Anderlecht a tenté de le rapatrier et a discuté avec Cagliari. Les Mauves ont finalement laissé tomber parce qu'ils jugeaient que le montant de l'option d'achat était trop élevé. Senna Miangue (21 ans), qu'on a découvert il y a quelques jours à Eupen, où il remplaçait Sébastien Pocognoli sur la gauche de la défense, aurait pu se retrouver à Bruxelles plutôt qu'au Standard.
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Anderlecht a tenté de le rapatrier et a discuté avec Cagliari. Les Mauves ont finalement laissé tomber parce qu'ils jugeaient que le montant de l'option d'achat était trop élevé. Senna Miangue (21 ans), qu'on a découvert il y a quelques jours à Eupen, où il remplaçait Sébastien Pocognoli sur la gauche de la défense, aurait pu se retrouver à Bruxelles plutôt qu'au Standard. Au départ, Cagliari ne voulait pas le lâcher. Là-bas, on croit encore en lui. Au bout du compte, ils ont accepté de le prêter pendant deux saisons pour qu'il prenne du temps de jeu, du coffre et de l'expérience en Belgique. Il y avait aussi de l'intérêt de clubs italiens. Dans le Calcio, Miangue est toujours vu comme un défenseur avec un gros potentiel. C'est donc le Standard qui a enlevé le morceau. On ne sait pas grand-chose sur Senna Miangue. Un bref portrait a été dressé lorsqu'il a signé son contrat à Liège. Il est Anversois, il jouait au Beerschot et est parti très jeune à l'Inter, où il a continué son écolage. Il s'est ensuite fait une place dans le noyau pro et a fait quelques apparitions avec ce club en Serie A avant d'être prêté puis vendu à Cagliari, où il a disputé une bonne dizaine de matches la saison passée. On sait aussi qu'il est international Espoir. What else ? La vie d'homme et le parcours sportif de Senna Miangue, c'est une accumulation de petites choses pas banales. Portrait anecdotique. Il y a d'abord les prénoms. Senna en premier, Malik en second. Malik, en arabe, signifie roi, souverain... Pour Senna, il faut aller vers la passion de son père pour le dieu brésilien de la Formule 1. Près de trois ans après le drame d'Imola, Boniface Miangue a choisi le prénom de son fils en guise d'hommage. Et ce Boniface, il y connaît un bout en matière de football. Il a été international congolais et s'est arrêté un moment à Bastia. L'Afrique va jouer un rôle majeur dans le développement footballistique de Senna. Séparée de Boniface, sa mère se case avec un Ghanéen. C'est ainsi que Senna, ado, prendra son sac et ses godasses pour aller faire un stage de six semaines, tout seul, dans une académie au Ghana. A 12 ans. " Là-bas, j'ai rencontré des gosses qui étaient fous de foot et qui faisaient l'impossible pour réussir. Ça a provoqué un déclic. " Il découvre d'abord le foot à Anvers. Hoboken, Beerschot, Antwerp, à nouveau le Beerschot. Il devient international. Et son destin bascule lors d'un déplacement en Autriche avec les U16 belges. Il fait un gros match, un scout de l'Inter est dans les tribunes, contacte ensuite la mère de Senna et la persuade de laisser partir le gamin en Italie. Pas évident à 16 ans. Il nous confiera, une fois devenu pro : " Parfois, je voulais rentrer chez moi et j'appelais ma mère. Je lui disais qu'elle me manquait, je la suppliais de venir me chercher. Je me suis parfois senti très seul. " Ça passe puis il engrange avec les jeunes de l'Inter : succès au tournoi de Viareggio, champion national U19, victoire en finale de la Coppa Italia Primavera en battant deux fois la Juventus et, encore plus fort, en jouant pour la première fois sur la pelouse de San Siro. Son histoire est en marche et l'immense Roberto Mancini participe à la suite de son écriture. Il incorpore Senna Miangue au noyau pro pour un stage d'été près de New York. " J'étais choqué ! Quand je me suis retrouvé pour la première fois dans le vestiaire, j'avais la chair de poule. " Mancini est viré et remplacé par Frank de Boer. Un autre tournant. " Je me suis inquiété quand Mancini est parti, mais dès que j'ai appris que De Boer allait le remplacer, j'ai été tranquillisé. Parce que je savais qu'il avait fait confiance à beaucoup de jeunes quand il travaillait à l'Ajax. A Milan, il m'a vite fait comprendre qu'il croyait en moi. " Le Hollandais lui offre ses premières minutes de jeu en Serie A. Avant la première titularisation de Miangue, contre Bologne, il y a d'abord deux montées au jeu furtives, contre Palerme puis la Juventus. Il nous dira : " Dans le match contre Palerme, De Boer me dit : Senna, tu vas entrer. Je tenais un bidon d'eau et je tremblais tellement sur mes jambes que je n'arrivais pas à boire. C'était le premier match à domicile de l'Inter et le stade était plein à craquer. " Et lors du choc contre la Juventus, il s'échauffe en compagnie de Gonzalo Higuain. " Puis je monte et je me retrouve nez à nez avec Paulo Dybala. Après le match, j'ai fait des selfies avec des joueurs de la Juve. " La presse italienne est positive. Et elle fait des raccourcis ! On lit : Senna Miangue est originaire d'Anvers comme Radja Nainggolan, Toby Alderweireld, Romelu Lukaku... et Tia Hellebaut.La suite se rédige en Sardaigne, avec Cagliari. C'est là que Senna Miangue accumule vraiment du temps de jeu. Le défi n'est pas simple : s'imposer au poste de back gauche en mesurant 192 centimètres. Parce qu'il a plus le profil d'un défenseur central, d'un médian défensif ou d'un pivot. D'ailleurs, il s'imaginait plus comme basketteur et il a pratiqué ce sport. Il est même plus fan de LeBron James que d'un Cristiano Ronaldo ou d'un Lionel Messi. Dans sa chambre de gosse, les posters représentaient Allen Iverson, Kobe Bryant ou Shaquille O'Neal. Mais il prouve que son gabarit n'est pas un handicap à cette place. Parce qu'il apprend tous les trucs à la meilleure école, selon lui. " Les jeunes de mon âge rêvent de Premier League mais je conseille plutôt l'Italie aux jeunes défenseurs qui veulent apprendre leur métier. Je me suis entraîné avec des monstres et je suis devenu un homme. Le Calcio c'est La Mecque de la défense. Si tu t'imposes comme défenseur dans le Calcio, tu peux t'imposer partout ailleurs. "