Bruges attend la décision de Michel Preud'homme. Dimanche dernier, les supporters du Club ont encore ovationné leur entraîneur et Preud'homme, une écharpe bleu et noir autour du cou, a savouré pleinement l'hommage. On aura rarement autant lié un titre à un entraîneur. C'est comme si le Club, à sec pendant onze ans, ne pouvait plus vivre sans Preud'homme, comme si le football belge tout entier ne pouvait se passer de lui. Même la grande majorité des journalistes surfe sur cette vague d'adoration rarement vue.
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Bruges attend la décision de Michel Preud'homme. Dimanche dernier, les supporters du Club ont encore ovationné leur entraîneur et Preud'homme, une écharpe bleu et noir autour du cou, a savouré pleinement l'hommage. On aura rarement autant lié un titre à un entraîneur. C'est comme si le Club, à sec pendant onze ans, ne pouvait plus vivre sans Preud'homme, comme si le football belge tout entier ne pouvait se passer de lui. Même la grande majorité des journalistes surfe sur cette vague d'adoration rarement vue. Michel Preud'homme est évidemment l'architecte du succès. Il a mis en forme un solide cadre sportif, il a muselé les détracteurs de son système de rotation et, avec des hauts et des bas, il a rendu son authenticité au Club Bruges. Il aligne un bloc soudé, difficile à démanteler. Dans l'ultime phase des play-offs, le Club a produit le meilleur football d'une compétition souvent trop faible techniquement. L'idéal pour les blauw-zwart serait de conserver ses acquis mais cela ne veut pas dire que le château de cartes s'effondrera si Preud'homme s'en va : les fondations sont désormais bien trop solides. C'est l'été des entraîneurs. Besnik Hasi pourra difficilement rester en place à Anderlecht. Il y a un an, au terme de la saison, l'entraîneur avait constaté que son équipe manquait de résistance mentale. Il doit refaire le même constat maintenant. Que s'est-il donc passé pendant un an au Parc Astrid ? Il y a un an aussi, Anthony Vanden Borre, classé depuis, disait que les leaders n'avaient pas réussi à prendre en mains les plus jeunes. Y sont-ils parvenus ? Dennis Praet, qu'on cite à l'étranger, a-t-il progressé ? Que reste-t-il de l'artiste qui a gagné le Soulier d'Or ? Et de Youri Tielemans, tant vanté, blessure ou pas ? Les Mauves doivent procéder à un grand nettoyage mais il y a du pain sur la planche ailleurs aussi. Quelles leçons doit tirer Gand, qui a développé un bien piètre football dimanche ? Son marathon de 54 matches a épuisé mentalement les Buffalos, qui avaient pourtant développé un football rafraîchissant au premier tour. Il y a encore du travail au niveau de l'encadrement, pour permettre à l'équipe de prester sur différentes scènes. Gand a également un besoin urgent d'une injection de talent si le club veut maintenir le statut qu'il vient d'acquérir. Une injection qui correspond aux demandes d'Hein Vanhaezebrouck, le seul entraîneur avec Francky Dury, Aleksandar Jankovic et Felice Mazzù à avoir entamé la saison au même poste il y a deux ans. La voie de la stabilité sportive et de la continuité est encore longue. En un an, seuls sept clubs ont entamé la saison avec le même entraîneur et nous ne sommes pas à l'abri de mouvements inattendus. Il y a un an aussi, Marc Wilmots avait suscité l'émoi en flirtant avec Schalke 04. Il s'était ensuite avéré qu'il n'était qu'un candidat parmi d'autres, même s'il a crié sur tous les toits que le manager Horst Heldt était opposé à son arrivée. Heldt est renvoyé depuis un moment et le club a pris congé de l'entraîneur embauché à l'époque, André Breitenreiter. Schalke 04 cherche un nouvel entraîneur, sans que le nom de Wilmots ne semble cité. Le sélectionneur, qui insiste souvent sur son indépendance financière, veut procéder à un bilan à l'issue de l'EURO. Et étudier la force de sa situation. En attendant, Marc Wilmots et les Diables Rouges se préparent à cette épreuve. Ce tournoi va faire monter la fièvre du football dans les semaines à venir. La semaine prochaine, le mercredi 1er juin, Sport/Foot Magazine sort un spécial EURO, plus complet que jamais. Dans ce numéro de 156 pages, vous trouverez des interviews de tous les sélectionneurs, des entretiens avec des joueurs-clés et les informations nécessaires : les noyaux, l'analyse des équipes, des faits saillants, des chiffres et bien plus encore. Un numéro à ne pas rater, en guise d'apéritif à un tournoi que les Diables Rouges abordent avec une grande confiance, comme la déclaration de Romelu Lukaku en une de ce magazine l'atteste. PAR JACQUES SYSAnderlecht va devoir procéder à un nettoyage en profondeur.