Doutes. C'était le nom de code employé par Georges Leekens en début de championnat. L'ancien sélectionneur national avait des raisons de se plaindre car il accusait un sérieux retard sur les autres candidats à l'Europe. Or, l'ambitieux duo Lambrecht- Verhoost visait un billet UEFA. Seuls Arnar Gretarsson, Nenad Vanic et Sambegou Bangoura ont renforcé le noyau waaslandien. Leekens a dû patienter jusqu'en novembre pour obtenir le meneur Runar Kristinsson et l'arrière-droit Audun Helgason. Ceux-c...

Doutes. C'était le nom de code employé par Georges Leekens en début de championnat. L'ancien sélectionneur national avait des raisons de se plaindre car il accusait un sérieux retard sur les autres candidats à l'Europe. Or, l'ambitieux duo Lambrecht- Verhoost visait un billet UEFA. Seuls Arnar Gretarsson, Nenad Vanic et Sambegou Bangoura ont renforcé le noyau waaslandien. Leekens a dû patienter jusqu'en novembre pour obtenir le meneur Runar Kristinsson et l'arrière-droit Audun Helgason. Ceux-ci étaient appelés à résoudre les problèmes de l'équipe. Déjà privé de transferts indispensables, on comprend que Leekens fut proche du désespoir quand Souleymane Youla, juste après le début de l'exercice, rejoignit Anderlecht. Demander des renforts n'avait guère de sens car il avait l'impression de prêcher dans le désert. La direction rétorquait invariablement qu'elle disposait d'une volée d'internationaux étrangers mêlés à des jeunes prometteurs. La composition de l'équipe a souvent reflété cette mainmise. Chris Janssens a maintes fois été le seul Belge de l'équipe. Envers et contre tout, Georges Leekens est parvenu à aligner une équipe valable dès les premiers mois, même si les résultats ont connu des hauts et des bas. Le Gambien Soley Seyfo n'a pas répondu aux attentes à l'arrière-droit et Vanic a difficilement trouvé ses marques au milieu défensif. Ce n'est qu'après la trêve hivernale que tous deux ont éclaté. Forts dans les duels, puissants, dotés d'un engagement sans faille, ils étaient méconnaissables. Chris Janssens, le capitaine, a personnifié le style préconisé par Leekens. Son jeu viril -on en veut pour preuve ses nombreuses cartes jaunes-, son engagement et sa puissance lui ont permis de devenir le deuxième meilleur buteur, derrière Sambegou Bangoura. Le médian, qui a reculé dans l'axe de la défense en fin de championnat, a aidé son équipe à surmonter des moments difficiles en inscrivant souvent un but décisif, surtout au départ de phases arrêtées. Au second tour, Leekens a réutilisé sa formule magique. Kristinsson, un footballeur techniquement très doué, est devenu le distributeur patenté des attaquants africains, Bangoura et Olufade, enrôlé entre-temps. Leur rapidité et leur frivolité ont déconcerté pas mal de défenses. En plus, Roman Vonasek, considéré comme fini, a retrouvé sa forme. Ça n'a pas empêché Lokeren de sombrer dans son péché mignon. A domicile, il a souvent pris la mesure de ses adversaire, mais en déplacement, les Waaslandiens ont souvent été l'ombre d'eux-mêmes, donnant l'impression de n'être pas concernés.Lokeren a malgré tout réussi sa saison. Leekens a retiré le maximum du noyau mis à sa disposition et il a refait son retard sur les autres membres du subtop, profitant du fléchissement du GBA et de La Gantoise. L'Intertoto va permettre à Lokeren de retâter du football européen, après deux saisons d'abstinence. Reste à voir si le club ne sera pas victime d'un nouvel exode. Suite aux problèmes financiers du club, Georges Leekens va s'effacer au profit de Paul Put, et Janssens rêve également d'autres horizons. Toutefois, Lokeren ne sombre pas dans la panique: Willy Verhoost parviendra bien, comme d'habitude, à repérer assez de talents en Afrique. Frédéric Vanheule