Au mois d'août, tout semblait encore sourire à Stéphane Demol (36 ans), entraîneur frais émoulu parmi l'élite à la tête du FC Malines, néo-promu. Pour ses débuts à ce niveau, l'ancien Diable Rouge avait d'emblée conquis un succès (1-0) contre un autre débutant en D1: Etienne Delangre, le coach de Charleroi. Une semaine plus tard, en dépit d'une défaite (4-1) au Parc Astrid, le mentor du Kavé et ses troupes furent à juste titre loués pour la belle réplique qu'ils avaient donnée pendant une heure sur les terres des Sportingmen. Et pour clôturer la série aoûtienne, les Sang et Or avaient échoué à un fifrelin d'un deuxième succès à domicile face à l'autre montant, l'AEC Mons, heureux de s'en retourner dans la cité des Dragons avec un point chanceux (0-0).
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Au mois d'août, tout semblait encore sourire à Stéphane Demol (36 ans), entraîneur frais émoulu parmi l'élite à la tête du FC Malines, néo-promu. Pour ses débuts à ce niveau, l'ancien Diable Rouge avait d'emblée conquis un succès (1-0) contre un autre débutant en D1: Etienne Delangre, le coach de Charleroi. Une semaine plus tard, en dépit d'une défaite (4-1) au Parc Astrid, le mentor du Kavé et ses troupes furent à juste titre loués pour la belle réplique qu'ils avaient donnée pendant une heure sur les terres des Sportingmen. Et pour clôturer la série aoûtienne, les Sang et Or avaient échoué à un fifrelin d'un deuxième succès à domicile face à l'autre montant, l'AEC Mons, heureux de s'en retourner dans la cité des Dragons avec un point chanceux (0-0). La suite allait s'avérer nettement moins folichonne puisque, depuis cette date et jusqu'au déplacement au GBA, le week-end passé, les joueurs malinois ne prirent plus la moindre petite unité. Il est vrai que leur programme n'était pas de tout repos avec des déplacements à Bruges et à St-Trond ainsi que des rencontres at home face au Lierse et à Lokeren, autrement dit toutes des équipes qui occupent le haut du panier. Et comme si ce calendrier ardu ne suffisait pas, le club vainqueur de la Coupe des Coupes 1988 dut composer aussi avec des problèmes financiers qui, pour l'heure, n'ont d'ailleurs toujours pas été résolus. Au même titre que ses joueurs, le grand Stef attend toujours l'argent qui lui est dû mais fait contre mauvaise fortune bon coeur. " La situation n'est pas réjouissante, ni pour moi ni pour les joueurs", avance Stéphane Demol. "Mais je me dois de continuer à prêcher le bon exemple dans cette période difficile. Et jusqu'à présent mes hommes y sont toujours restés réceptifs". Stéphane Demol: Je ne dirai pas qu'elle n'a pas la moindre incidence. Mais je ne tiens pas non plus à me retrancher derrière cette excuse. Au moment de reprendre le collier, fin juin, les problèmes d'argent existaient déjà. Ils ne nous ont toutefois pas empêchés de bien travailler tout au long de la période de préparation et de réussir une entrée enviable en championnat. Si nous n'avons pas pu poursuivre sur cette lancée, la raison principale en réside, selon moi, dans la qualité de l'opposition que nous avons dû affronter jusqu'ici. Hormis les deux grandissimes favoris du championnat, Anderlecht et Bruges, que nous avons rencontrés chez eux, il ne faut quand même pas perdre de vue que nous avons donné la réplique aussi à trois teams qui, au moment de notre confrontation, occupaient la deuxième place du classement: le Lierse, St-Trond et Lokeren. Pour un nouveau venu au plus haut échelon du football belge, la lutte n'en aura pas toujours été inégale pour autant. Si notre revers cinglant au Staaienveld (5-1) ne souffrait pas la moindre discussion, nous aurions dû prendre au moins un point contre les Flandriens. Ce jour-là, comme il en a déjà été plusieurs fois cette saison, malheureusement, nous avons payé cher notre manque de planches en commettant des erreurs individuelles. "Je n'avais pas besoin de Thompson"Les chiffres sont une indication mais ils ne disent pas tout, dans la mesure où aucun de nos concurrents directs n'a eu une tâche aussi corsée que la nôtre à ce stade de la compétition. Sur les 18 buts que nous avions encaissés avant de nous rendre au GBA le week-end passé, pas moins de 13 nous avaient été infligés en l'espace de trois rencontres à peine: quatre à Anderlecht, autant à Bruges et cinq à St-Trond. Ce qui signifie qu'à l'occasion des autres parties, nous avions concédé, en moyenne, un but. A mes yeux, c'est raisonnable pour un effectif dont les trois quarts font encore l'apprentissage de la D1. Or, pour avoir entraîné le Verbroedering Geel, je suis bien placé pour dire que la différence est grande entre la D2 et la D1. Des fautes ou autres manquements personnels, qui ne portent pour ainsi dire jamais à conséquence en D2 sont immanquablement exploités par l'adversaire parmi l'élite. En réalité, ce qui vaut pour Bruges et Genk en Ligue des Champions, à savoir une vitesse d'exécution et une précision plus grandes, nous le vérifions nous aussi, pour le moment, suite à notre passage d'une série à l'autre. Si le problème était structurel, je pourrais y remédier par l'adjonction d'un défenseur par exemple. Mais tout entraîneur, aussi bon soit-il, est impuissant face aux approximations individuelles. Et nous y payons un lourd tribut depuis le début de la saison.La plupart des menacés se sont renforcés, in extremis, en transférant des éléments aptes à rehausser la valeur qualitative de leur noyau, comme La Louvière avec l'Anderlechtois Ode Thompson. Ce joueur vous avait été proposé en priorité mais vous n'y aviez pas donné suite sous prétexte de ne pas avoir été consulté par l'ancien manager, Luc Verheyen.C'est une demi-vérité. Après avoir fait l'évaluation du groupe au lendemain du stage de préparation, j'estimais que nous n'étions pas suffisamment parés derrière et c'est la raison pour laquelle Hamad Ndikumana et George Blay furent recrutés. Compte tenu du matériel dont je dispose aux avant-postes, je ne voyais nullement la nécessité d'y ajouter le concours du Nigérian. Notre réalisme en zone de vérité ne plaide évidemment pas en notre faveur pour l'instant. Nos attaquants sont priés de mieux exploiter les occasions qu'ils se créent: le déchet est important, lui aussi, dans ce secteur. Est-ce de la maladresse ou est-ce un manque de talent? J'en saurai sans doute beaucoup plus à ce sujet à la fin de ce mois. Après avoir défié pas moins de cinq équipes de la première moitié du tableau, notre calendrier prévoit à présent des matches à domicile contre Lommel et Beveren de même qu'un déplacement à La Louvière. En principe, nous devrions améliorer sensiblement notre capital points après ce volet. A ce moment-là, je verrai bien si le maintien, qui est la priorité de la direction, est réalisable avec le groupe que je dirige maintenant ou si des retouches devront y être apportées lors du mercato d'hiver. Au même titre que la plupart de ceux de votre génération devenus entraîneurs, comme Emilio Ferrera ou Etienne Delangre, vous prônez une approche positive du jeu. On est loin du football destructif de votre ex-coéquipier au RSCA, René Vandereycken.C'est vous qui le dites. Personnellement, je ne conçois pas le football sans cette touche-là. Et jusqu'à présent, dans ma carrière d'entraîneur, j'ai toujours eu affaire à des dirigeants qui étaient favorables à cette vue, tant au FC Turnhout qu'au Verbroedering Geel. Au Kavé, il n'en va pas autrement. Le président Willy Van den Wijngaert et le directeur technique Aad De Mos étaient disposés à me donner ma chance à la condition expresse que j'opte pour un style chatoyant, de nature à satisfaire le public. Après un quart de championnat, je crois que personne n'a eu à se plaindre en la matière. Même à l'occasion de notre dernière défaite à domicile contre Lokeren, nos supporters ont manifesté leur contentement, c'est tout dire. Pour l'instant, il n'y a toujours pas péril en la demeure. Mais si nous ne voulons pas faire de la corde raide jusqu'au bout, il serait tout de même bon d'allier le résultat à la manière. Certaines équipes ne resteront pas indéfiniment à la traîne. Je songe au Standard, notamment. "Mon contrat ne regarde que moi"Si j'ai eu l'occasion de parler avec Michel Preud'homme ces derniers temps, c'était exclusivement dans le cadre de la Pro-Licence dont nous suivons actuellement les cours, au même titre qu'Emilio Ferrera, Etienne Delangre, Henk Houwaart et Jan Ceulemans notamment. Mais il ne fut encore jamais question entre nous de mon retour à Sclessin. J'ai une mission à accomplir à Malines et, si on m'en laisse la possibilité, je compte bel et bien l'assumer jusqu'au bout. Quant à savoir si un accord en bonne et due forme existe entre les responsables du Kavé et moi, cela ne concerne finalement que moi. C'est dingue ce que ce détail interpelle tout le monde. Moi, je me fous éperdument de savoir si ceux qui m'interrogent à ce propos sont en règle de leur côté. Alors? Michel Preud'homme n'est pas votre seule bonne connaissance au Standard. Luciano D'Onofrio a également été votre manager durant votre trajectoire comme joueur. Et on murmure qu'un passage par Sclessin serait de nature à vous ouvrir certaines portes, par la suite, au Portugal.Certains ont décidément l'imagination fertile. Je ne cache pas qu'il me plairait, un jour, de diriger une équipe dans un pays du sud de l'Europe, qu'il s'agisse du Portugal ou de la Grèce, où j'ai joué, ou bien d'une autre destination encore comme la Turquie. Mais cet objectif-là n'est pas à l'ordre du jour pour le moment. Je veux d'abord faire mes preuves en Belgique avant de rebondir ailleurs.En tant qu'entraîneur, vous n'avez connu jusqu'à présent que des clubs à problèmes: le FC Turnhout, le Verbroedering Geel et le FC Malines. Le contraste doit quand même être saisissant pour un ancien international qui a milité à Anderlecht, Bologne, Porto ou le Standard?Ce n'est pas plus mal de débuter dans des conditions difficiles. Mais il ne faut pas non plus noircir le tableau. A Turnhout, il n'y a pas eu le moindre nuage à l'horizon pendant 11 mois et ce fut un véritable plaisir. Ce n'est qu'après avoir loupé la sacro-sainte licence que la situation s'est dégradée et que le club a plongé. A Geel, j'ai surtout connu des problèmes relationnels. La ville n'est située qu'à une dizaine de kilomètres de Turnhout, mais à tous points de vue c'était le jour et la nuit par rapport à ce que j'avais connu là-bas. Surtout sur le plan humain. On a raconté des tas de mensonges, notamment que je loupais des entraînements et que je sortais avec les joueurs. Tibor Balog, qui fut mon adjoint au Verbroedering, peut en témoigner: les seules séances de préparation que j'ai loupées étaient dues à ma présence au même moment aux cours de la Pro-Licence. Et je n'ai jamais fait qu'une seule virée avec le groupe: le 31 décembre. Il n'empêche que vous êtes toujours passé pour un bon vivant. Cette réputation ne risque-t-elle pas de vous coller aux basques?Non, car je me suis racheté une conduite depuis longtemps, sans quoi on ne me prendrait pas au sérieux aujourd'hui. Et puis, ne dit-on pas que les braconniers font les meilleurs garde-chasse? Bruno Govers"Je ne suis sorti qu'une fois avec les joueurs à Geel: le 31 décembre" "Le Standard n'est pas d'actualité pour moi"