F aris Haroun vient de fêter ses 21 ans. Le médian a effectué ses débuts en équipe fanion de Genk en février 2004. Ses premiers mois ont coïncidé avec les derniers de Sef Vergoossen au Racing. René Vandereycken et Hugo Broos lui ont accordé peu d'occasions de jouer. Cette saison aussi a commencé en mode mineur : pas une seule minute de jeu lors des quatre premiers matches. Puis, le 5 septembre, il a joué en Espoirs, contre la Grèce, et marqué les deux buts belges. Quatre jours plus tard, il remplaçait Kevin Vandenbergh à la fin du match à Gand et prenait sa place à Roulers.
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F aris Haroun vient de fêter ses 21 ans. Le médian a effectué ses débuts en équipe fanion de Genk en février 2004. Ses premiers mois ont coïncidé avec les derniers de Sef Vergoossen au Racing. René Vandereycken et Hugo Broos lui ont accordé peu d'occasions de jouer. Cette saison aussi a commencé en mode mineur : pas une seule minute de jeu lors des quatre premiers matches. Puis, le 5 septembre, il a joué en Espoirs, contre la Grèce, et marqué les deux buts belges. Quatre jours plus tard, il remplaçait Kevin Vandenbergh à la fin du match à Gand et prenait sa place à Roulers. Il revit : " J'étais prêt depuis longtemps. J'espère que l'entraîneur continuera à m'accorder ma chance ". Willy Reynders, le directeur technique, vient de rappeler à Haroun les vertus de l'autocritique : il a disputé d'entrée 14 matches de rang comme titulaire sous Vergoossen et c'est tout. Certes, il faut gagner la confiance de chaque nouvel entraîneur : " Je cours trop, je dois me calmer. L'expérience m'y aidera mais pour l'acquérir, je dois jouer ". Ce refrain-là est connu. Mais serait-il surfait ? Avec les Espoirs, il a battu l'Espagne, qui possède une génération brillante, où on retrouve notamment Francesc Fabregas (Arsenal) et Andrés Iniesta (Barcelone) : " Avec les Espoirs, je preste à un niveau élevé. Sans doute n'y suis-je pas encore parvenu à Genk mais si j'en ai l'occasion, je ferai mes preuves ". En attendant, le vestiaire l'aurait rejeté en apprenant par la presse le montant de son contrat : " Ces chiffres étaient erronés. Je n'ai pas un mauvais contrat, d'accord. Il est possible que cela ait fait des jaloux mais je n'ai rien remarqué ". En novembre 2005, Jos Vaessen, toujours président de Genk, avait déclaré que ce contrat constituait sa pire erreur. Haroun riposte : " Après mes 14 premiers matches, c'est lui qui m'a proposé ce contrat. Mon père estimait que c'était prématuré. Nous avons attendu jusqu'au printemps de la saison suivante. Je ne suis donc pas avide ". Cet été, Genk lui a permis de partir mais Haroun n'a été séduit par aucune des formations candidates. En cause, leurs propositions financières : " J'ai travaillé d'arrache-pied pour obtenir ce contrat. Ce n'est pas ma faute si le Racing ne m'a plus employé ensuite. Je ne voulais pas partir pour le tiers de mon salaire. Je sais que j'obtiendrai ma chance à Genk si je continue à travailler. Contre Roulers, j'ai prouvé que je méritais mon contrat ". Rumeur suivante : les prestations de Haroun ont pâti de son déménagement à Aix, pour des raisons fiscales. " Faux. Avant, j'avais vécu trois ans à l'internat de l'école de sport de haut niveau à Louvain. J'étais loin de mes parents aussi. Ensuite, j'ai passé deux ans dans une famille d'accueil puis quelques mois seul dans un appartement à Genk. J'ai évidemment dû m'y faire, mais cela ne pose plus le moindre problème. Et je vis pour mon sport. Je me rends deux ou trois fois par semaine, de ma propre initiative et à mes frais, chez un spécialiste à St-Trond. Nous travaillons ensemble depuis quatre ans. Je souffrais d'une blessure chronique à l'origine mystérieuse. J'ai consulté ce spécialiste sur le conseil d'un de mes professeurs. Il m'a guéri. Il connaît mon corps, des liens se sont noués car nous parlons beaucoup. Je ne le crie pas sur tous les toits mais je suis très professionnel ". Parfois, le doute l'assaille quand même : " Certainement quand je ne suis pas repris alors que je fais de mon mieux à l'entraînement. Il est important de s'appuyer sur sa famille. Je lui rends visite toutes les semaines à Bruxelles. Je n'ai jamais éprouvé de mal à rester les pieds sur terre, contrairement à ce qu'on pense. Je n'ai pas changé en obtenant un bon contrat. Sinon, je me moquerais de faire banquette et me contenterais d'empocher mon argent ". JAN HAUSPIE