Onze maillots World XI 2016 dédicacés ornent le vaste hall d'entrée de l'immeuble en verre de la FIFPro à Hoofddorp, près de Schiphol : Neuer, Alves, Ramos, Thiago Silva, Marcelo, Iniesta, Modric, Pogba, Messi, Cristiano Ronaldo, Neymar Jr...
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Onze maillots World XI 2016 dédicacés ornent le vaste hall d'entrée de l'immeuble en verre de la FIFPro à Hoofddorp, près de Schiphol : Neuer, Alves, Ramos, Thiago Silva, Marcelo, Iniesta, Modric, Pogba, Messi, Cristiano Ronaldo, Neymar Jr... La FIFPro défend les intérêts des joueurs dans un milieu où plaisir et commercialisation sont au premier plan. L'association, fondée en 1965, soutient surtout les joueurs sur le plan mental. Le système actuel des transferts semble avantager les joueurs, souvent décrits comme des millionnaires, mais il présente de nombreuses failles, qui entraînent un déséquilibre sportif, une instabilité contractuelle et un malaise financier chez beaucoup d'entre eux. Le 18 septembre 2015, la FIFPro a déposé plainte auprès de la Commission européenne. L'organisation, qui compte 60 syndicats dans le monde, dont la moitié en Europe, veut muer le football en entreprise saine et transparente. Elle ne doit pas attendre de jugement rapide car la plainte est toujours en cours de traitement. Après avoir publié un livre noir en février 2012, sur base de l'enquête réalisée l'année auparavant dans treize pays de l'Est, le syndicat a lancé une nouvelle enquête en mars dernier, en collaboration avec l'université de Manchester. Elle porte sur les conditions de travail des footballeurs. 13.995 membres issus de 55 pays et 89 championnats, parmi lesquels nos D1A et D1B, ont répondu aux 23 questions. Les thèmes ? La situation démographique, le contrat et d'éventuels abus, le marché du travail, le suivi médical, les périodes de repos et de vacances, plus l'inévitable match-fixing. C'est la plus grande enquête jamais menée : 20 % des professionnels ont rempli le formulaire, alors qu'on attendait encore les réponses des Pays-Bas, d'Angleterre, d'Espagne et d'Allemagne. Voici deux exemples criants qui illustrent la réalité de certains footballeurs. Michael Uchebo (26 ans) a porté le maillot du Cercle Bruges de juillet 2012 à juillet 2014. Depuis octobre 2014, l'avant nigérian est sous contrat à Boavista, où il a signé un contrat de trois saisons. " C'est un chemin de croix ", vient-il de déclarer dans une conférence de presse. Ses problèmes ont commencé il y a un an : comme trois coéquipiers, il a appris qu'il devait s'entraîner seul, en prévision d'un transfert en janvier. Deux offres concrètes lui ayant été faites au début de cette année, le club a décidé de ne pas lui verser les salaires de décembre et de janvier. Un entretien avec le président a par après appris au Nigérian que le club avait finalement besoin de lui et qu'il devait rester. Malheureusement, Boavista est retombé dans ses travers. Il ne lui a pas versé trois mois de salaire juste avant la fin de la saison 2015-2016. Par-dessus le marché, le club a prié Uchebo de s'en aller. Depuis juillet, l'attaquant ne peut plus utiliser les installations du club ni manger au complexe d'entraînement. Uchebo s'est plaint auprès du président quasiment tous les jours, en lui rappelant qu'il devait nourrir sa famille. Il a dû patienter jusqu'en septembre pour obtenir une proposition d'un mois de salaire en échange de la rupture de son contrat. Entre-temps, Boavista n'a plus payé le loyer ni les factures d'électricité du joueur, qui s'est retrouvé deux jours sans courant. Le soutien moral et financier du syndicat portugais des joueurs lui a rendu un peu espoir. Pourtant, le quintuple international avoue vivre dans la peur et le désespoir depuis que le personnel de sécurité l'a escorté jusqu'à la sortie " comme un esclave ". A suivre. Le cas de Sebino Plaku (31 ans) au Slask Wroclaw dépasse l'imagination. De septembre 2014 à janvier 2015, l'avant albanais a été contraint à faire des journées de 14 heures. Ses malheurs ont commencé le 28 août 2014, quand la direction lui a annoncé que son salaire allait passer de 14.000 à 5.000 euros par mois, bien qu'il ait signé en été 2013 un contrat en béton valable trois ans. Une semaine plus tard, il a été renvoyé du noyau A. Après dix jours, le club a prié Plaku de suivre un programme d'entraînement individuel. L'Albanais devait s'entraîner trois fois par jour. Il quittait son domicile à 6h45 pour ne revenir qu'à 21h30, épuisé. S'il arrivait avec trente secondes de retard, il écopait d'une amende de plusieurs milliers d'euros. La première séance consistait en une course de dix kilomètres, avec un entraîneur individuel. Après le repas de midi, un préparateur physique le soumettait à une séance de fitness, durant laquelle il était filmé. Ensuite, Plaku devait encore rouler de nombreux kilomètres pour se rendre à l'entraînement des espoirs. Il n'a pas reçu ses salaires d'août, novembre et décembre et seulement la moitié du traitement de septembre. Le comble a été atteint en décembre 2014 : il n'a pas obtenu de congé pendant la trêve hivernale et a même dû se présenter au club le jour de Noël. De janvier à mars 2015, il a accumulé 20.000 euros d'amendes. Plaku ne perçoit toujours pas de salaire. Il doit attendre le verdict d'une commission polonaise d'arbitrage, qui a calculé le montant que lui doit Wroclaw. " Cet exemple n'est que le sommet d'un iceberg très impressionnant ", déclare la FIFPro. PAR FRÉDÉRIC VANHEULE AUX PAYS-BAS - PHOTOS BELGAIMAGEMichael Uchebo a été escorté vers la sortie " comme un esclave " par le personnel de sécurité.