Paradoxalement, les Limbourgeois sont rentrés véritablement dans le match au moment où les Rouches ont doublé la marque à la 49e minute. Encore plus étonnant, dans les 20 dernières minutes, on n'a jamais remarqué que Genk évoluait à 10 contre 11, exception faite dans les situations de contre-attaque, où le Standard aurait dû tuer le match et se rassurer.
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Paradoxalement, les Limbourgeois sont rentrés véritablement dans le match au moment où les Rouches ont doublé la marque à la 49e minute. Encore plus étonnant, dans les 20 dernières minutes, on n'a jamais remarqué que Genk évoluait à 10 contre 11, exception faite dans les situations de contre-attaque, où le Standard aurait dû tuer le match et se rassurer. Genk a démontré durant le troisième tiers du match que son classement n'était pas usurpé et la possession de balle durant cette période était nettement du côté des hommes d' HugoBroos qui plus est, ont passé 70 % du temps dans la moitié de terrain adverse. Sans le manque de réalisme ou la fatigue de ses attaquants en fin de match, le Standard aurait toutefois dû s'imposer par 3 voire 4 buts d'écart. On s'attendait au 4-4-2 des dernières semaines chez Michel Preud'homme et il n'y eut effectivement pas de surprise de ce côté-là. Par contre, on pensait voir Genk évoluer en 4-5-1 comme dans les matches précédents mais la présence de Thomas Chatelle et de Tom Soetaers, très haut sur l'échiquier, transformait le système en 4-3-3 (cf schéma 2). La défense du Standard, et certainement le duo central, se trouvait dans une situation plus facile à gérer que celle de Genk. Mohammed Sarr et Dante étaient opposés au très peu mobile Kevin Vandenbergh tandis que de l'autre côté, Eric Matoukou et Tomislaw Mikulic devaient se farcir le virevoltant duo Igor De Camargo et surtout Milan Jovanovic. Sur les flancs défensifs, la position haute des joueurs offensifs latéraux adverse est souvent plus facile à contrer que lorsque, à l'image de Steven Defour et de Milan Rapaic, ils viennent de plus loin : l'effet de surprise est plus grand et les arrières latéraux sont continuellement face au choix cornélien de rester alignés avec les défenseurs centraux ou d'aller chercher leur adversaire plus haut dans le jeu et ainsi de prendre le risque de créer des espaces dans leur dos. Dans l'entrejeu, la triple présence dans l'axe de Wim De Decker- Wouter Vrancken-Faris Haroun aurait dû prendre l'ascendant sur le duo Marouane Fellaini- Karel Geraerts mais hormis dans la dernière demi-heure, ce ne fut jamais le cas. Au niveau de l'attaque, les positions figées du trio offensif de Genk n'avaient rien de comparable avec les appels de balle et les courses croisées incessantes du duo rouge et blanc. Avec son 4-3-3, Broos a décidé de s'adapter au dispositif du Standard alors que Preud'homme a développé son jeu habituel. Le positionnement très haut de Soetaers et de Chatelle avait une connotation défensive : en les plaçant quasiment comme ailiers, Broos cherchait surtout à bloquer les sorties d' Eric Deflandre et de Frédéric Dupré, auteurs d'assists respectivement contre Lokeren et Charleroi. Dans le milieu du jeu, le positionnement très bas d'Haroun avait pour but de contrer le duo Geraerts-Fellaini. L'auteur du but de Genk a, par moments, évolué plus bas que Vrancken, probablement pour contrer le formidable jeu de tête du grand Marouane. C'étaient donc trois joueurs offensifs bloquant trois joueurs défensifs adverses ! Pendant une heure, la position d'Haroun a encore plus isolé Vandenbergh, déjà orphelin des ailiers très écartés. Ce n'est que dans la dernière demi-heure que ces trois joueurs ont fait preuve d'audace en modifiant beaucoup plus leur position, ce qui provoqua une emprise sur le jeu presque totale et plaça la défense du Standard dans une situation très inconfortable. par Étienne delangre