" Il a fauché Dompé après cinq minutes. " ROB SCHOOFS (GAND)

" Yannick Ferrera nous avait demandé de ne pas laisser de temps ni de brèche à StevenDefour. La mission était simple : quand Defour avait le ballon, nous devions le harceler. Mais il allait le rechercher si loin que je devais opérer un choix : le laisser jouer ou le couvrir. Finalement, les attaquants ont dû courir pour le neutraliser. Non que ça l'ait vraiment dérangé. Il a distribué le jeu, donné des directives et il s'est engagé dans tous les duels avec la même motivation. Il n'est pas de ceux qui vous donnent des coups dans les mollets dès que l'arbitre regarde ailleurs. Il le fait devant tout le monde. Après cin...

" Yannick Ferrera nous avait demandé de ne pas laisser de temps ni de brèche à StevenDefour. La mission était simple : quand Defour avait le ballon, nous devions le harceler. Mais il allait le rechercher si loin que je devais opérer un choix : le laisser jouer ou le couvrir. Finalement, les attaquants ont dû courir pour le neutraliser. Non que ça l'ait vraiment dérangé. Il a distribué le jeu, donné des directives et il s'est engagé dans tous les duels avec la même motivation. Il n'est pas de ceux qui vous donnent des coups dans les mollets dès que l'arbitre regarde ailleurs. Il le fait devant tout le monde. Après cinq minutes, il avait déjà décoché un sale coup à Jean-LucDompé. A ma grande surprise, il n'a même pas eu de carte jaune. Steven n'avait pas choisi Dompé par hasard : c'était notre joueur le plus important. Ça s'appelle avoir de l'expérience. Il est très dur sur le terrain mais en dehors, il est sympa. Je l'ai rencontré à Saint-Trond il y a quelques semaines et il est venu spontanément me saluer. " " Jouer contre Steven Defour, ça veut dire courir, courir et encore courir. Suer pendant 90 minutes. Après le match, je suis généralement vidé. Le neutraliser requiert énormément de concentration car il ne s'arrête pas un instant. Il soigne la construction, il plonge dans votre dos, s'infiltre, défend. Je me rappelle une phase de notre dernier déplacement à Anderlecht. J'étais seul devant SilvioProto et déjà occupé à choisir mon côté. Steven a déboulé comme un fou pour bloquer le ballon. Il est empreint de rage de vaincre. Il a de bons pieds. Il est le cerveau d'Anderlecht. J'ai appris comment l'embêter. Par exemple en jouant en un temps ou en appelant le ballon dans son dos. Se placer un mètre devant lui n'a pas de sens car il ne vous lâche pas. Un autre truc : quand il souffle après une action offensive, j'essaie d'avoir le ballon le plus vite possible car alors, l'entrejeu d'Anderlecht est ouvert. " " Nous avons été coéquipiers en équipes d'âges de Malines et de Genk puis nous nous sommes régulièrement croisés en D1. Je dois reconnaître que j'attends avec impatience, des jours à l'avance, les matches contre lui. Nous nous serrons la main avant le match mais ensuite, nous n'éprouvons plus la moindre once de pitié l'un pour l'autre. Nous y allons généralement fort. Un moment donné, nous avons quitté tous les deux le terrain avec une carte jaune ! En fait, je me reconnais en Steven : nous essayons d'entraîner les autres dans notre sillage, de leur communiquer notre rage de vaincre et nous sommes prêts à puiser au tréfonds de nos ressources. Il est peut-être trop impliqué émotionnellement dans ses matches. Il ne maîtrise pas toujours ses émotions. Il s'énerve quand ça ne va pas comme il le voudrait. Je l'entends jurer sur lui-même. Ses coéquipiers et l'arbitre ne sont pas épargnés non plus. Il commence à gesticuler. Ça peut se retourner contre lui mais en Belgique, il n'y a pas cinq joueurs possédant plus d'intelligence de jeu. Il a l'art de se créer des espaces. Sa polyvalence constitue un atout : placez-le en pointe de l'attaque et il se tirera d'affaire. "