent, on choisit les références mondiales à chaque poste pour voir quelles sont leurs qualités principales. Aujourd'hui, un latéral doit être très fort dans le un contre un défensif, mais aussi s'infiltrer au bon moment, être capable de dribbler un joueur ou d'adresser un bon centre. VANDEBROECK : S'il prend trop peu son couloir, ou qu'il n'ose pas assez dans les un contre un, on le fera monter en ailier pour qu'il apprenne à oser ces actions, avant de le faire redescendre. BROWAEYS : Il n'y a pas beaucoup de différences entre un latéral et un ailier. Souvent, le latéral a d'ailleurs été ailier pendant sa formation. Les différences avec l'arrière central sont ténues aussi : le central sera toujours très fort dans le duel aérien, tandis que le latéral devra être meilleur dans le duel au sol. L'enjeu, maintenant, c'est surtout de constater dès 14 ou 15 ans qu'un jeune a tout pour être un bon latéral, et de terminer sa formation en lui enseignant la complexité de ce profil.