Jusqu'il y a peu, on attribuait régulièrement les échecs à répétition de la selección à la rivalité entre le Real Madrid et le FC Barcelone, ou plus globalement entre la Castille et la Catalogne. " Personnellement, je n'ai jamais mangé de ce pain-là ", affirme CarlosCoto, lui-même Catalan puisque originaire de Figueras. " Je suis Espagnol d'abord, Catalan ensuite... et footballeur avant tout. "
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Jusqu'il y a peu, on attribuait régulièrement les échecs à répétition de la selección à la rivalité entre le Real Madrid et le FC Barcelone, ou plus globalement entre la Castille et la Catalogne. " Personnellement, je n'ai jamais mangé de ce pain-là ", affirme CarlosCoto, lui-même Catalan puisque originaire de Figueras. " Je suis Espagnol d'abord, Catalan ensuite... et footballeur avant tout. " Le titre de l'équipe nationale espagnole a-t-il été vécu de la même manière à Barcelone qu'ailleurs dans le pays ? " Dans sa grosse majorité, les gens d'ici l'ont fêté avec la même ferveur ", témoigne XavierEnsenyat, journaliste à DonBalón. " Certes, il existe toujours une petite minorité qui pense différemment, mais elle est peu nombreuse. Mon collègue Roger Xuriach, ici présent, ne jure que par le FC Barcelone. " " C'est exact ", confirme celui-ci en rigolant. " Lorsque le Barça gagne, je suis content. Il y a beaucoup de joueurs blaugranas en selección ? Oui et... ce sont les meilleurs : XaviHernandez, AndrésIniesta, CarlesPuyol... " Il est tout de même symptomatique de constater que l'équipe nationale espagnole ne joue jamais à Barcelone. C'est un peu une SDF, qui voyage au gré de ses pérégrinations, et donc les fiefs favoris s'appellent Séville, Valence et Madrid où le patriotisme semble plus ancré dans les m£urs. D'une manière générale, le titre européen de la selección n'a pas boosté les ventes des journaux et magazines. " L'Espagne reste un pays un peu particulier ", confirme ToniCasals, directeur de DonBalón. " Les clubs restent plus puissants que l'équipe nationale et ce sont eux qui passionnent les gens. Les amateurs de football s'intéressent à la selección lors des grands tournois, comme la Coupe du Monde ou le Championnat d'Europe, mais cet intérêt est très éphémère. En cours de saison, lorsque l'équipe nationale joue le mercredi et qu'il y a une journée de championnat le week-end suivant, c'est celle-ci qui accapare très vite l'attention des médias. Et c'est sans doute encore plus vrai en Catalogne qu'ailleurs. Durant la semaine qui a précédé le derby entre l'Espanyol et le FC Barcelone, ce match remplissait pour moitié les pages des deux quotidiens catalans, Sport et ElMundoDeportivo. En ville, des affiches en anglais ont été placardées à l'intention des touristes : " For more than hundred years, one of the greatest derbies in the world. Kick-off : 10 pm. Prices from 60 euros ". Mouais : là encore, c'est pas donné pour assister au spectacle. Au fond : pourquoi l'Espanyol a-t-il été baptisé de cette manière ? Y est-on plus patriotique que chez le voisin ? " En fait, cela remonte à la création des deux clubs il y a plus de 100 ans ", explique Casals. " Le FC Barcelone, créé par le Suisse JuanGamper, comptait beaucoup d'étrangers dans ses rangs. C'est un peu par opposition à ce phénomène que les bleuetblanc, qui alignaient essentiellement des nationaux, se sont appelés RealClubDeportivoEspañol (catalanisé ensuite en Espanyol). Et la fameuse sélection catalane ? " Elle est plus folklorique qu'autre chose ", affirme Casals. " Comme celle d'Euskadi (le Pays Basque) ou d'autres régions. Elle joue souvent un match internationaux pendant la trêve de Noël. Lorsque le sparring-partner est le Brésil ou l'Argentine, elle attitre beaucoup de monde, mais sinon elle ne déchaîne pas les passions. "