Alkmaar est enfouie dans le brouillard hivernal mais reste agréable, avec son musée du fromage, ses ruelles et ses échoppes avenantes. Stein Huysegems (22 ans) et son amie Nathalie aiment s'y promener. En été, la plage n'est qu'à une demi-heure de route.
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Alkmaar est enfouie dans le brouillard hivernal mais reste agréable, avec son musée du fromage, ses ruelles et ses échoppes avenantes. Stein Huysegems (22 ans) et son amie Nathalie aiment s'y promener. En été, la plage n'est qu'à une demi-heure de route. Souvent, ils cherchent du cirage noir. L'entraîneur de l'AZ est moderne dans sa tactique mais a des goûts vieux jeu. Aux yeux de Co Adriaanse, des chaussures de football se doivent d'être noires. " Dès que nous avons fait connaissance, il s'est exclamé : - Tu portes des chaussures blanches, hein ? C'est beau mais ce n'est pas mon truc. " Nathalie soupire : " Vous devriez le voir, la veille du match, camoufler au cirage les parties blanches de ses chaussures alors que le blanc irait si bien avec l'ensemble rouge et blanc de l'équipe. En plus, essayez donc de trouver des chaussures noires : aucun fabricant n'en produit encore ". Ce n'est là qu'un petit tracas car l'AZ fait le forcing en tête du classement et reste en course en C2 grâce à un neuf sur neuf, forgé notamment contre Auxerre et les Glasgow Rangers. En plus, l'AZ est loué pour son jeu offensif. Huysegems n'est pas surpris : " Notre secret, c'est la continuité. L'an dernier, nous avions déjà une excellente équipe, élargie cette année avec des joueurs de Willem II que l'entraîneur et le directeur avaient connus lors de leur passage là-bas. Nous voulions rester sur les trois fronts après l'hiver. Nous avons atteint notre objectif ". L'AZ est moderne, agressif, il prend son adversaire à la gorge. Huysegems : " Je ne sais pas si nous développons le meilleur jeu mais sûrement le plus offensif, tout en préservant nos filets. Nous exerçons notre pressing haut, avec beaucoup de variations. Cela demande une fameuse condition. Nous alignons trois avants et un soutien offensif. Je commence en pointe mais nous pouvons permuter. Ensuite, deux médians défensifs et des arrières latéraux qui peuvent monter. L'ensemble est difficile à contrer. Notre seul point d'interrogation, c'est de voir si nous tiendrons le coup. L'année dernière, nous n'y sommes pas parvenus après la trêve et nous avons terminé cinquièmes. On m'a déjà dit que je ressemblais au lapin de la pub Duracell. C'est un compliment. Il est essentiel de mettre la pression, car cela contraint les défenseurs à abuser de longs ballons et peu de joueurs s'en accommodent ". L'AZ, c'est Co Adriaanse, vice champion en 1999 avec le modeste Willem II. Huysegems : " Après, il a rejoint l'Ajax, qui l'a viré alors qu'il était deuxième ou troisième. Il continue à penser que le club serait plus loin maintenant s'il avait pu y accomplir sa mission jusqu'au bout. Ici, il a propulsé en Europe une formation qui terminait entre la dixième et la quinzième place. Il sait comment organiser et affûter une équipe. Ses entraînements sont durs. Nous portons des jambières. Il tient à la discipline, établit des règles strictes. Même si on gagne 5-0, il y a entraînement le dimanche matin. Il réalise une analyse individuelle après chaque match, devant tout le monde, Réserves y compris. C'est parfois dur mais en fin de compte, ça établit un lien étroit entre le joueur et l'entraîneur. Nous savons ce qu'il pense de nous et pouvons réagir directement, le cas échéant ". Conviendrait-il au football belge ? " Peut-être pas. Nous ne sommes pas habitués aux analyses individuelles. Il est très direct. Il est aussi un excellent entraîneur, physiquement comme tactiquement. Il peut entraîner le Real ou Barcelone. Il ne serait peut-être pas mauvais qu'un homme comme lui vienne secouer le cocotier en Belgique. La clarté de sa vision plaide en sa faveur. Notre directeur, Toon Gerbrandts, a travaillé avec l'équipe néerlandaise de volley. Adriaanse assiste régulièrement à des matches de volley, pour y trouver d'éventuels trucs. Quand on a parlé d' Albert Cartier et de La Louvière, il a envoyé son adjoint là-bas ". Voici ce qu'il de Stein : " Un bon joueur qui sait manier le ballon et est meilleur dans les duels qu'il y a un an. Meilleur de la tête, aussi. Le problème, c'est la finition ". " Durant ma dernière saison au Lierse " dit Huysegems. " J'ai marqué 16 buts. Il suffit d'un déclic. Ce n'est pas une obsession mais un avant-centre est jugé sur sa productivité ". Il travaille spécifiquement son jeu de pieds, car il cherchait systématiquement le gauche. " Walter Meeuws me reprochait, à juste titre, de toujours effectuer le même mouvement. J'étais trop prévisible. Je travaille beaucoup cet aspect. Maintenant, dans les exercices de tir au but, j'utilise autant le droit que le gauche. Adriaanse fait s'entraîner les attaquants séparément une fois par semaine. Nous sommes approvisionnés des flancs et exerçons la finition ". L'AZ évolue en 4-3-3, comme l'Ajax : " Le coach estime que nous ne devons pas avoir de complexes, que nous ne sommes pas inférieurs à l'Ajax. Pour le moment, c'est simple : l'AZ est une grande équipe et quand vous voyez à quel point Bruges a peiné contre Utrecht, vous pouvez en conclure que les Pays-Bas recèlent plus de grands clubs que la Belgique ". Se sent-il aussi fort que Wesley Sonck ? " Wesley a déjà fait ses preuves et joue dans un autre système. Il est plus complet. Je joue bien aussi et je me développe. Je sais ce que je veux et je l'avoue bien volontiers : j'ai été déçu de ne pas être titulaire contre la Serbie. EmileMpenza n'était pas là. Je m'attendais à deux avants et à un numéro dix. Mon entraîneur ne comprenait pas : il trouvait que je devais jouer avec Wesley. Il a encore moins compris que LuigiPieroni soit entré au jeu avant moi ". Il se voit mieux en attaque que dans le rôle de Bart Goor, suspendu pour quatre matches encore : " Je n'aime pas être cantonné au flanc gauche. Réaliser des actions de là n'est pas mon point fort. C'est là que j'ai effectué mes débuts au Lierse mais je suis un avant ". Peter T'Kint" On dit que je ressemble au LAPIN DURACELL. C'est un compliment "