Werner Rotsaert s'apprête à relever un nouveau défi au BC Estaimpuis, montant en D1. Après une carrière de joueur impressionnante (50 fois international et trois fois meilleur marqueur du championnat), l'Ostendais décida de coacher les dames de Coxyde, avec lesquelles il remporta cinq titres consécutifs et une coupe. Il passa ensuite à Athlon Ypres comme joueur-entraîneur, et ramena le club en D2. Il tenta ensuite sa chance à Avanti Bruges, Maccabi, Damme et Paderborn, un club qu'il amena en D1 malgré des moyens limités mais qui est aujourd'hui redescendu en D2.
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Werner Rotsaert s'apprête à relever un nouveau défi au BC Estaimpuis, montant en D1. Après une carrière de joueur impressionnante (50 fois international et trois fois meilleur marqueur du championnat), l'Ostendais décida de coacher les dames de Coxyde, avec lesquelles il remporta cinq titres consécutifs et une coupe. Il passa ensuite à Athlon Ypres comme joueur-entraîneur, et ramena le club en D2. Il tenta ensuite sa chance à Avanti Bruges, Maccabi, Damme et Paderborn, un club qu'il amena en D1 malgré des moyens limités mais qui est aujourd'hui redescendu en D2.Werner Rotsaert : J'avais reçu une offre d'un club allemand de D1, Weissenpfelz, et d'un de D2. Mais après cinq ans à l'étranger, je voulais rentrer en Belgique. Malheureusement, le choix n'est pas grand. Un soir, Jean-Pierre Froelich, le président d'Estaimpuis, m'a appelé pour me demander un CV. En une demi-heure, tout était en ordre. Patrick Verdun, l'ex-coach d'Estaimpuis, a déclaré que deux ans dans le Hainaut, cela équivalait à cinq ans ailleurs.Je suis depuis tellement longtemps dans le métier et j'ai connu tant de présidents différents que je ne me tracasse pas. La pression fait partie du métier. Celui qui ne la supporte pas doit être bibliothécaire.De là à terminer huitième ou neuvième...Le président est ambitieux et c'est normal quand on investit. Je pense pourtant avant tout à assurer le maintien le plus vite possible. Après, tout sera plus facile. Le club vient de D2 et recommence à zéro. Un club qui monte a le choix entre le professionnalisme ou le semi-professionnalisme. Il faut donc introduire le professionnalisme ici, chercher un assistant-coach, un médecin et un préparateur physique. Nous passons également d'un à deux entraînements par jour et nous avons dû chercher une nouvelle salle. Ce sont des choses qui freinent la construction d'une équipe.Où en êtes-vous dans la composition de votre noyau?Nous avons dû remplacer presque tout le monde car la moyenne d'âge était assez élevée. Heureusement, à Estaimpuis, les décisions ne sont prises que par Jean-Pierre Froelich ou son bras droit, Philippe Luytten. Dans d'autres clubs, il faut passer par des tas de gens avant d'obtenir quelque chose. Jusqu'ici, toutes mes idées ont été suivies. Je continue donc à proposer des choses, jusqu'à ce qu'on me les refuse et je cherche à former une équipe homogène. Evidemment, je connais les limites du budget et c'est pourquoi nous cherchons avant tout de jeunes Belges. Des contacts ont été pris mais nous attendons encore un peu car les prix sont trop élevés. Jusqu'ici, nous n'avons donc réalisé aucune transaction.Vous avez toujours aimé travailler avec les jeunes.Les clubs belges ont trop tendance à se tourner vers l'étranger parce que c'est moins cher. Les jeunes ne reçoivent pas leur chance et c'est la spirale. A Blue Fox Gent, il n'y a qu'un Belge : Tshomba qui est aujourd'hui passé à Louvain. Et encore, c'est un Congolais naturalisé.Quelle est votre philosophie du basket?Les équipes que j'ai coachées ont toujours possédé une des cinq meilleures défenses du championnat mais je ne me considère pas comme un entraîneur défensif. J'aime le basket rapide et attractif. Pour cela, il faut être en possession du ballon. Si le match est fermé, le coach doit se montrer créatif. Tout dépend aussi des joueurs que l'on a à sa disposition, mais si on est battu dix fois de suite, on fait ses valises.Votre carrière a épousé une courbe bizarre. En 1992, après une belle saison avec Damme, vous avez choisi l'aventure à Paderborn, en D2 allemande.Je voulais absolument aller à l'étranger. Au départ, j'avais eu des contacts avec Budapest mais le sponsor s'est retiré. Au même moment, un manager m'a demandé si je voulais tenter l'aventure en Allemagne. Comme je n'avais rien d'autre, je suis directement allé voir à Paderborn, une ville universitaire. L'équipe jouait le milieu de classement mais, quand nous avons commencé à gagner, la moyenne de spectateurs est passée de 500 à 2.100. J'espère pouvoir faire cela à Estaimpuis.Pourquoi n'avez-vous jamais travaillé qu'avec des clubs aux moyens limités?Je ne sais pas et cela ne me tracasse pas. Je me lance toujours des défis. Un coach ne doit pas planifier sa carrière car le monde est trop incertain.Vous n'avez pas l'impression d'avoir échoué?Absolument pas. En 1993, j'ai été contacté par Ostende mais j'ai refusé. Cette saison-là, le club a utilisé trois coaches et je n'aurais sans doute été qu'un passant.En février, vous avez démissionné de Paderborn dans des circonstances assez troubles. On dit que vous ne supportiez pas la critique selon laquelle vos joueurs étaient en mauvaise condition physique.Ce sont des cons. C'est le président qui a dit cela pour se protéger. Je n'étais plus payé depuis trois mois et cela faisait deux ans que le club travaillait avec un manager très limité qui faisait tout pour me contrarier. Il mentait au sujet du budget transferts et cela a fait capoter quelques contacts. Dans le noyau, j'avais six professionnels que je souhaitais entraîner deux fois par jour. J'avais repéré une salle libre le matin mais nous ne pouvions pas y aller. J'ai fait semblant de rien mais le gérant a menacé d'appeler la police et, un jour, le concierge a fait changer la serrure. Tout le monde avait une clef, sauf moi. Avec un seul entraînement par jour, il était normal que les joueurs accusent du retard sur le plan physique. Et le manager ne faisait rien pour m'aider. Fin janvier, j'ai raconté cela aux journalistes et on m'a fait porter le chapeau. Enfin, j'ai quitté le club à temps car maintenant, plusieurs joueurs ne sont pas payés.Peu d'entraîneurs belges ont travaillé à l'étranger. Quel est le niveau de notre championnat?Il a fortement progressé au cours des dix dernières années. Des clubs comme Ypres, Anvers et Mons ont battu de bonnes équipes européennes et quelques bons jeunes se mettent en évidence.Dont Sam Rostaert, votre fils. Quel rôle jouez-vous dans son évolution?Nous nous entraînons ensemble chaque matin. Il a encore une grande marge de progression et doit travailler, faire des choix, tirer les leçons de ses erreurs.Aimeriez-vous être son coach à Ostende?Non! J'habite à Ostende et j'ai envie de me promener en rue tranquillement (il rit). Non, sérieusement, cela ne me dit rien d'entraîner Ostende, et surtout pas tant que mon fils y joue. Il a également été question que Sam vienne à Estaimpuis mais je m'y suis opposé. Matthias Stockmans