Tout est question de point de vue. Il y a quelques semaines, Jeroen Simaeys était renvoyé dans le noyau B de Genk pour avoir critiqué l'ambiance qui régnait au club. Mais la semaine dernière, Ngonca Anele et TornikeOkriashvili en vinrent aux mains après avoir bu et écopèrent simplement d'une amende. Vendredi, tous deux étaient présents au coup d'envoi du match contre Gand, le Géorgien inscrivant même le but de la victoire sur un centre du Sud-Africain. Avant cela, Hervé Kagé avait été suspendu pour avoir refusé de poursuivre avec les Espoirs à la mi-temps d'un match.
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Tout est question de point de vue. Il y a quelques semaines, Jeroen Simaeys était renvoyé dans le noyau B de Genk pour avoir critiqué l'ambiance qui régnait au club. Mais la semaine dernière, Ngonca Anele et TornikeOkriashvili en vinrent aux mains après avoir bu et écopèrent simplement d'une amende. Vendredi, tous deux étaient présents au coup d'envoi du match contre Gand, le Géorgien inscrivant même le but de la victoire sur un centre du Sud-Africain. Avant cela, Hervé Kagé avait été suspendu pour avoir refusé de poursuivre avec les Espoirs à la mi-temps d'un match. Comment un club peut-il s'enfoncer à un tel point dans l'impasse ? Qu'a dû penser Pierre Denier au cours des dernières semaines, lui qui est fidèle aux Limbourgeois depuis 40 ans et fait preuve d'une loyauté tellement rare de nos jours ? Jamais vous ne l'entendrez émettre la moindre critique. Depuis lundi, il a repris consciencieusement sa place d'adjoint, au service d'Alex McLeish, le nouvel entraîneur. L'avenir nous dira si l'Ecossais est l'homme qu'il faut pour remettre Genk sur rails. Il a fourni du bon travail à l'étranger mais, après des passages malheureux par Aston Villa et Nottingham Forest, cela faisait un an et demi qu'il n'avait plus de boulot. A Genk, pourtant, on estime avoir ferré un gros poisson. Le club ne peut pas se permettre de nouvelle erreur de casting. La nomination plus que probable de Patrick Janssens au poste de Directeur général doit contribuer à ramener le calme et à rassurer les supporters. Un manager de crise avait déjà été nommé pour assurer la liaison avec les fans. Il y a un an, le RC Genk était encore un club modèle mais le renvoi d'Emilio Ferrera après une seule journée prouve que les responsables n'étaient pas en mesure d'analyser correctement la situation sportive. Peter Maes, qui aurait sans doute été flatté d'être approché à l'intersaison, ne le fut que bien plus tard. Ce qui, d'un point de vue éthique, n'était pas très correct. Mais un club à la dérive fait parfois des choses bizarres. Des remous, il y en a désormais aussi à la tête de la fédération, à qui on reproche des erreurs de gestion. Perdre 300.000 euros parce qu'on a oublié d'annuler les réservations à l'hôtel des femmes des joueurs, ça fait mal. On peut se demander s'il était bien utile de réserver un hôtel avant de décider si les épouses pouvaient accompagner ou non mais dans un environnement professionnel, il aurait bien dû se trouver quelqu'un pour avoir le réflexe d'annuler après que Marc Wilmots eut décidé que les femmes ne pourraient débarquer qu'après les demi-finales. Nous nous réjouissons de voir si quelqu'un assumera cette responsabilité. Le fait que le CEO, Steven Martens, son bras droit Bob Madou et deux managers veuillent s'octroyer une prime comme ils l'avaient fait l'an dernier, cause également des turbulences. On en débattra sérieusement lors de la prochaine assemblée du Comité Exécutif. Il est étonnant que des gens qui ont déjà un très bon salaire ne s'en contentent pas et veuillent s'attribuer une récompense pour avoir effectué du bon boulot. Comme si c'était quelque chose d'extraordinaire. A tous les niveaux, l'argent éblouit. Steven Martens mérite le respect pour avoir fait de l'Union Belge, jusqu'alors un ministère de stars, une entreprise moderne. Mais son étoile a fortement pâli et il lui sera très difficile de sortir de cette situation sans perdre la face. Le président, François De Keersmaecker, est dans de sales draps également, lui qui voudrait se porter candidat à un nouveau mandat l'année prochaine. Malheureusement, toute cette confusion éclate juste avant le début de la campagne de qualification pour le championnat d'Europe. Or, elle pourrait avoir des répercussions sur le plan sportif. L'euphorie de l'été brésilien est retombée, on affirme de plus en plus qu'avec le talent présent au sein du noyau, les Diables Rouges n'ont pas été suffisamment séduisants lors de la Coupe du monde. Y aura-t-il assez d'enthousiasme lors du fan day, le 6 septembre, à Ostende ? PAR JACQUES SYSLe RC Genk ne peut pas se permettre une nouvelle erreur de casting.