Andrea Anastasi (51), successeur de Vital Heynen à la tête de l'équipe nationale belge de volley-ball, a un sacré palmarès. Joueur, il a été champion d'Europe en 1989 et champion du monde un an plus tard. En tant qu'entraîneur, il a remporté trois fois la World League et deux fois la Coupe d'Europe avec trois pays différents.
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Andrea Anastasi (51), successeur de Vital Heynen à la tête de l'équipe nationale belge de volley-ball, a un sacré palmarès. Joueur, il a été champion d'Europe en 1989 et champion du monde un an plus tard. En tant qu'entraîneur, il a remporté trois fois la World League et deux fois la Coupe d'Europe avec trois pays différents. Ce soir, Anastasi passe son premier véritable examen avec les Red Dragons : aux championnats du monde qui ont lieu dans son pays, en Italie, la Belgique (FIVB 15) affronte l'Argentine (FIVB 7). L'Argentine a pris part à la Nations League. La Belgique y avait sa place aussi mais des facteurs commerciaux en ont décidé autrement... Andrea Anastasi : C'est dommage car la meilleure façon de progresser est d'affronter des équipes plus fortes. Sur ce plan, trois de nos cinq adversaires ont un avantage. Et attention à la Slovénie, une équipe très homogène. OK mais la Belgique a terminé quatrième de l'Euro l'an dernier. On attend donc quelque chose. Anastasi : Je comprends et si j'ai accepté le job, c'est parce que je crois en ce groupe. Nous pouvons rivaliser avec tous nos adversaires. Même avec l'Italie ( FIVB 4, ndlr), grande favorite de la poule. Mais je ne sais pas comment mon équipe va réagir dans les moments difficiles. Quatre pays sur six se qualifient et nous devons en faire partie mais si nous voulons aller plus loin, mieux vaut éviter la 4e place. En Golden League, vous avez gagné quatre matches mais vous avez aussi perdu contre l'Estonie et la Suède. Quelles conclusions en tirez-vous ? Anastasi : Ces résultats ne veulent pas dire grand-chose car je suis arrivé ici peu avant le début de la compétition, qui avait lieu une semaine après le Final Four de la Champions League. Les joueurs n'étaient pas reposés et n'ont pas eu le temps de se préparer. Certains étaient en examens. Je les comprends mais d'un autre côté, quand on est sportif de haut niveau, il faut s'organiser. L'équipe nationale doit être prioritaire. Enfin, il y a eu quelques pépins physiques et j'ai fait tourner car c'était un tournoi de préparation en vue des championnats du monde. Vous prenez plus de risques que votre prédécesseur, Vital Heynen, au service. Quel volley-ball voulez-vous voir ? Anastasi : Mon prédécesseur était plus prudent mais en sport, on doit accepter de faire des erreurs. Il faut viser les lignes. Le bloc défensif est essentiel mais, à mes yeux, le service fait la différence. Toutes les équipes qui gagnent de grands tournois servent bien. Zaytsev et Juantoreno servent à 120 km/h. Chez nous, Van den Dries et Tuerlinckx arrivent parfois à 110. Pas toujours. Bien sûr, il ne faut pas faire trop d'erreurs mais il faut pouvoir varier les services en fonction des moments. C'est d'ailleurs vrai dans le jeu aussi : il faut être malin, jouer en fonction des situations, changer de rythme. Mon rôle est d'apporter les solutions. Je suis le prof et j'ai de l'expérience mais ce sont les élèves qui doivent être motivés. Très jeune, déjà, vous notiez vos entraînements dans un carnet. Anastasi : Je fais cela depuis ma première saison sous la direction de Gian Paolo Guidetti , en 1980 à Modène. J'ai toujours voulu être coach. En 1993, j'aurais pu continuer à jouer mais j'ai eu une proposition pour entraîner et je l'ai acceptée. En mai, à votre arrivée, vous avez déclaré à Volley Magazine que vous ne saviez pas si la fédération belge était suffisamment professionnelle. Qu'en dites-vous aujourd'hui ? Anastasi : Les conditions de travail sont bonnes. Je suis satisfait de l'organisation, même si on peut toujours faire mieux. Dans quel domaine, par exemple ? Anastasi : L'équipe nationale doit compter davantage pour tout le monde. Les clubs et la fédération doivent travailler en concertation. L'équipe nationale doit être la figure de proue du pays. C'est comme ça en Italie, en Pologne, en Espagne. La Belgique doit arriver à cela. L'écusson, on ne doit pas seulement l'avoir sur la poitrine mais aussi dans le coeur. Quelles sont les chances de la Belgique d'aller aux Jeux Olympiques ? Anastasi : Pour un pays européen, c'est difficile mais pas impossible. Il faudra être bon au championnat du monde et, surtout, la saison prochaine. Remporter la Golden European League et obtenir de bons résultats aux championnats d'Europe. Nous devons encore beaucoup progresser, surtout sur le plan physique. Et avoir la chance que nos joueurs-clefs soient à 100 %. Vous avez décroché des médailles d'or dans tous les pays où vous avez travaillé. C'est bon signe pour la Belgique... Anastasi ( il rit) : Gagner un tournoi international avec la Belgique, ce serait bien. En 2000, j'ai commis la plus grosse erreur de ma carrière : nous avons terminé troisièmes aux Jeux Olympiques avec l'Italie et je n'ai pas fêté cela parce que, pour moi, seule la victoire comptait. Ce n'est que plus tard que j'ai compris que c'était un grand résultat.